La cuisine ariégeoise à la conquête des États-Unis

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Dans la famille Dedieu on connait le neveu, Nicolas, musicien, ambassadeur de la langue d’Oc, de l’amour courtois et de l’art des troubadours. Actuellement il fait un carton aux États-Unis avec son groupe la Rosa Trobadoresca, spécialisée dans l’interprétation de la musique du XII et XIIIème siècles.

Depuis peu son oncle, Gilbert marche dans ses pas avec un projet de livre de recettes ariégeoises destiné au pays de l’Oncle Sam.

C’est à la Cyber-Base de l’Espace Accueil Infos de Pamiers que nous avons l’avons rencontré. Deux fois par semaine, il profite de ses jours de congé pour mettre en forme son projet.

«C’est un lieu d’apprentissage et d’usage des technologies de l’information et de la communication, de rencontres, d’échanges... Ici on ne reste pas seul devant ses difficultés. Séverine m’aide beaucoup dans la mise en page, le choix des illustrations...»
Une rencontre fortuite, mais déterminante pour cet Appaméen que rien ne prédestinait à l’écriture
Originaire du quartier de Loumet, Gilbert a longtemps cultivé une passion pour le dessin et la peinture en raflant tous les premiers prix à l’école. Pas de quoi convaincre son père, ouvrier à l’Usine (Aubert & Duval) qui devait nourrir une grande famille.

Aussi le jeune homme se dirige rapidement vers la restauration. Il fait ses armes à Paris dans les plus grandes maisons et voyage beaucoup.

Aujourd’hui ce quinquagénaire est revenu au pays. Au mois de juillet, il rencontre Rai d’Honoré, directrice de l’East Caroline University située à Greenville en Caroline du Nord.

Elle est de passage en Ariège pour peaufiner le projet qu’elle monte avec Nicolas (un gros projet de DVD sur les troubadours et la religion cathare qui sera diffusé sur TV5 Monde).

Naturellement Gilbert se met aux fourneaux et c’est une révélation pour cette prestigieuse invitée tombée sous le charme de notre département, de sa culture, de son histoire... et de sa gastronomie.

«Pourquoi ne pas faire un livre pour faire découvrir cela aux Américains!» lance l’universitaire qui découvre à travers l’histoire et les récits de Gilbert les origines de la soupe à l’oignon, la poule au pot, l’azinat et sa rouzole, les mystères des sauces ou l’art de déguster le gibier sous Gaston Fébus.

«Les Américains sont très pros, ils n’aiment pas l’approximation, indique modestement notre Ariégeois. Étant un peu néophyte avec l’univers numérique, je trouve auprès de Séverine un précieux secours: une recette française ne se traduit pas de la même manière en français ou en américain. Les échanges sont fructueux…»
Des recherches pointues sur les origines de ces recettes
Gilbert met un point d’honneur à tester ces assemblages de saveurs, de parfums, les ingrédients, mais aussi à développer dans ses notices le volet pédagogique, historique permettant de faire lien avec l’Ariège ou le Sud-Ouest.

«Les Américains ont une histoire beaucoup plus récente que la nôtre, ils sont très attachés à leurs ancêtres… alors quand on leur dit que la poule au pot date d’Henri IV, on leur apporte du rêve.»

Depuis le milieu du XIXème et au cours du XXème, des centaines d’Ariégeois ont émigré aux États-Unis... parmi les enfants de ces montreurs d’ours venus des vallées d’Ercé (Couserans) certains ont fait fortune à New York dans l’hôtellerie ou la restauration.

«J’adresse ce livre à la diaspora ariégeoise qui a fait souche outre-Atlantique, à tous les curieux, les gourmands qui ont envie de découvrir les saveurs de notre terroir.»

Un voyage est prévu aux États-Unis où Gilbert devrait rencontrer son éditeur avant l’été. Une belle aventure qui se construit pas à pas.

Laurence Cabrol | 27/10/2015 - 19:58 | Lu: 4198 fois