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Luzenac: les preuves qui accablent la LFP

© midinews 2014

En communiquant à la presse les documents envoyés en temps et en heure à la LFP, les dirigeants du LAP lancent la polémique.

Contrairement aux raisons invoquées par Frédéric Thiriez, le LAP avait fourni les éléments demandés, les accords avec la municipalité toulousaine étaient bien formalisés. Quelques jours avant un troisième passage en référé devant le tribunal administratif de Toulouse, le LAP joue sa dernière carte.

La LFP ignore le code du sport
Le code du sport, censé régler tout litige du mouvement sportif, émane directement du législateur qui ne peut recevoir une procédure (au tribunal administratif) tant que la conciliation au CNOSF, via ce code du sport, n’a pas abouti.

Nous sommes le 2 juillet 2014, la commission d’appel de la DNCG vient de rejeter l’appel du LAP. Alors que Jérôme Ducros et Fabien Barthez portent l’affaire devant le CNOSF, la LFP prépare le calendrier de Ligue 2, faisant fi des injonctions du législateur et du code du sport.

En effet, le code du sport rend suspensive toute demande de conciliation formulée par un club, fédération ou structure sportive. Le 10 juillet, alors que la procédure au  CNOSF n’a pas abouti, la LFP publie le calendrier de Ligue 2, repêchant ainsi la Berrichonne de Châteauroux aux dépens des Ariégeois. Le 1er août, le tribunal administratif rendait son verdict stigmatisant les erreurs d’une DNCG  contrainte de retourner sa veste quelques jours plus tard.

Mais trop tard, le mal est fait… la LFP s’est accordée le droit de repêcher le club de Michel Denisot, dont le projet était fraîchement soutenu par des investisseurs chinois.

Le premier mensonge de la LFP
Pourtant, tous les voyants sont au vert pour le LAP lorsque la LFP se réunit en conseil d’administration début août. Les dirigeants ariégeois ont fourni les devis attestant que les travaux du stade Ernest Wallon dureraient 15 jours et la LFP a en sa possession l’accord de principe des «amis du stade toulousain» pour que le LAP utilise Ernest Wallon. Alors que le CA n’est pas complet, Frédéric Thiriez annonce qu’un vote à l’unanimité refusait l’accession du LAP en Ligue 2 au regard d’infrastructures non conformes.

Cette annonce triomphante allait vite souffrir de contestations de la part des syndicats de joueurs (UNFP) et d’entraîneurs (UNECATF). Les voix des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 se font entendre, le secrétaire d’État au sport s’en mêle, la LFP semble perdre pied. Le LAP retourne au CNOSF pour faire valoir cette ses droits. Cette fois-ci, le conciliateur donne raison au LAP. La LFP doit de nouveau statuer

Le deuxième mensonge de la LFP
Plus rien ne semblait pouvoir empêcher le LAP d’évoluer en Ligue 2, même le juge des référés laissait courir la proposition du CNOSF sans légiférer.

Le CA de la LFP réuni mardi dernier pouvait contribuer à définir les modalités d’intégration du LAP en Ligue 2, encore fallait-il voter définitivement la conciliation proposée par le CNOSF.
Au regard du refus prononcé par le CA à l’issue du vote, l’opinion publique on peut s’interroger sur les éléments factuels qui ont permis ce vote.

Jérôme Ducros a précisé dans son communiqué avoir fourni: «un protocole d’accord et un courrier d’engagement passé avec la Mairie de Toulouse et signé du Maire Jean-Luc Moudenc, mettant à disposition l’enceinte du Stadium de Toulouse, le temps que les travaux à Ernest Wallon soient finis pour une durée indéterminée. De plus, nous fournissons un nouveau document de l’Association des Amis du Stade indiquant que la clause des terrains d’entrainements des équipes jeunes du Stade Toulousain les vendredis soir est levée... toutes les conditions sont donc remplies et rien ne peut s’opposer maintenant à la montée du Club»

Ces éléments semblent attester que la LFP a fait le choix délibéré de ne pas en tenir compte. Ont ils seulement été portés à la connaissance des administrateurs de la LFP?

Si la volonté de ne pas accompagner le club dans sa professionnalisation ne fait aucun doute, il se dessine également une volonté d’ignorer le travail des dirigeants ariégeois. Le courrier de la LFP paraît un brin provocateur: «rien n’a été fait» ont écrit les dirigeants de la LFP, mettant ainsi publiquement en doute les compétences des dirigeants ariégeois.

La LFP gagne du temps
Quoi qu’il advienne désormais, et malgré les irrégularités apparentes dont a fait l’objet le dossier du LAP, la LFP reste en position de force. La stratégie du président Thiriez permet aux clubs de Ligue 2 de se partager les droits télé à 20 (et non à 21), et assure la stabilité du championnat chez les diffuseurs télé (orange, bein sports…) s’interdisant même de refaire un championnat manu militari, les logiciels de la FFF restant bloqués à la quatrième journée pour rééditer un championnat. Nous en sommes déjà à la cinquième.

Et maintenant que reste t’il aux ariégeois?
Le Tribunal administratif a l’occasion de faire jurisprudence et de rétablir la morale sportive.

En accédant aux requêtes du LAP (suspension de la L2, 1 mois de mercato supplémentaire et intégration en Ligue 2), la justice jetterait un pavé dans la marre et c’est tout le système de valeur du football professionnel qui pourrait être remis en cause.

On ose à peine imaginer les impacts que cela aurait dans les instances de la LFP, à deux ans des élections pour la présidence de la FFF. 

La cause du LAP, loin d’être entendue, est soutenue par la majorité du football amateur et professionnel. Le ministre des sports, dans un article paru dans le journal Monde, regrette également l’épilogue qui se joue actuellement dans le dossier du LAP.

Dorénavant, les regards sont tournés vers le tribunal de Toulouse qui peut, lui seul, mettre à jour les largesses de la LFP dans sa stratégie d’élimination du LAP du paysage du football professionnel et reconnaître les préjudices subits par le vice-champion de France de National.

29/08/2014 - 16:31 | Lu: 30354 fois