Le chômage a atteint en novembre son plus haut niveau depuis 12 ans, avec 29.900 personnes supplémentaires sans aucune activité inscrites à Pôle emploi, pour atteindre un total de 2,8 millions de personnes, selon les chiffres du ministère du Travail publiés lundi.
En France métropolitaine, 2.844.800 demandeurs d'emploi étaient sans activité fin novembre (+1,1% sur un mois, +5,2% en un an), un niveau inégalé depuis les 2,849 millions recensés en novembre 1999.
En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, 4.244.800 personnes étaient en quête de travail (+1,2% sur un mois, +5,6% sur un an), 4.510.500 avec les départements d'outre-mer.
"On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel", a expliqué Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE, à l'AFP-TV.
"Pour 2012, on s'attend à une année tout à fait catastrophique. On s'attend à finir l'année avec un taux de chômage de l'ordre de 10,7%", a-t-il ajouté.
Le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand a récemment repoussé la perspective d'un chômage à 10,4% fin 2012 comme le prévoit l'OCDE.
Néanmoins, le ministre ne prétend plus que le taux de chômage, qui a grimpé à 9,3% au troisième trimestre, sera repassé sous la barre des 9% à la fin de l'année. Il insiste sur le fait que les efforts du gouvernement, compliqués par la résurgence de la crise, vont finir par porter leurs fruits.
Lundi, il a simplement "pris acte" de la nette hausse du nombre de demandeurs d'emploi, y voyant une "conséquence directe du ralentissement de l'activité économique" et assurant qu'il restait "entièrement mobilisé".
De nombreux économistes estiment cependant difficile d'endiguer la hausse du chômage dans le contexte d'austérité actuel.
Face à l'urgence, le président Nicolas Sarkozy a convoqué pour le 18 janvier un sommet sur l'emploi, que la CFDT notamment réclamait depuis l'annonce, l'été dernier, du premier plan de rigueur concocté par le gouvernement.
"Le sommet pour l'emploi, en lui-même, sera un bon signal pour la confiance (...) car ce qui pénalise aujourd'hui les embauches, c'est moins la situation économique que pas assez de visibilité, pas assez de confiance", juge Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE).
Mme Carrère-Gée se dit convaincue que "l'Etat et les partenaires sociaux sauront agir vite et efficacement, comme en 2008-2009" avec par exemple des mesures en faveur de la simplification du chômage partiel, pour aider les TPE à embaucher ou augmenter les contrats aidés.
"Il faut un sommet social où le gouvernement fasse des efforts avec des choses très concrètes", plaide pour sa part Laurent Berger, secrétaire national CFDT en charge des questions d'emploi. Car "même si on ne s'attendait pas à un cadeau du Père Noël, les chiffres sont très, très mauvais", a-t-il relevé auprès de l'AFP.
De son côté, le PS a résumé le "bilan de Nicolas Sarkozy" à "un million de demandeurs d'emploi supplémentaires en une mandature". "Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques - personne n'est dupe des visées électoralistes du +sommet pour l'emploi+ -, il est temps de s'en préoccuper à 4 mois de l'élection présidentielle", a commenté Alain Vidalies.
Le FN a observé pour sa part que "mois après mois, le gouvernement Sarkozy bat tous les records du chômage".
"Il faudrait naturellement un certain changement de politique économique", souligne de son côté Henri Sterdyniak, en s'interrogeant sur le report de l'âge de la retraite et la défiscalisation des heures supplémentaires.
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