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Nicolas Sarkozy en Ariège: une visite présidentielle au pas de course
17/01/2012 | 17:44
© MidiNews 2012
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politique Voeux au monde rural: la version des élus socialistes ariégeois avant celle de Nicolas Sarkozy

-9h30: Arrivée des journalistes (locaux, plus un bus de journalistes nationaux) à la salle de la Rijole à Pamiers.

-10h15: direction la cantine de Las Parets, pour attendre l’arrivée du président.

Mais tous les journalistes ne pourront pas tourner ou photographier ce qu’ils veulent.

Un «pool image» est chargé de faire le travail, puis de redistribuer les images (photos et vidéos) aux autres médias.

La raison? Le président n’aimerait pas que trop de bruits d’appareils photos le dérangent lors de ses visites.

-11h45: Nicolas Sarkozy arrive à la cantine scolaire de Las Parets, reçu par un «accueil républicain»


En présence notamment de Jean-Pierre Bel (président du Sénat), Henri Nayrou (député de l’Ariège), Philippe Calléja (maire de Saverdun, président de l’UMP local), André Trigano (maire de Pamiers).

Trois questions à Jean-Pierre Bel, président socialiste du Sénat

-Un président déjà en campagne?

«Bien sûr, j’ai eu l’impression d’avoir à faire au président de la république (c’est pourquoi j’étais présent), mais aussi à un candidat.

C’est la raison pour laquelle je ne suis pas reparti avec lui, malgré sa gentille invitation
»

-Une bonne année qui s’annonce pour le monde rural?

«Ça dépendra des résultats des élections au mois de mai-juin.

Mais on ne peut pas attendre d’un discours de campagne de donner des solutions, alors même que pendant 4 ans, rien n’a été véritablement apporté.

Le monde rural n’est pas à pleurer. Il veut utiliser ses atouts, mais il ne veut pas qu’on lui raconte n’importe quoi
»

-Un Nicolas Sarkozy trop dur en ce qui concerne l’environnement?

«Je l’ai trouvé extrêmement dur avec la question environnementale, que ce soit devant les agriculteur ou ici à Pamiers.

Je crois qu’il a raison quand il dit qu’il ne faut pas rajouter des problèmes à des problèmes.

C’est vrai que la réimplantation des prédateurs prévue de manière artificielle et technocratique a posé des problèmes à l’agriculture.

Mais au delà de ça, il faut aussi souligner que le respect de l’environnement, c’est pour nous une nécessité tant du point de vue de la sauvegarde de la planète que sur le plan économique.

J’ai trouvé qu’il faisait pencher la balance de façon très déséquilibrée
»

Sans oublier Augustin Bonrepaux (président du Conseil général de l’Ariège).
Ils se serrent la main, «ça me rappelle des souvenirs, j’étais plus jeune» lui dit Nicolas Sarkozy.

«Vous étiez plus virulent !» lui répond Augustin Bonrepaux, «non j’ai toujours été gentil» réplique le président de la république.

Le déroulé de la visite est précisément balisé. Place à la présentation du projet de plateforme de distribution en produits locaux mise en place depuis le mois de janvier en Ariège (par la chambre d’agriculture).

Circuits courts, produits de qualité à la cantine, volonté des élus et des agriculteurs: il faut vite faire passer le message. Et déjà on passe à autre chose.

Quelques pas et un «mini salon de l’agriculture» a été installé. Mérens, brebis, et gasconnes sont là pour représenter le département.

Dégustation de tommes des Pyrénées. Il se ressert. «Quand vous voulez, on vous envoie çà l’Elysée» «L’année prochaine !» rétorque Nicolas Sarkozy. Eclats de rire.

Puis il y aura le miel, le saucisson, les myrtilles, le yaourt, la viande, les légumes.

Plusieurs producteurs ariégeois locaux sont tout sourire pour parler de leur travail.

«Vous voyez, il n’y a pas de pesticides ici» montre André Trigano (maire de Pamiers) au dernier stand, «c’est pour ça que tu es en si bonne santé !» répond le président.

Puis devant les ovins, un agriculteur parle de l’ours. La réponse? «on ne les remplace pas tous. Il faut que chacun fasse un effort. Tout est une question d’équilibre»

-12h30: les journalistes doivent à nouveau déguerpir dans un bus, qui les ramène à la salle où sera prononcé le discours.

Une réunion à huis clos a lieu avec des représentants du monde agricole ariégeois.

Les agriculteurs présents ont choisi de parler de la compétitivité des exploitations et des filières; des signes officiels de qualité; de l’eau dans les exploitations céréalières; du problème d’installation pour les jeunes agriculteurs; des prédateurs et du pastoralisme; des contraintes administratives et environnementales; du maintien de la vie en zone rurale, de la diversification des activités...

Tout cela en 30 minutes, pour 8 questions. Chaque interlocuteur a calculé qu’il avait 1 minute et 20 secondes pour s’exprimer.

-13h15: Nicolas Sarkozy arrive à la salle de la Rijole à Pamiers, sous les ovations des 2200 personnes présentes (sur invitation). Et d’enchaîner sur le discours.

Sur le fond bleu traditionnel, à la tribune, il adresse ses voeux au monde rural, qui feront plusieurs fois retentir les applaudissements d’un auditoire conquis.

-14h: Départ du président de la république, après un très bref bain de foule pour se diriger vers la porte de sortie, et vers sa voiture.


Nicolas Sarkozy et sa vision du monde rural

-Sur l’Agriculture, Nicolas Sarkozy a plaidé en faveur d’un «nouveau modèle agricole»

Il a insisté: «les agriculteurs sont des entrepreneurs, ce ne sont pas des assistés. Ils ne veulent pas des subventions, ils veulent des prix qui reconnaissent leurs savoir-faire»

Avec des coûts de production qui selon lui sont trop élevés en France, «on ne peut pas accepter qu’à l’intérieur même de l’Europe, le coût de production entre l’Allemagne et la France soit si différent.

Ce n’est pas une affaire de gauche ou de droite, c’est une affaire de bon sens. [...] Nous avons exonéré de cotisations sociales les emplois saisonniers.

La question se pose de diminuer le poids des charges sociales sur les effectifs de l’agriculture française
»

Nicolas Sarkozy a aussi insisté sur la transparence commerciale, la contractualisation, les circuits-courts, mais aussi sur l’importance de la Politique Agricole Commune.

-Sur les services publics, il reste sur la même ligne, «nous ne pouvons plus avoir la même vision des services publics en ruralité. Je préfère au moment de ces vœux vous dire la vérité plutôt que de dire que des choses qui font plaisir [...]

Cela nous a conduit ici à fermer des tribunaux, là une trésorerie, ici à demander à un commerçant de remplacer le bureau de poste. Mais nous ne pouvions pas être immobile. La France a créé un million de postes de fonctionnaires depuis 1990
»

-Même chose sur la réforme territoriale, «était-il raisonnable d’avoir tant de structures à un moment où la France et l’Europe ont tant de problèmes avec leurs dépenses publiques ?»

-Sur la santé et le problème de désertification médicale, il a affirmé ne pas croire à la coercition pour faire venir plus de médecins, «il faut des médecins payés différemment pour le même acte, selon que cet acte est fait dans une zone à surdensité médicale ou à sous-densité médicale»

-En matière environnementale, Nicolas Sarkozy a expliqué qu’il fallait «relâcher la pression»

«Tout est une question de mesure» a-t-il expliqué, «n’importe qu’elle association qui veut empêcher un maire, un élu, ou un projet peut le faire.

C’est la rétractation générale. On paralyse un territoire. On empêche tout le monde de prendre des initiatives. Il faut lever le pied de ce point de vue
»

-Même discours sur la chasse, «les chasseurs ne sont pas des ennemis. Ce ne sont pas les adversaires de l’environnement.

Des décisions récentes prises par le Conseil d’Etat sont vécues par une partie de nos concitoyens comme une manière de les empêcher de profiter de ce qu’on pourrait appeler: un petit bonheur
»

Nicolas Sarkozy a finalement affirmé qu’il allait recevoir les associations de chasseurs sur ce sujet.
actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/01/2012 | 17:44 | Lu: 55530 fois