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Les défenseurs de l'éolien donnent du souffle au projet du Pays des Pyrénées Cathares
04/05/2012 | 11:27
© MidiNews 2012
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Arlette Roméra, maire de Troye d’Ariège depuis 2008, milite en faveur des énergies renouvelables:

«Le tourisme c’est certainement bien mais tous les villages ne sont pas éligibles à ces labels prestigieux, tandis que les éoliennes profitent à tous: la commune qui les accueille, la communauté de communes, dont les retombées en termes de fiscalité seront sensiblement équivalentes à celles espérées avec l’ancienne TP, le Conseil général et le Conseil régional»

Cette élue, fidèle à ses convictions, n’a pas hésité à présenter le projet d’élaboration d’une ZDE (zone de développement éolien) à son conseil municipal et le projet de la crête du bois du Sarraut fait aujourd’hui l’objet d’études pour un dépôt de permis de construire prévu fin 2012.

Pendant deux ans, il y a eu des mesures de vent, puis des études acoustiques auprès des riverains et enfin depuis quelques jours, des naturalistes observent les impacts que ces six éoliennes pourraient avoir sur les oiseaux ou les chauves-souris.

Les concertations autour de cette ZDE devraient commencer cet été «pour informer les habitants, recueillir les avis et moduler s’il y a lieu le projet» car comme le précise Arlette Roméra, philosophe: «ce n’est pas parce que l’on veut un parc éolien que l’on en aura un, au regard des contraintes administratives… et puis c’est le préfet qui a le dernier mot»

Si l’on s’en tient au schéma éolien régional, le département de l’Ariège pourrait accueillir 33 éoliennes (soit une capacité maximale de 100MW).

A ce jour il existe également une ZDE sur les communes de Tourtrol, Vivès et Coutens (le projet d’implantation n’a pas abouti à cause de l’opposition des élus) et depuis quatre mois sur les communes de Gudas, Maléon, Calzone (sous l’appellation «Est Vallée d’Ariège»).

Aigues Vives et Laroque d’Olmes se sont prononcés favorablement mais le projet nécessite la modification des documents d’urbanisme, avant de pouvoir démarrer.


«Je pense que c’est une opportunité à saisir, explique Christian Mascarin, maire d’Aigues-Vives. Si on ne le fait pas ce sera comme le photovoltaïque dont la rémunération a singulièrement baissé.

D’autant que les postes ressources pour le raccordement au réseau électrique ont une capacité limitée
»

Il est vrai que pour ce petit village les éoliennes (le projet porte sur 5 aéromoteurs) constituent une manne financière non négligeable car le bois du Bach qui devrait les accueillir appartient à la commune et le loyer pourrait monter à 6000 €/an par mât implanté.

«Il y a vraiment un train à prendre en marche» conclut Christian Mascarin confiant pour l’avenir car selon lui les machines devraient se perfectionner et moins impacter le paysage.

Pour l’association «Vive le Vent» regroupant «la majorité silencieuse en faveur de l’éolien en Ariège», cette énergie alternative constitue «le pétrole vert du département» et une réelle opportunité pour ses habitants.

«La France doit respecter ses engagements vis-à-vis de ses partenaires européens, indique Patrick Falcou, président de cette association. Elle doit atteindre en 2020 23% de production à partir des énergies renouvelables. Et à ce jour il y a cinq fois moins d’éoliennes qu’en Allemagne»

Derrière ces projets, point de groupes financiers, ni de fonds d’investissement, mais un bureau d’étude (Ras Energie) qui travaille sur le concept de parc «éolien participatif», cet investissement participatif est une manière complémentaire de reverser les bénéfices du projet dans le territoire.

C’est ce qui a séduit Jean-Louis, un habitant du coin, qui compte bien installer une éolienne domestique et en revendre l’énergie. Idem pour cet agriculteur à la retraite qui voit à travers ces éoliennes la possibilité d’améliorer ses revenus.

Paul Cabanillas, gérant de la Société Raz Energie, constate que le développement de l’énergie éolienne en Ariège est complexe à mettre en place:

«Trouver des zones compatibles avec des critères bien précis c’est difficile, on ne fait pas de l’éolien où l’on veut mais où il est possible d’en faire.

La région Midi-Pyrénées et la DREAL ont travaillé pendant cinq ans sur un schéma régional qui prend en compte toutes ces contraintes
»

Le technicien tente également de dé-diaboliser cette énergie verte: «les opposants parlent souvent plus forts que nous… ce sont parfois des néo-ruraux qui ont acheté une propriété pour la vue et considèrent avoir le monopole de paysage.

C’est en jouant sur la peur qu’ils essaient de convaincre les populations: dire qu’il y aura 100 éoliennes en Pays des Pyrénées Cathares est une hérésie, le schéma régional préconise au maximum 33 mâts… et le seul projet à l’étude, celui de Troye, tourne autour de 6 éoliennes sur 1,2km.

Quant au démantèlement de ces structures, le décret du 26 août 2011 oblige les exploitants à les démonter. A l’installation 50 000€ sont bloqués sur un compte rémunéré pendant 20 ans pour couvrir les opérations de démantèlement
»

Alors que du côté des opposants on prépare la riposte (des tracts circulent et des réunions s’organisent), les adeptes sont plutôt sereins, en tout cas prêts à communiquer.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 04/05/2012 | 11:27 | Lu: 9835 fois