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Pestivirose de l'isard: début de la vaccination des ovins transhumants avant la montée en estive

© midinews 2015

Véritable fléau infectieux depuis les années 1999-2000, la pestivirose a d’abord impacté la partie centrale des Pyrénées en se transmettant directement sous forme de virus grippal entre isards, causant des mortalités dans toutes les tanches d’âge.

De manière plus sournoise le virus peut aussi se transmettre d’une mère porteuse à son fœtus, le chevreau nait alors contaminé et devient excréteur et réservoir de virus à vie. Ce sont les fameux sujets «IPI».

Les mortalités sont fréquentes, entre 2 et 4 mois d’âge et la pestivirose évolue de manière endémique, décimant des centaines d’animaux de part et d’autre les Pyrénées.

Depuis 2008 la fédération des chasseurs de l’Ariège en relation avec le laboratoire vétérinaire départemental a permis de réaliser des prélèvements de rates sur les isards tués à la chasse.

Les résultats virologiques mis au jour par le Dt Jan-Pierre Alzieu, entérinés par un laboratoire indépendant et par l’école vétérinaire de Toulouse permettent de dire aujourd’hui que le virus s’entretient par les échanges entre isards (directs et mère fœtus) mais aussi par intercontaminations entre isards et ovins transhumants (sujets à la Border disease très proche de la pestivirose de l’isard).

Plusieurs souches isolées dans les deux espèces présentaient une quasi-identité, permettant de démontrer scientifiquement que la contamination avait lieu en estive.

L’option validée suite à cette étude l’option réside sur la vaccination ciblée à une ou deux zones tests des cheptels ovins transhumants vis-à-vis de la Border disease: cette stratégie aurait l’avantage de protéger efficacement les cheptels ovins (risque accru par le mélange des troupeaux en estive) et de les prémunir d’une éventuelle contamination des souches issues de l’isard.

Cette vaccination n’a pas pu être réalisée en 2014 pour des raisons budgétaires. Mais cette année tous les interlocuteurs sur ce dossier ont réussi à se mettre d’accord. Une réunion a eu lieu ce mardi à la chambre d’agriculture à la demande des maires d’Orgeix et d’Orlu ainsi que des cinq groupes pastoraux concernés (Orlu, Orgeix, Ascou, les Bésines et Mijanès).

Tous ont convenus de la nécessité de détecter la pestivirose sur les brebis, notamment sur les «IPI» et les éleveurs se sont engagés à réaliser des prélèvements avant la montée en estive pour écarter les individus infectés.

«Cette vaccination constitue le moyen majeur d’arrêter la circulation virale en particulier en estive, explique Jean-Luc Fernandez, président de la Fédération des chasseurs. Nous allons mettre en place des zones tests sur le massif d’Orlu que nous avons déjà beaucoup investigué et vacciner les ovins transhumants qui le fréquentent.

L’opération est chiffrée à 55 000 € financée par le Conseil général, l’ONCFS, le GDS, la fédération des chasseurs et l’ONF […] I est hors de question de laisser mourir les isards, ni d’opposer les éleveurs aux chasseurs. Les premières vaccinations auront lieu avant la montée en estive pour détecter ces brebis IPI et les éliminer du troupeau
».

Une évaluation de l’action est prévue pour vérifier la réduction de la contamination des ovins et des isards et à terme pour mesurer à l’échéance de 3 à 5 ans, la restauration numérique des populations d’isards dans les Pyrénées ariégeoises.

Laurence Cabrol | 12/02/2015 - 18:53 | Lu: 16971 fois