Ercé: sur les pas des Montreurs d'Ours
Les oussaillés! En occitan, c’est comme ça que l’on nomme dans ces vallées de l'Alet (du côté d’Ustou) et celle du Garbet (Aulus, Ercé et Oust) ceux qui devinrent à la fin du 19ème siècle et jusqu’au lendemain de la première guerre mondiale des montreurs d’ours, de par le monde.
Bien des années plus tard, un espace, à l’entrée du village d’Ercé présente une exposition permanente sur ces drôles de personnages, à la fois hommage mais aussi comme un devoir de mémoire et de transmission aux générations actuelles sur ces hommes, un brin aventuriers, qui avaient recours à cette dernière activité pour assurer leur subsistance et celle de leur famille.
D’abord un long travail de collectage, d’activités archivistiques et de témoignages auxquels ont largement contribué les associations locales et en particulier l’Association des Amis d'Aulus et de la Vallée du Garbet, avant que des travaux de rénovation menés par la Communauté de communes et le village d’Ercé ne donne une deuxième jeunesse à cette ancienne école devenue lieu d’exposition.
Spécialité quasiment exclusive des habitants de ces deux vallées ariégeoises, c’est naturellement que ce lieu présente l'ensemble de l'histoire de la vallée des montreurs d'ours et des oussaillés, de leurs origines aux descendants directs, installés à New-York.
«On a réactualisé l’exposition l’année passée en 2013 explique Laurence Cau, agent de la mairie d’Ercé. On y trouve des panneaux sur l’histoire locale, le métier des montreurs d’ours, une vidéo puis une boutique avec des DVD et des livres. C’est surtout l’été qu’on a le plus de touristes par ici et cela permet aux gens qui viennent nous rendre visite de se rendre compte comment les vallées et leurs habitants vivaient»
Comme toute la montagne pyrénéenne, ces deux vallées étaient autrefois très peuplées, on y comptait jusqu'à 10 000 habitants vers 1850, contre 1 500 environ aujourd'hui. Les conditions de vie difficiles, une habitude prise depuis longtemps de s'expatrier temporairement pour effectuer des travaux agricoles se développent parallèlement au colportage.
Inspirés des Tziganes ou Bohémiens c'est à Ustou, vers la fin du XVIIIème siècle, qu’on voit apparaitre les premiers Montreurs d'Ours pyrénéens opérant avec des oursons capturés dans les montagnes environnantes puis dressés. Par période successives cette activité se développa ensuite en vallée du Garbet.
Près de 600 montreurs d’ours qui ont sillonné le mondeCes montreurs d’ours sillonnèrent progressivement la France, l’Espagne avant d’élargir leur rayon d’action à toute l'Europe et au-delà des mers.
Des Montreurs d'Ours d'Ustou, aux noms connus, dont l’espace dédié retrace l’histoire à Ercé sous la forme de plusieurs activités pour petits et grands. Si l’aventure des montreurs d’ours s’est terminée au lendemain de la première guerre, ces héros des temps modernes ont ouvert la voie à d’autres, engendrant un mouvement d'émigration d’hommes et de femmes, motivés par l’espoir de gagner leur vie dans de meilleures conditions par l'exercice de métiers dans l'hôtellerie et la restauration notamment à New York.
«L’objectif de cette exposition c’est vraiment de valoriser les toutes dernières recherches menées sur ce thème et de raconter cette histoire tout à fait extraordinaire, relate Pauline Chaboussou chargée de mission patrimoine à la Communauté de communes du Canton d’Oust. Dernièrement il y a eu des avancées conséquentes sur l’histoire des montreurs d’ours. Puisqu’on a pu recenser plus de six cents montreurs d’ours, on a découvert que outre les Etats-Unis ils ont couru le monde entier, le Canada mais aussi l’Amérique latine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et même Singapour. On a trouvé des traces des montreurs d’ours partout sur le globe»
Aux alentours du village d'Ercé, dans la vallée des montreurs d'ours, un sentier emmène le visiteur dans l'histoire de ces colporteurs un peu particuliers pour une découverte mêlant tourisme et patrimoine local.
«La valorisation du patrimoine dans le canton répond à un double objectif, confirme Pauline Chaboussou. D’abord le développement culturel, se réapproprier l’histoire locale et la transmettre, ça c’est essentiel. Puis un objectif touristique puisqu’il existe tout un réseau de sites qui sont des portes d’entrée pour la découverte du territoire. On essaie de mettre en place toute une stratégie de développement touristique autour du patrimoine pour contrer la saisonnalité des produits touristiques. On essaie vraiment de miser sur cet atout-là, notre histoire»
Ainsi, autour d’Ercé, un sentier d’interprétation navigue entre hameaux, moulin, bois et rivières et offre une lecture du patrimoine, du village d’Ercé et des vallées. Sur les pas des Montreurs d’Ours, une histoire locale qui se partage avec les visiteurs actuels du village qui contribuent à lui redonner vie.
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