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Ryton Cazenave: un si long chemin�
Ryton Cazenave nous a ouvert la porte de son atelier sur les hauteurs de Saint-Pierre de Rivière près de Foix, un moment d’exception que nous voulons vous faire partager…
Avant d’être l’immense peintre aquarelliste dont la réputation dépasse les frontières de l’hexagone, c’est avant tout un personnage attachant qui manie l’humour comme le pinceau, par petites touches ciselées et en bavard impénitent, il a toujours une anecdote à raconter.
Il est vrai que sa vie est un véritable roman, plein d’aventures, de rencontres qui n’ont rien d’ordinaire car si Ryton a commencé dans la peinture à l’âge de 10ans, il avait également d’autres prédispositions comme l’écriture, le chant ou la musique.
On le retrouve adolescent à faire la manche sur la Costa Brava avec l’architecte Jean Bordes, Michel Courrières ou Raymond Gimenez. Plus tard il se lie d’amitié avec Louis Amade, parolier de Gilbert Bécaud et frère spirituel de Charles Trenet: «j’ai toujours joué et chanté nous dit-il l’air malicieux, ma guitare n’est jamais bien loin»
Il en est de même de cette passion pour les choses de l’air «le pilotage, dit-il, est un domaine subtil proche du domaine artistique» et c’est naturellement qu’il s'engagera dans l’aviation pendant la 2ème guerre mondiale.
Plus tard alors qu’il est journaliste et homme de télévision, on le retrouve dans la nacelle d’une montgolfière, en hélico, et même en ULM, lors d’un reportage avec son ami et néanmoins confrère Jean-Pierre Foucaud où il filme en direct l’atterrissage hasardeux de cet engin dans un buisson d’épineux, heureusement plus de peur que de mal!
Mais qu’importe, Ryton Cazenave a toujours préféré ce rapport à la nature, aux éléments dans son métier de reporter: «j’avais la possibilité d’aller maintes fois travailler à Paris avec mon ami Christian Bernadac, mais j’ai préféré rester dans l’Ariège et regarder mes montagnes!»
Aussi il n’est pas étonnant de le retrouver dans un bateau pneumatique, avec les spéléologues du Haut-Sabarthés dans les galeries profondes du Réseau Clastres, au fond d’un gouffre à filmer des interventions de secours ou survolant les couloirs d’avalanche avec la sécurité civile et les sauveteurs en montagne.
Mais côté technique, c’est également un pionnier, il a connu tous les formats: des premiers 9,5mm à la vidéo numérique en passant par le 8mm, le super 8 ou le 16mm ; ainsi que toutes les situations, dans les airs, sur terre, sous l’eau, sur l’eau et même dans l’eau et sur neige…
La neige, son élément: «à 43 ans j’ai du chausser les skis, caméra à l’épaule » depuis il ne peut plus s’en passer: « le ski, c’est le sport mais c’est surtout l’environnement et la contemplation… un vrai skieur doit être un poète»
Quand on lui demande ce qu’il pense de la télévision aujourd’hui, Ryton Cazenave est assez critique: «La télévision a beaucoup évolué depuis le 16mm et le noir et blanc. Autrefois, on relatait l’info sans donner un avis personnel, aujourd’hui, on arrive à manipuler l’information, à la détourner à des fins politiques, voire personnelles / …/ aujourd’hui on préfère le sensationnel»
Quand il évoque ses premières amours, la peinture, il se livre sans ambages: « je n’ai pas toujours fait de l’aquarelle mais j’ai toujours fait de la peinture… un long cheminement car l’aquarelle est contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là un art difficile, il faut maîtriser cet élément liquide.
Au début je pensais que l’aquarelle était pressante et qu’il fallait se soumettre à son impatience. Puis j’ai découvert le siècle d’or de l’aquarelle (de 1750 à 1850) et ses grands maîtres, Bonington, Gainsborough ou Turner. Je me suis rendu compte que les aquarellistes étaient formidables, qu’il fallait aller au-delà, ne pas tout dire dans une aquarelle, réserver des surfaces suggérées qui prêtent à rêver. L’aquarelle c’est un métier au même titre que la gouache»
Et des gouaches, il y en a des milliers dans son atelier, toutes empilées les unes sur les autres, car quand il va chercher son inspiration, au pied de ses montagnes ariégeoises, à Venise, en Andalousie, sur la Côte d’Azur pour sa lumière, en Norvège pour ses brumes évanescentes ou en Bretagne, passage obligatoire pour les peintres aquarellistes, il saisit les paysages à partir d’une gouache faite sur le motif.
C’est ensuite en atelier qu’il réalisera l’aquarelle: «Aujourd’hui je crois davantage à l’aquarelle laborieuse qu’à l’aquarelle pressante»
Ryton Cazenave qui a pourtant rencontré les plus grands de ce monde au cours de ses reportages ou de ses expositions, est pourtant resté d’une modestie et d’une générosité à toute épreuve.. Il se plaît à évoquer les peintres René Lagorre et Mady de la Giraudière mais également Christian Bernadac, disparu prématurément, Isabelle Sandy la célèbre femme de lettre, Jacques Faisan dessinateur au Figaro, Michel Roquebert historien, spécialiste du Catharisme ou André Trigano, Maire de Pamiers qui ont su lui témoigner pendant de si longues années une amitié indéfectible.
Aujourd’hui, ce séduisant octogénaire a pour ambition de réaliser un ouvrage sur son travail, résumant un peu son parcours d’artiste: «ce que je veux laisser de mon œuvre en quelque sorte» Un projet qu’il est en train de finaliser… avant les premiers flocons car les skis sont déjà prêts et l’appel de la poudreuse est plus fort que tout.
Ryton Cazenave reçoit sur rendez-vous au 05 61 65 21 97 Photos et vidéo: ©AriegeNews 2006 - Ryton Cazenave |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/11/2006 |
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