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La fine lame du Pays d'Olmes
Désormais Labastide sur l�Hers peut rivaliser avec Thiers, capitale de la coutellerie française. C�est en effet dans ce charmant village, autrefois réputé pour le travail de la corne, que nous avons rencontré, malgré le manque cruel de signalétique, un des meilleurs artisans coutelier de l�hexagone.
Bien que Jean-Paul Tisseyre soit de nature discrète, notons cependant qu�il a été primé à plusieurs reprises dans les salons internationaux où il rivalise désormais avec les grandes pointures de la coutellerie mondiale (canadiens, américains, italiens, allemands ou suisses). Cet enfant du pays est notamment le créateur du fameux couteau de poche « le Montségur », dont l�acier en carbone trempé est finement émouturé, mais bien d�autres surprises nous attendent dans sa boutique atelier.
« ...J�ai toujours fais du travail manuel, précise-t-il, plus jeune je réalisais des jouets en bois pour Noël car la famille n�était pas riche. Ensuite j�ai été chasseur et là je faisais mes couteaux de chasse...».
Mécanicien ajusteur de formation mais surtout perfectionniste, il vit désormais depuis près de cinq ans de sa passion. Qu�ils soient pliants ou pas, il réalise des couteaux qu�il ne cesse d�améliorer, ce sont toujours des pièces uniques qui relèvent de sa créativité et de l�innovation technique dont il fait preuve.
Ainsi l�invention d�un nouveau mécanisme à cran d�arrêt pour lequel il a déposé un brevet à l�INPI a attiré il y a quelques années l�attention de nombreux collectionneurs. A présent ces derniers font appel à lui pour exécuter la pièce unique dont ils ont rêvé, du sur mesure avec une qualité d�ajustement et de finition nulle part égalée.
Cet artisan amoureux du travail bien fait et dépositaire d�un savoir-faire ancestral réalise ses couteaux par la technique d�enlèvement du métal. Il faudra de quatre heures pour un petit couteau à quatre-vingt heures, voir six mois pour un couteau plus compliqué et de 50 euros à beaucoup plus lorsqu�il s�agit de commandes spécifiques.
Mais avant de choisir le type de mécanisme, le travail de conception débute toujours par des dessins : il dessine les lignes de son couteau, il modifie selon son inspiration le profil de sa lame avant de réaliser un gabarit.
Celui-ci permet d�en tracer la forme qui sera découpée par la suite à la scie. Une bonne lame se doit de couper bien et longtemps. L�acier trempé est le seul métal permettant de réunir ces caractéristiques. Notre artisan d�art utilise selon les cas l�inox (l�apport de chrome à l�acier l�empêche de rouiller), l�acier au carbone (c�est l�acier traditionnel) ou le damas, acier feuilleté, connu depuis le Moyen Age.
L�atelier est équipé de plusieurs machines outils : fraiseuse, tour, four électrique, polisseuse�, permettant de réaliser toutes les phases de fabrication du couteau, du traçage à la découpe, du traitement thermique au surfaçage en passant par le guillochage, le montage, et les finitions. Cependant, il lui arrive aussi de s�associer avec de grands noms de la profession comme le forgeron américain Devin Thomas ou les graveurs Aldo Rizzini (italie) et le francais Bruno Casetto (MOF).
Il sélectionnera du bois régional (néflier, buis, poirier, chêne, orme) ou de la corne pour le manche des couteaux les plus simples.
Pour les modèles les plus compliqués les inserts seront en nacre, ivoire de morse, os de girafe, mammouth fossilisé, pierre dure ou même en jais, comme pour cette pièce d�orfèvrerie en partance vers les Emirats Arabes Unis.
Il s�agit bien entendu d�une �uvre unique, une version du fameux « couteau sommelier », autre modèle breveté dans lequel le tire-bouchon est totalement intégré dans le manche. Un manche d�une grande préciosité puisqu�à l�heure actuelle on ne trouve plus de jais et ce charbon fossilisé depuis 80 millions d�années est extrêmement difficile à travailler.
Mais pour le client exigeant ou le collectionneur en quête d�exception rien n�est trop beau ni trop parfait. Ce sont en définitive des empêcheurs de tourner en rond car c�est aussi pour eux que notre artisan pousse toujours plus loin sa réflexion, qu�il améliore sans cesse son travail et qu�il cherche à innover davantage. Ainsi côté technique a-t-il déposé quelques dessins et modèles ou brevets d�invention comme « le mécanisme Tisseyre » : le verrouillage est automatique et sûr, la fermeture simple. Une légère poussée du doigt dégage le verrou et libère la lame.
Bien que la clientèle ariégeoise ne représente que 0,5% de ses ventes et les habitants du Pays d�Olmes assez peu curieux de son art, il n�hésite pas à passer quelques heures à vous parler de sa passion.
Jean-Paul Tisseyre avoue cependant perdre aujourd�hui beaucoup de temps dans des activités annexes comme la comptabilité, le courrier (commandes sur Internet directement au travers de son site), le marketing car il faut savoir se vendre� et cela il doit savoir car, c�est un signe, il vient de faire rentrer de nouvelles machines et il ne va pas tarder à déposer un permis de construire pour agrandir son atelier. Son souhait le plus cher c�est d�apprendre rapidement l�anglais car ses clients sont aujourd�hui russes, américains ou allemands et la barrière des langues reste à ce niveau un handicap.
Mais rien n�est insurmontable pour cet ariégeois maître dans l�art de la coutellerie, quasi-inconnu au pays mais reconnu dans le monde entier.
Jean-Paul Tisseyre
Coutelier d�art
1, rue Jean-Jacques Rousseau
09600 Labastide sur l�Hers
Tél : 05 61 03 05 22
www.couteaux-tisseyre.com
www.couteau-montsegur.com
Des idées cadeaux pour Noël à découvrir chez lui à Labastide sur l�Hers, sur Internet ou encore à l�armurerie de Laroque d�Olmes.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 02/12/2005 |
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Lien permanent vers l'article: http://www.ariegenews.com/news/news-101.html |
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