L'hommage de Philippe Lefebvre à la musique de Gabriel Fauré
Décidément la XIVe édition du festival «Musiques au Pays de Gabriel Fauré» permet de faire rencontrer aux ariégeois des artistes de renommée internationale.
Après Didier Sandre en ouverture, Claire Désert au piano c’est au tour de l’organiste Philippe Lefebvre qui s’est produit sur l’orgue historique de Notre Dame du Camp…
On ne présente plus Philippe Lefebvre, organiste titulaire de Notre-Dame de Paris où avec Olivier Latry (invité lors du précédent festival) et Jean-Pierre Leguay, il succède à son maître Pierre Cochereau.
Car c’est bien grâce à lui qu’il en est venu à l’orgue. Enfant, Philippe Lefebvre apprend le piano… A l’âge de 15 ans il découvre l’orgue en assistant à la tribune de Notre Dame de Paris au récital de celui qui allait devenir son maître.
Après ses débuts au conservatoire de Lille puis au conservatoire national supérieur de musique de Paris, Philippe Lefebvre obtient son premier prix d’orgue, d’improvisation, de fugue et de contrepoint.
Il est nommé à 19 ans, organiste de la cathédrale d’Arras. Mais s’il est devenu organiste c’est d’abord à cause du son unique de cet instrument.
«Ils sont tous différents, explique-t-il, au cours de sa répétition à Pamiers, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de l’instrument, il y a, à chaque fois une remise en question du musicien»
Membre de la commission supérieure des orgues historiques, il a également défendu le dossier de Pamiers permettant de réaliser en 2004 la restauration de l’orgue de Notre Dame du Camp.
«L’ayant connu avant les travaux, aujourd’hui c’est un instrument plus précis et plus rapide… c’est comme un tableau un peu obscurci que l’on restaure, l’orgue est plus lumineux, il a davantage d’éclat…
C’est un instrument qui a beaucoup de charme, tout à fait dans le ton de cette église, il a à la fois un côté un peu mystérieux et quand on est installé on se sent enveloppé comme dans un cocon»
«J’éprouve une émotion particulière de jouer au Pays de Gabriel Fauré, qui était organiste mais qui n’a pas composé directement pour l’orgue…
Cela reste un mystère, pas une seule de ses pièces n’est dédiée à l’orgue alors qu’il en jouait toutes les semaines… C’est une personne un peu particulière, c’est un musicien comme rarement on en rencontre dans l’histoire de la musique.
C’est le premier à donner cette couleur particulière, un peu impressionniste à la musique française que ce soit dans le piano, la musique de chambre ou l’orchestre…Il faut aller chercher ce que ce compositeur ne donne pas au premier abord…
C’est ce que j’ai toujours ressenti dans Fauré et que je trouve extraordinaire car la musique ce n’est pas une écoute passive mais une écoute active, c’est en cela que la musique de Fauré est extraordinaire… elle rend l’auditeur intelligent»
Quant au programme proposé dans le cadre du festival appaméen: «c’est un clin d’œil autour de Jean-Sébastien Bach avec au début sa fameuse Toccata, à la fin, une pièce de Liszt dédiée à Bach… un clin d’œil également aux compositeurs qui tournent autour de lui»
Devant un parterre d’amateurs et de curieux, Philippe Lefebvre a commenté vendredi soir le concert projeté sur écran géant «ceci afin de démystifier l’orgue et par souci pédagogique car je souhaite faire découvrir l’orgue à tous les publics …» un seul mot: EXCEPTIONNEL.
Photo et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |