On a tous l’image type caricaturale du facteur en lambeaux tendant malgré tout une lettre, un molosse accroché au mollet.
Sauf qu’en dehors des amateurs de bandes dessinées humoristiques, cette caricature ne fait plus sourire les instances régionales et départementales de La Poste.
Depuis trois ans maintenant, «on note une recrudescence des accidents liés aux agressions canines», constate M. Estève, directeur du groupement courrier Ariège-Lauragais.
«On se fait mordre par les petits chiens, les gros, souvent par derrière» confie cette factrice, qui avoue avoir désormais peur de tous les chiens.
«Bien souvent, leur propriétaire, met en doute notre bonne foi et nous accuse de provoquer leur chien» renchérit-elle.
«L’an passé, nous avons déploré une dizaine de facteurs mordus sur l’Ariège, constate M. Estève.
C’est la troisième cause principale d’accident au courrier après les accidents routiers et les accidents de manutention.
Sans compter les accidents du travail, parfois prolongés, c’est surtout les conditions de travail qui se dégradent.
On peut parler d’un véritable stress pour les postiers à l’abord d’une maison ou d’un appartement gardés par un chien.
Sans oublier aussi, tous les faits qui ne sont pas reportés, bien souvent parce que les facteurs n’osent pas en parler ou se plaindre»
Ainsi, ce sont une quinzaine de facteurs et factrices en exercice qui sont venus au centre de l’ASPTT de Vernajoul recevoir une formation sur la gestion du risque canin, première de ce type en Ariège.
Une formation qui s’est déroulée en deux temps avec l’appui des maîtres-chiens de la gendarmerie du Gers, où s’est tenue une formation similaire.
D’abord une partie théorique en matinée, destinée à sensibiliser les facteurs au comportement canin.
Car, comme souvent, la meilleure arme reste la prévention.
«Contrairement aux croyances, un chien peureux qui paraît inoffensif peut être agressif. Lorsqu’un chien retrousse les babines, qu’il abaisse les oreilles sont autant de signaux qui doivent alerter les personnes» affirme le formateur.
«Lui faire sentir la main paume en l’air doucement, le caresser par en dessous, sont les bonnes attitudes. Il ne faut surtout pas lui tapoter la tête et donner l’impression de le défier»
«Nous avons appris plein de choses, on nous a donné des astuces, on se sent plus sûr à l’issue de cette formation», admet la même factrice.
Pour autant, la partie pratique face aux bergers allemands et Rottweiler de la gendarmerie fait apparaître les appréhensions qui subsistent.
«Et encore, eux, ils ont la combinaison qui va bien», plaisante l’un des postiers.
Première d’une série de journées de formation à venir sur l’ensemble de la Région Midi-Pyrénées, cette sensibilisation qui poursuit l’objectif de diminuer ce type d’accident a le mérite d’apprendre les bons gestes aux facteurs et surtout d’adopter un comportement qui ne les mettra pas en danger.
«La prochaine fois, moi je porte plainte» dira cette factrice. Car, si une solution à l’amiable n’est pas possible, il va de soi que la première des causes est bien souvent l’irrespect de la réglementation postale, de la part de propriétaires qui maîtrisent mal leur chien.
Une règlementation qui veut que chacun installe sa boîte aux lettres en bordure de voie publique, hors de portée du chien, qu’il faut maîtriser lors du passage du facteur. Sous peine de ne plus pouvoir recevoir son courrier… ou en lambeau!
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