La chasse au vol, tout l'art de la fauconnerie
16/11/2011 | 19:58
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Michel Caubère élève depuis de longues années des rapaces pour la chasse (actuellement des buses de Harris et des faucons pèlerins) qu’il affaite (sociabilise) et entraine tous les jours sur la plaine de Caumont non loin de Lorp Sentaraille.

Selon lui, il n’y a pas de mauvais faucons, par contre il peut y avoir de mauvais fauconniers.

Car l’art du fauconnier ce n’est pas de garder les oiseaux en volières, c’est d’aider à développer ce qui est inné chez ces rapaces: leur donner envie de voler, chasser, tuer et manger: «Un bon fauconnier connait bien ses oiseaux, sait trouver leur poids de vol idéal. 

Actuellement nous préparons une chasse en Andalousie, à la perdrix rouge, aussi Murcia, une forme (femelle) de pèlerin d’un an et demi et Nesto un tiercelet (mâle) né au mois de mai doivent être top et comme des sportifs de haut niveau il faut venir s’entrainer tous les jours!
»

En dehors de leur vue perçante (10 fois supérieure à la notre), leur morphologie est telle qu’ils sont dotés de muscles pectoraux puissants leur permettant le fameux vol battu qui les caractérise, dans certains piqués leur vitesse peut atteindre les 400km/h.

Leur serres sont munies de longs doigts capables d’accrocher d’autres oiseaux en vol et leur bec doté d’une petite excroissance est redoutable, il arrive à rompre net les vertèbres des oiseaux attrapés. 

Coiffés de chaperons en cuir réalisés sur mesure, les oiseaux sont transportés en voiture dans des caisses de bois jusqu’au lieu de chasse ou d’entrainement, généralement des territoires très dégagés.

Pour ne pas perdre ses fidèles compagnons, Michel les équipe d’émetteurs: «Par beau temps ils peuvent être emportés par des courants ascendants, se laisser griser et se poser à plusieurs kilomètres.

J’utilise le radiotracking pour les localiser
»

En principe le faucon ne perd pas de vue son fauconnier, pourvoyeur de nourriture: «l’oiseau chasse pour lui, cela va de la caille au coq, faisan, en passant par le canard mais dans la nature quand il a faim, il se nourrit de tout ce qui passe à portée, un faucon chasse deux fois son poids, selon une technique éprouvée: il monte dans les airs, frappe un grand coup (on appelle cela buffeter), lie, sabre.

Quand il trouve une proie, je lui fait courtoisie, c'est-à-dire que je lui consens prélèvement
»


La chasse se pratique avec un chien d’arrêt (un chien d’oiselle), dressé pour marquer l’arrêt, trouver le gibier mais en aucun cas lever ni rapporter le gibier, seul le fauconnier doit être en mesure de le faire.

Et qu’elle satisfaction pour Michel de récupérer le faucon sur le poing «on n’est plus au Moyen Age mais tout de même... la chasse au vol c’est pour moi une passion qui frôle la maladie!»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 16/11/2011 | 19:58 | Lu: 30072 fois