Depuis vendredi, les vaches gasconnes de Philippe Lacube, éleveur sur la commune de Verdun, se préparent à rejoindre les verts pâturages des estives de moyenne montagne.
Cette année l’hiver a été long, ces vaches grises aux yeux cernés de noir sont pressées d’«amountagner»
Jusqu’à présent calmes et placides dans leurs stabulations, elles ont compris qu’il était temps de se préparer dès qu’elles ont vu colliers et sonnailles: «elles attendent dans le pré depuis hier mais on ne les tiendra pas longtemps» indique Lucien du haut de ses 75 ans.
Eleveur à la retraite, il connaît bien cette vie pastorale: «autrefois la vie était plus rude, on commençait aux premières lueurs du jour et on finissait à la nuit !»
Pour lui impossible de manquer ce rendez-vous et si les jambes ne suivent pas aussi bien qu’autrefois, c’est en voiture qu’il accompagnera la progression du troupeau.
Près de quatre-vingt personnes ont répondu à l’invitation de Philippe Lacube.
De jeunes couples avec leurs enfants ou des retraités sportifs, venus de Bordeaux, Toulouse ou de plus loin encore sont venus participer à cette fête du pastoralisme: «on ne connaissait pas, c’est l’occasion de passer un week-end au grand air avec les enfants… et puis on apprend plein de choses sur l’histoire, la faune et la flore de la région»
Premier briefing dans la cour de la ferme: «le premier quart d’heure risque d’être sportif et le départ tonitruant car les bêtes sont depuis hier sur les starting-blocks»
Les groupes se forment, les plus courageux et les mieux entraînés se positionnent en tête du troupeau, les contemplatifs clôturent la marche avec les enfants qui ont enfourché les ânes mis à leur disposition.
L’estive est le passage obligé car les vallées ariégeoises sont étroites et les maigres prés des fonds de vallée ne suffisent pas à nourrir toute l’année les troupeaux.
Aussi dès les premiers jours du mois de mai, dès que le soleil printanier baigne la montagne, les bêtes sont conduites sur une zone intermédiaire entre 900 et 1500 m d’altitude où elles passeront un mois avant de monter sur les estives d’altitude.
Une fois les dernières consignes distillées par les organisateurs, le départ est lancé: vaches, veaux et taureaux prennent la poudre d’escampette encadrés stratégiquement par l’éleveur et ses amis venus lui donner un coup de main.
Les visiteurs emboîtent le pas, sans oublier de tirer une ou deux photos au passage.
Près d’une heure plus tard, première étape dans une clairière ensoleillée. Les bêtes en profitent pour une pause casse-croûte et Philippe Lacube prend la parole pour expliquer les caractéristiques de cette race rustique et le métier d’éleveur.
Car au-delà de l’aspect festif de cette manifestation, c’est aussi la valorisation d’un territoire, de son pastoralisme: «nous nous engageons sur la qualité de nos produits. Pour comprendre notre travail et notre métier il faut en parler, c’est pour cette raison que nous organisons ces randonnées autour de la transhumance»
Jusqu’à la seconde guerre mondiale, les anciens faisaient du maïs et des pommes de terre sur ces terrasses à une heure de marche du village.
Aujourd’hui ce sont des zones de pacage utilisées au printemps et en automne au retour de la transhumance.
Le premier samedi de juin, Philippe Lacube monte les troupeaux à Beille; «l’estive de Beille accueille chaque année pendant quatre mois sur 1 300 hectares, 350 vaches, 100 brebis et 40 chevaux de mérens, le tout sous la responsabilité d’un pâtre et d’un vacher salarié.
Quand on redescend c’est pour rentrer à l’étable et y passer l’hiver… il faut pouvoir nourrir les bêtes à raison de 6 boules de foins par jour pendant quatre mois… c’est pour cette raison qu’on les fait tirer l’automne sur les estives quand la météo le permet»
Une balade familiale accessible à tous, commentée par un éleveur qui fait partager sa passion pour son métier.
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