Jacques Hato est éleveur bovin viande sur la commune de Raissac en pays des Pyrénées Cathares. Il a décidé de s’orienter vers la vente directe et il y a une douzaine d’années lorsqu’il a fallu changer le matériel de fenaison il a fait le choix de faire intervenir une entreprise de travaux agricoles afin de réduire ses coûts de mécanisation.
L’entreprise Rivière de Malléon s’occupe de tous les travaux de fenaison sur 45 hectares, de la fauche, au fanage, en passant par la réalisation d’andains, le pressage de balles rondes et leur stockage.
«Nous sommes en zone de montagne et nous avons choisi de faire des animaux en vente directe. Le poste le plus coûteux c’est l’engraissement quand les animaux arrivent à l’étable. Aussi il faut que toutes les opérations en amont reviennent le moins cher possible […]
Nous faisons appel à des professionnels pour les terrains mécanisables (soit 45 Ha) qui réalisent une seule coupe d’herbe, les repousses sont consommées par les vaches. Nous avons calculé avec le technicien de la chambre d’agriculture que cette opération revenait à 180€/Ha soit 5% de frais de mécanisation»
Outre les économies d’argent, il réalise aussi un gain de temps non négligeable car autrefois il fallait plus d’un mois à notre agriculteur pour réaliser sa fenaison, alors qu’aujourd’hui tout est fini en une semaine à peine.
«Le seul inconvénient de ce système, poursuit l’éleveur en toute lucidité, c’est qu’il ne faut pas se tromper d’été.
L’affourragement des vaches dure du mois de novembre au mois d’avril et en une semaine de foin on joue sur toute notre saison d’hiver… inutile de dire que l’on regarde de près la météo et que l’on s’appelle plusieurs fois par jour avec Serge Lagarde.
Le foin c’est notre principale source de nourriture pour les animaux, il nous faut du bon foin pour faire de la bonne viande !»
Bien produire et bien vendre c’est le cœur de métier de Jacques Hato, entre les deux il fait appel à des professionnels, l’agriculteur reconnait avec un brin d’humour ne pas être un «adepte de la course aux armements»
Quand on sait qu’une presse pour balles rondes (ou rombaleur) revient à 20 000€, une faucheuse, une faneuse et un andaineur, 10 000€ chacun, sans parler du tracteur, au bas mot, 60 000€… beaucoup de charges souvent difficilement amortissables.
Il y a certes la possibilité d’adhérer à une Cuma et de partager avec plusieurs agriculteurs d’un même territoire tous ces frais mais le premier voisin de Jacques Hato est à 10 kilomètres… autant dire le bout du monde!
Avant de se lancer dans des investissements de plus en plus onéreux, beaucoup d’agriculteurs passent par le service de Ludovic Dedieu à la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.
Ce conseiller machinisme fait des analyses de charges de mécanisation sur les exploitations et suit les agriculteurs en contrat avec la chambre consulaire.
«Nous étudions comment rationnaliser le mieux les investissements: achat individuel, en copropriété, en Cuma, inter-entreprise…
Pour Jacques Hato nous avons réalisé un diagnostic de charges de mécanisations. Son cœur de métier c’est l’élevage et la valorisation de ses produits, la fenaison est importante pour l’alimentation de son bétail et il a eu la chance de trouver une entreprise sérieuse sur son secteur.
La charge moyenne est de 250€ par UGB (unité gros bétail), ici on est à 170€, il réalise donc 80€ d’économie et se libère un temps de travail important… de quoi le conforter dans sa stratégie»
Une stratégie innovante qui porte ses fruits.
Pour en savoir plus, Ludovic Dedieu conseiller machinisme: 05 61 02 14 15
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