Le Border Collie, un auxiliaire précieux dans le travail de l'éleveur
14/01/2013 | 12:23
© MidiNews 2013

Franck Watts, éleveur dans le Séronais, est président de l’APCBA (association pour la promotion du chien de berger dans l’Ariège), une association qui compte une trentaine de membres, des éleveurs (ovins, caprins, bovins) et des bergers d’estives convaincus que le chien est le meilleur ami de l’homme dans l’exercice de leur profession.

Loin des GPS et autres moyens technologiques, rien ne vaut un chien dressé et efficace pour travailler sur un troupeau.

Aussi en cette période hivernale, ces professionnels prennent l’habitude de se rencontrer une fois par mois afin de confronter leur expérience, entrainer mutuellement leurs chiens sur le troupeau.

Une véritable discipline, spectaculaire dans la fusion du chien et de son maitre. «C’est mon meilleur outil de travail, explique Franck. Le Border est présent en élevage car il a bénéficié d’un gros travail de sélection génétique sur des lignées de chiens de troupeaux.

Cette race est connue pour avoir des aptitudes au troupeau qui sont prouvées mais le dressage n’est jamais terminé, on peut toujours apprendre quelque chose à son chien
»

Outre l’allègement de la pénibilité du travail de l’éleveur, l’utilisation d’un chien de troupeau permet de limiter les risques lors de la manipulation des animaux, le tri, le changement de parcelle.

De plus, il donne l’alarme en cas de danger car 90% des attaques de troupeaux en plein air sont dus aux chiens errants, aux renards ou corbeaux.

Pour que le binôme de travail soit efficace, «l’éleveur dans un premier temps doit éveiller l’instinct de son jeune chien de façon à se faire plaisir dans le travail sur un troupeau, il doit aussi accepter que ce soit en présence de son maitre» comme l’explique Thierry le Morzadec, formateur et membre de l’association.

Le relationnel s’installe petit à petit, le dressage doit s’accompagner de mots sur ce que le chien fait naturellement: apprentissage de contournement par la droite, par la gauche, l’arrêt.

«Il faut considérer le chien comme un véritable partenaire pour obtenir le meilleur. Il faut commencer par s’assurer de l’écoute du chien quelle que soit la situation et avoir une réponse au comportement du chien»

Selon Thierry, le Border a des prédispositions et des aptitudes naturelles pour un dressage facile.

C’est sur un lot d’une vingtaine de bêtes que Gwenn, berger, et Dusty, son Border de 4 ans, travaillent à présent.

Nous l’avions rencontré au début de sa formation aux côtés de Jean Bénazet sur l’estive de Pouilh. Installé depuis six ans comme pâtre, le jeune homme a l’habitude de garder entre 1500 et 1700 brebis.

Dusty, c’est le fruit d’une rencontre avec ce chien qui l’accompagne bien dans son travail «en fonction de sa personnalité, du territoire, de la qualité des bêtes… si je suis ici c’est pour confirmer un peu ma façon de faire avec le chien, améliorer nos relations, il faut que le travail se fasse naturellement»

Approche en douceur du troupeau, positionnement du binôme et demi-cercles autour du lot jusqu’à la prise de contact entre le chien et les moutons… chacun en va de son conseil, de ses recommandations.

L’objectif à terme, un chien dont l’autorité est reconnue pour le troupeau, qu’il puisse exercer sa force à l’arrière tandis que l’éleveur conduit les bêtes à la tête. Un travail d’une redoutable efficacité.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 14/01/2013 | 12:23 | Lu: 5817 fois