Percer les mystères de la vie du sol, «l'avenir de l'agriculture» ?
10/07/2012 | 18:58
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Emmanuel Chemineau est ingénieur en agriculture. Formateur en agroécologie, il accueille cette semaine dans sa propre ferme (à Canté) un stage sur un thème qui lui tient particulièrement à cœur: la vie du sol vivant et donc, toutes les techniques agricoles qui la respectent.

Car ces connaissances n’ont pas vocation à rester dans les livres ou les notes d’un cahier. Et selon cette vision des choses, l’agriculteur a les moyens de se transformer en une sorte de biologiste éclairé, qui doit prendre le pouls de son environnement afin de prendre les bonnes décisions.

«Cette vie du sol est la base de la fertilité. La respecter implique tout un tas de choix techniques» explique Emmanuel Chemineau devant une rangée de tomates et de haricots verts.

Le principe est simple: s’inspirer des écosystèmes naturels pour ramener leurs principes à l’agriculture, «ce sont des phénomènes naturels que l’on maîtrise ou que l’on oriente pour notre travail»

Le sol n’est alors plus un simple support, c’est la base de tout.

Concrètement? Autant dans sa façon de gérer les cultures que de choisir ses outils de travail, Emmanuel Chemineau parle d’un travail de la terre «superficiel» Il va même jusqu’à insister sur le «non travail du sol»

Le comble pour un agriculteur?!

Pas du tout répond l’ingénieur, «quand on regarde comment fonctionne un sol de façon agronomique et biologique, on s’aperçoit qu’un certain nombre d’interventions peuvent bloquer les choses. L’idée, c’est vraiment d’y toucher le moins possible»

Pour ne pas par exemple, rompre les couches horizontales qui constituent le sol.

Concrètement, les techniques utilisées peuvent être des «couvertures permanentes» (on laisse toujours une culture sur le sol, dans la rotation des cultures), «il y a différentes essences qui sont intéressantes car elles poussent rapidement et ont besoin de peu. Elles vont occuper la surface, limiter les herbes spontanées, et travailler le sol pour nous par la capacité de leurs racines»

Autre technique: le «paillage» qui «protège le sol de l’érosion, amène de la matière carbonée, limite les pertes d’eau par évaporation, permet de mieux gérer les herbes spontanées, et protège la faune du sol»

Aujourd’hui, Emmanuel Chemineau souhaite transmettre des connaissances qu’il applique depuis 8 ans sur ses propres terres, «c’est un travail différent, qui demande beaucoup d’observation et un changement d’état d’esprit.

Pour moi, c’est l’avenir de l’agriculture !
»

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 10/07/2012 | 18:58 | Lu: 13778 fois