Samedi matin, les éleveurs de la vallée du Crieu se sont donnés rendez-vous chez Christian Derramond, éleveur à Saint Félix de Rieutord, pour la traditionnelle tonte de ses 2000 brebis.
Un passage obligatoire pour les animaux qui pour des raisons sanitaires (parasites, maladies) vont s’alléger de leurs toisons d’hiver avant la montée en estive.
Plus qu’une tradition, un moment de convivialité partagée. Autrefois pratiquée par le berger à l’aide de forces (grandes cisailles), la tonte des moutons est devenue aujourd’hui un métier à part entière surtout dans les élevages extensifs.
Les hostilités ont débuté aux alentours de 7h du matin et très vite une forte odeur de suint mélangée à l’ammoniaque et à l’humidité ambiante prend au gosier alors qu’une douzaine de gaillards (des voisins, des adhérents de la Cuma) s’activent et s’invectivent gentiment, chacun concentré sur sa tâche: du parc de tri aux tondeurs, chacun veille à la bonne circulation des animaux qui sont manipulés en évitant le plus possible le stress.
Marco, Emmanuel, Timoléon et deux de leurs camarades ont installé un plancher de bois et leurs tondeuses électriques dans la bergerie.
Ils ont enfilé des chaussons en peau pour une meilleure adhérence et les bêtes défilent entre leurs mains expertes.
Preuve que l’on peut tondre vite et bien, c’est au rythme d’un animal tondu toute les trois minutes (et bien moins pour certains) que ces professionnels procèdent à cet étrange rituel: «nous utilisons la technique néo-zélandaise, l’animal est tenu puis roulé entre les jambes, la main gauche tend la peau alors que la main droite joue de la tondeuse dans un ordre précis car au final la toison doit se détacher en une seule pièce…
Il ne faut pas forcer, c’est un savant dosage entre douceur et rapidité que l’on acquiert après des années de pratique» explique Marco, tondeur professionnel depuis une dizaine d’années et éleveur à St Paul de Jarrat.
Toutes les vingt brebis, les tondeurs changent les lames de leur tête de tonte, donnent un coup de burette d’huile car les toisons sont sèches et épaisses, puis reprennent la cadence: «en une heure et demi on a passé 200 brebis, on mérite bientôt une pause !» glisse Marco en nage.
La laine est récupérée dans des sacs de jute, elle sera envoyée à la coopérative pour faire des matelas ou de la laine à tricoter selon sa qualité.
Après le coiffeur, séance manucure pour la plupart des animaux: «nous utilisons pour le parage des onglons un sécateur électrique de vigneron, c’est indolore mais indispensable pour éviter les infections»
Une fois bichonné, le premier contingent de brebis se précipite à l’extérieur dès que l’on ouvre les portes de la bergerie sous la conduite du border colley.
Pour les hommes, c’est l’heure de la pause café dans la cour de l’exploitation agricole: charcuteries, vin rouge, gâteaux pour donner des forces aux travailleurs.
La maîtresse de maison veille que chacun ne manque de rien. A midi elle accueillera à sa table une trentaine de personnes autour d’une Mounjetado, un cassoulet ariégeois roboratif mijoté depuis la veille.
- Ariège: plus de la moitié des isards décimés par la maladie?
- Le collectif «On veut pas la boucler» contre le puçage électronique des animaux
- Elections à la Chambre d'agriculture: la liste d'union FDSEA/JA en tête
- Saison 2012-2013: tableau de chasse historique en Ariège
- Expérimentation à l'estive du Prat d'Albis: les animaux bientôt tracés par GPS
- L'agneau noir Suffolk: des prés salés du Mont St Michel aux prairies de Basse-Ariège
- Safer et communauté de communes de Pamiers: pour une maîtrise générale de l'emprise foncière sur...
- Les petits Ariégeois posent un autre regard sur la Biodiversité
- Montgailhard: l'AMAP «Les paniers du Pic» tisse sa toile sur internet
- Quand la gestion des rivières associe l'insertion professionnelle
- Elections à la Chambre d'Agriculture de l'Ariège: les candidats en campagne
- Le Border Collie, un auxiliaire précieux dans le travail de l'éleveur

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





