L'organisation de l'équarrissage, un réel problème pour les éleveurs ariégeois
30/03/2012 | 20:10
© MidiNews 2012

L’affaire de la vache folle, le plus gros scandale alimentaire des vingt dernières années, qui a conduit à l’interdiction des farines animales en France et dans l’Union Européenne, a permis d’intensifier les contrôles sanitaires.

Depuis 2005 et face à l’évolution favorable de la situation des troupeaux, l’Etat a entamé une réforme de l’équarrissage visant à rationaliser et à limiter son coût.

Le périmètre de l’action du service public s’est donc progressivement réduit: libéralisation des déchets d’abattoirs le 1er octobre 2005, des déchets de boucherie et d’ateliers de découpe le 1er janvier 2006 et enfin en 2009 la libéralisation du service public de l’équarrissage.

Aujourd’hui, les éleveurs français sont donc directement responsables de l’équarrissage de leurs animaux morts.

Afin d’assurer le niveau optimal de la garantie sanitaire, l’art. L.226-3 du code rural dispose que «les éleveurs devront être en mesure de présenter à tout moment les documents attestant qu’ils ont conclu un contrat leur garantissant, pendant une période d’au moins un an, l’enlèvement et le traitement d’animaux morts dans leur exploitation ou de justifier qu’ils disposent d’un outil de traitement agréé»

Les équarisseurs (il sont trois en France à se partager le marché) sont notamment tenus par la loi de collecter les cadavres dans un délai de deux jours francs après réception de la déclaration du propriétaire ou détenteur.

De leur côté, les organisations interprofessionnelles se sont organisées pour contribuer au financement des services d’équarrissage dans les différentes filières (ruminants, palmipèdes gras, lapins et poules pondeuses… seuls les éleveurs équins qui n’ont pas trouvé d’accord interprofessionnel sont obligés de régler l’intégralité de la facture, qui peut monter jusqu’à 400 €).

La profession, à travers la taxe d’abattage et la CVO (cotisation volontaire obligatoire) payées par tous les éleveurs de ruminants, permet de financer directement l’équarrissage des animaux morts.

Le département de l’Ariège comptait il y a 50 ans près de 80 équarrisseurs; à l’époque on récupérait tout, des sabots au cuir en passant par les cornes pour le transformer.

Aujourd’hui et après l’affaire de la vache folle où parler de valorisation devient presque un gros mot, les éleveurs doivent faire appel à une entreprise spécialisée basée dans le Tarn.

Une entreprise privée qui, pour rentabiliser les coûts d’enlèvement des cadavres, veille à rationnaliser ses tournées.

Si bien que les éleveurs sont régulièrement obligés de garder plusieurs jours à la porte de leur étable les animaux morts, avec tous les problèmes sanitaire que cela peut engendrer.

Au mois de février suite aux importantes chutes de neige et à la mise en place de barrières de dégel dans le département, les tournées de l’entreprise d’équarrissage ont enregistré trois semaines de retard!

Une véritable crise à gérer pour les éleveurs ariégeois qui s’interrogent sur la meilleure manière d’organiser l’équarrissage: «dans certains pays on ne se pose pas autant de questions !» réagit Hervé Péloffi, éleveur et président de la FDSEA, qui pointe du doigt le désengagement des pouvoirs publics et l’éternel principe de précaution qui s’oppose à la logique de valorisation des carcasses.

«Après tout, on a accepté les vautours, on subit leurs attaques sur nos estives, pourquoi ne pas organiser des places de nourrissage en montagne pour les petits ruminants ?»

Autant de questions posées par le monde agricole qui, après la fièvre catarrhale ovine et la menace du virus de Schmallenberg, accepterait mal de nouveaux risques sanitaires.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 30/03/2012 | 20:10 | Lu: 20485 fois