La FRAB (est la Fédération Régionale des Agriculteurs Biologiques )a tenu son assemblée générale à Pamiers.
Un débat autour de l’agriculture biologique a été organisé pour l’occasion, en présence des représentants locaux de différents partis politiques (Front de Gauche, Europe Ecologie, PS).
Alors quel est le regard de ces agriculteurs (beaucoup préfèrent le terme «paysans») sur le développement du Bio?
A l’heure où l’on ne parle que de ça, tout ne semble pas si simple.
Même si l’Ariège est quand même bien placée en la matière. «On est le premier département de Midi-Pyrénées en pourcentage de surfaces agricoles utiles: c’est à dire 13% en bio.
Il y a plus de 300 paysans en bio» résume Frédéric Cluzon, président du Civam bio 09 (une association ariégeoise de producteurs).
Pourtant cette expansion ne se fait pas sans quelques questionnements existentiels.
Thomas Faure, maraîcher en Haute-Garonne et président de la FRAB, explique: «dans les années 60, des pionniers (même des résistants!) ont développé l’agriculture biologique, en marge du développement global de l’agriculture. Les nouvelles générations s’appuient sur leur travail»
Et maintenant que l’agriculture a le vent en poupe? «On est un peu dans une crise de croissance: qu’est ce que ça va devenir maintenant?
Est ce qu’on va pouvoir rester sur les valeurs qui ont fondé ce mouvement? Ce sont des valeurs agricoles mais aussi environnementales et sociales.
Nous n’abordons pas l’agriculture comme un filière et une démarche purement commerciale»
On l’a bien compris, en se développant, l’agriculture biologique ne veut pas perde son âme.
«Comment ce développement peut-il être durable ?» questionne Thomas Faure.
Devant l’essor du «local», il n’y a pas de compromis possible. Et ces agriculteurs continuent de défendre des produits de qualité et un cahier des charges rigoureux.
Et selon Thomas Faure, «l’agriculture biologique que l’on veut développer est obligatoirement locale»
Pour la développer encore, François Calvet, agriculteur à Lacave et élu régional pour Europe Ecologie Les Verts, insiste sur le partage des connaissances: «de nombreux agriculteurs se demandent comment utiliser moins de produits phytosanitaires et d’engrais.
En Ariège par exemple, il y a eu un bond des conversions. Reste à accompagner toutes ces démarches»
Autre problématique: permettre à de nouveaux agriculteurs de s’installer «plus de 80% des nouveaux veulent d’installer en bio. C’est une chance pour les territoires. Le travail sur la recherche et le passage de connaissances sera essentiel»
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