Depuis le 21 mars, l’ONF mène un chantier exemplaire en partenariat avec la commune de Bélesta.
En effet, la mairie a confié à l’établissement public la totalité de l’exploitation d’une sapinière dépérissante, du marquage à l’abattage en passant par la vente.
Si les missions régaliennes de l’Office National des Forêts ne consistaient jusqu’à présent qu’à «la gestion durable des forêts publiques françaises», la loi a étendu ses prérogatives lui permettant d’intervenir dans un spectre élargi.
«Nous avons la maîtrise d’œuvre de la totalité du chantier, explique Jean-François Perarnaud, agent patrimonial ONF.
Nous réalisons le travail d’exploitation, de commercialisation du bois et de gestion comptable.
Ainsi après avoir payé les entreprises et les frais de maîtrise d’œuvre, nous reversons la différence à la commune propriétaire de la parcelle»
Au préalable, les agents ont repéré les sapins dépérissants (ceux qui avaient moins de deux ans de survie), avant de les marquer et de faire intervenir l’entreprise de travail forestier Ribeiro Luis et frère qui a décroché l’appel d’offres.
Rien n’est fait au hasard, ce prélèvement d’urgence est guidé par l’état sanitaire du sapin sur la chaîne des Pyrénées et plus particulièrement sur la forêt de Bélesta suite à la canicule de 2003 et au réchauffement climatique.
En 2011, les équipes de l’ONF ont quadrillé la forêt pour marteler les arbres menacés: «c’est un protocole européen qui tient compte du jaunissement des aiguilles ou du dessèchement du pied qui nous guide dans ces prélèvements d’urgence.
Plusieurs parcelles sont concernées, nous intervenons avant que ces arbres ne perdent leur qualité mécanique.
Ne seront prélevés que les 532 sapins préalablement inventoriés, soit 1200 cubes.
Nous les trions ensuite par catégories: le bois de qualité sciage destiné à la menuiserie et à la charpente (les grumes sont sans défaut, rectilignes) et le bois destiné à la caisserie, l’emballage ou la pâte à papier (caractérisé par des nœuds larges), enfin, les pointes (ou surbilles) vendues pour un euro symbolique»
En amont, l’ONF à trouvé un client potentiellement intéressé par ce lot de bois avec qui elle a négocié le prix au plus près des intérêts de la commune.
La variation du coût de l’exploitation d’une parcelle dépend de nombreux paramètres, notamment de l’éloignement de la desserte des parcelles exploitées (au-delà de 800 m de débardage, il y a un seuil de rentabilité) du volume exploité à l’hectare (le seuil plancher est de 50 m3 par hectare, au-dessus il y a surcoût) ou des conditions de débuscage (elles doivent être inférieures à 100m).
L’opération de débuscage permet au tracteur forestier de débardage -capable de porter une charge de 10 tonnes, soit 3 grosses grumes- de travailler au milieu de la parcelle, il plante son tablier dans la pente et le chauffeur tire les câbles qu’il fixe aux grumes avant de leur faire dévaler la pente.
Des professionnels qui avant cela auront pris soin de mesurer les grumes: «ils sont payés en fonction du volume sorti» ajoute l’agent de l’ONF.
C’est sur l’aire de Venclaret que l’équipe des bûcherons-débardeurs ont installé le parc à bois où ils effectuent le tri de la récolte.
Il y a quelques jours à peine, l’accès à la parcelle communale était inaccessible car des chablis jonchaient le sol: «ce sont les vestiges des derniers coups de vent, des arbres provenant des parcelles privées mais sur lesquelles on ne peut pas intervenir sans autorisation […]
Sur ces trois parcelles, nous avons une dizaine d’ayants-droit différents et c’est à nous de recueillir les autorisations pour couper le bois et continuer notre travail en amont [...]
Le morcellement de la propriété forestière privée constitue souvent un réel souci quand on veut exploiter la forêt en Ariège»
La forêt communale de Bélesta se déploie sur 266 hectares dont 130 de sapinières.
Une sapinière exposée au sud dont les arbres subissent un important stress hydrique auquel s’ajoute un ensoleillement permanent.
Depuis plusieurs années, le réchauffement climatique influe sur la végétation: le sapin pectiné est peu à peu remplacé par le chêne vert.
Des changements climatiques inquiétants, si bien que l’Institut pour le Développement Forestier (IDF) ayant pour mission l’observation scientifique de la forêt a inventorié deux zones et martelé plus de 200 arbres en forêt de Bélesta.
Ces zones prédéfinies par positionnement GPS (elles ne tiennent pas compte des propriétaires) sont étudiées de près car il s’agit là de l’avenir du sapin sur la chaîne Pyrénéenne.
| Réchauffement climatique Selon une étude parue la semaine dernière sur le site du ministère de l’Ecologie, les jours de canicule pourraient doubler voire quadrupler sur la période 2021-2050, dans la quart sud-ouest de la France, et les jours de neige diminuer de moitié sur le massif central. Les collectivités et entreprises sont donc invitées à s’adapter. C’est le fruit d’un important travail de recherche scientifique permettant d’apprécier localement le réchauffement climatique. Il est basé sur les travaux du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et propose trois scénarios de réchauffement: une hausse de 1,4 à 1,9 degré des températures d’ici la fin du siècle pour le plus optimiste, de 2,2 à 2,7 degrés pour le plus mitigé et de 2,9 à 3,5 degrés pour la vision la plus pessimiste. Pour la seule période 2012-2050, la période caniculaire dans le Sud-Ouest devrait passer de 8 à 32 jours. A méditer... Voir la publication intégrale de cette étude sur: http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=27279 |
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