La dernière AG des éleveurs de l’association des Transhumances en Couserans l’a confirmé sans appel: les transhumances en Biros n’auront pas lieu cette année.
Interrogé par ses camarades, Michel Estremé, patron des transhumances en Biros tente de relativiser la situation «c’est transitoire, il n’y a rien de définitif.
Nous avons bon espoir de les reconduire dès l’année prochaine si tout se passe bien, on y réfléchit»
Un coup dur assurément quand on sait que les transhumances en Biros sont celles dont le pouvoir d’attraction est le plus fort.
Pour autant, tempère Simon Lompède, co-président des transhumances, «les trois autres auront bien lieu, c’est ça qu’il faut retenir et faire savoir !»
Et même, avec le forfait du Biros, il est fort à parier avec lui «que les autres auront par contrecoup davantage de monde»
Celles en Pays Massatois auront lieu les 2 et 3 juin 2012, en Bethmale ce sera aux mêmes dates et celles du Haut-Salat auront lieu les 8, 9 et 10 juin.
Bilan des réalisations de l’an passé pour en tirer les conséquences sur l’organisation des prochaines.
Car malgré la pluie l’édition 2011 a vu sa fréquentation augmenter sensiblement tel qu’en attestent les chiffres des repas payants consommés ; plus de 400 à Massat, 500 à Seix et près de 700 en Biros.
Avec du coup les craintes qui, comme à chaque fois, réapparaissent, tant la logistique face à cet afflux sans cesse croissant devient plus lourde «à force on va plus pouvoir gérer.
Aujourd’hui entre les voitures et les gens qui suivent, c’est à peine si on voit les brebis», dira cet éleveur.
Une situation qui fera dire à Simon Lompède, avec l’assentiment des membres de l’assemblée «aujourd’hui on a l’impression de transhumer davantage les touristes»
Avec un budget qui se maintient difficilement à hauteur de 16 000€, face à la baisse des subventions, ces questions parallèles prennent de plus ne plus de place même si confirme le trésorier, Jean-Michel Morère, la situation financière de l’association est saine.
La logistique, de l’organisation des parcours, de la réservation à la confection des repas sans oublier les questions de sécurité et d’encadrement toujours plus prégnantes avec le nombre grandissant de personnes, ou ne serait-ce que la communication, les routes de l’estive se complexifient.
«Ça n’est pas notre métier», rajoute Simon Lompède d’autant qu’il faut réserver le meilleur accueil au public, l’informer voire le sensibiliser.
De métier justement il aura été fortement question avec en filigrane le devenir même des transhumances.
Intégrées dans le programme du PNR des Pyrénées partagées, les transhumances sont l’un des vecteurs de ce tourisme de proximité, représentatif de traditions locales, très prisé du grand public et des opérateurs qui surfent sur la vague, tandis que les éleveurs devenus des guides touristiques peinent à s’y retrouver et ont le sentiment d’en supporter toutes les contraintes.
Face à toutes ces interrogations d’une profession dont le malaise est perceptible, décision a été prise d’engager une réflexion sur l’avenir des transhumances.
Portée par la Fédération Pastorale, en partenariat avec le PNR, le Pays Couserans, la chambre d’agriculture, une étude doit être menée avec l’accompagnement d’un cabinet spécialisé.
Associant également les opérateurs privés (hébergeurs et restaurateurs, notamment) elle doit poser les bases de développements nouveaux voire innovants (avec des produits labélisés par exemple) à même de clarifier les rôles de chacun, leurs relations et d’asseoir une pérennisation harmonieuse des transhumances, dans lesquelles les éleveurs qui font la démarche de participer seraient valorisés à leur juste part.
Si tout se passe bien…pour reprendre l’expression de Michel Estremé.
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