Cabane pastorale: la douche et un minimum de confort pour la bergère
02/07/2012 | 19:35
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Deux bungalows à 2000 mètres d’altitude.

Voila une image peu courante sur les hautes sphères de la Haute-Ariège. Mais pas de panique: ils servent juste de camp de base aux maçons qui se sont attaqués à la construction d’une nouvelle cabane pastorale sur l’estive de l’Esteil (au dessus de Mérens les Vals).

Améliorer le quotidien des bergers


Pour le moment, la bergère, du haut de ses 24 ans, a des dizaines de brebis sous sa responsabilité, se lève à 4h du matin, et dort... sous une tente. Seul réconfort: ce devrait être son dernier été à passer sans un abri en dur.

Les années précédentes, la mairie avait fait installer une yourte. Puis ce projet de cabane a vu le jour. Et les financements ont été réunis pour assurer les quelques 180 000€ de travaux nécessaires (90 700€ financés par l’Europe, 54 000€ par le Conseil général et 36 000€ par la commune)

Des démarches comparables ont vu le jour un peu partout dans les Pyrénées ariégeoises. «C’est un programme sur 2007-2013» explique Léa Kwiatkowsky (animatrice pastorale), «même à 2000 mètres d’altitude, on se doit d’être en conformité avec le droit du travail !»

Il y a au total 16 projets de cabanes en Ariège, dont 4 actuellement en chantier (2 dans le Couserans et 2 en Haute-Ariège).

Au delà des questions techniques, l’enjeu est bien de protéger une profession et une transhumance de qualité, «l’idée est vraiment de pouvoir conforter ces postes de gardiennages. C’est un métier qui est déjà très dur...»

Un minimum de confort, à 2000 mètres d’altitude

Que les vieux de la vielle se rassurent: il ne s’agit pas de construire un jacuzzi ou un palace en pleine montagne. Mais on est aussi bien loin des orris de pierre qui abritaient les bergers autrefois.

Sébastien Cubaynes (à la tête de l’entreprise Sicre Frères) mène un chantier délicat où il faut penser à tout: au matériel, au nombre de rotations en hélicoptère (menés par l’entreprise HDF), et aussi à la logistique pour ses salariés qui travaillent là haut du lundi au jeudi.

Pour eux, il a fait monter un bungalow, «pour avoir des conditions de travail correctes»

Et il souhaite la même chose à celui ou celle qui aura la dure tâche de garder le troupeau pendant 4 ou 5 mois, «la bergère se lève à 4h du matin et travaille jusqu’au soir. C’est bien normal de pouvoir prendre une douche après une journée de travail...»

«Cette cabane sera relativement bien équipée: avec toilettes sèches, douche, lavabo, un lieu de vie équipé d’un poêle, trois couchages» poursuit Joël Soum, architecte.

L’eau arrivera grâce à un captage. Et le berger aura même droit à une prise pour recharger son téléphone portable grâce à quelques panneaux photovoltaïques.

«Ces évolutions émanent d’une vraie demande de la part des bergers» conclue Léa Kwiatkowsky «on sent que c’est la fin d’une génération. Et on profite de cette dynamique pour équiper les estives»

D’ici l’été prochain, la cabane de l’estive d’Esteil devrait être sur pied.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 02/07/2012 | 19:35 | Lu: 29548 fois