Epandage aérien de pesticides: une demande de dérogation qui fait débat en Ariège
11/07/2012 | 18:39
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Des demandes d’épandages aériens d’insecticides ont été transmises à la Préfecture de l’Ariège.

Elles concernent des parcelles de maïs à Bonnac, Rieucros, et au Vernet d’Ariège. L’arrêté préfectoral n’a pas été encore publié. Mais déjà, certains élus lèvent les boucliers et s’insurgent contre une pratique interdite, mais qui peut être utilisée suite à une dérogation.

Concrètement, il s’agit d’autoriser des hélicoptères (ou avions) à survoler les champs pour y déverser des produits phytosanitaires par les airs.

«Tout le monde va en prendre plein la figure !» se désole aujourd’hui l’élu régional Vert François Calvet, qui a écrit au Préfet de l’Ariège pour lui faire part de son inquiétude.

Aujourd’hui, il tient à insister (tant que rien n’est définitif) «ces demandes de dérogations peuvent être consultées jusqu’au 15 juillet, et un registre est mis à disposition des citoyens pour qu’ils donnent leur avis» (à la direction départementale des territoires, 10 rue des Salenques à Foix)

Selon celui qui est aussi agriculteur, les insecticides concernés sont «des toxiques puissants, même à très faibles doses», ajoutant que ces épandages aériens «entraînent une dispersion importante des pesticides utilisés» exposant «les habitants voisins, et les enfants notamment»

Pour ces détracteurs, le problème de l’épandage est qu’il touche souvent au delà de sa cible initiale.

L’épineux problème de la mortalité des abeilles est donc aussi sous-jacent, «les populations d'abeilles déjà fortement impactées par les divers polluants présents dans l'air»

Dominique Pons (responsable région pour la coopérative «Arterris», qui a fait les demandes d’épandages) a évidemment un tout autre discours.

Il invoque «la protection des végétaux», «lorsque quelqu’un est malade, on l’amène chez le médecin. Lorsqu’un animal est malade, on va chez les vétérinaires. Nous nous inscrivons dans cette logique là»

Il s’agit de «répondre à un problème parasitaire, car la pyrale (sorte de papillon) pond sur le maïs et ses larves détruisent la tige. Va-t-on accepter de laisser mourir les plantes et de laisser fondre le revenu des agriculteurs comme neige au soleil ?»

Pourquoi de l’épandage aérien? «Le maïs concerné mesure près de 2 mètres, et on ne peut pas y passer en tracteur»

Il insiste, «très peu d’hectares sont concernés comparé au territoire ariégeois. C’est une proportion infime. De plus, on ne passe pas proche des habitations. Vous avez déjà vu un champs de maïs intra-muros ?!»

Reste que pour François Calvet, ces traitements sont «d’un autre âge» et que «de nombreuses alternatives existent et sont pratiquées par un grand nombre d’agriculteurs respectueux des habitants et des écosystèmes»


Que dit la loi sur les épandages aériens?

Il y a plusieurs textes.

D’abord une directive européenne de 2009 qui interdit totalement l’épandage de pesticides par voie aérienne (par avion ou par hélicoptère).

La loi Grenelle en fait de même.

Mais en France, un arrêté (datant de 2011) autorise les préfets à accorder des dérogations, qui se révèlent très nombreuses (plus de 800 en 2011 selon plusieurs associations de défense de l’environnement).
actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 11/07/2012 | 18:39 | Lu: 20207 fois