Difficile, quand on a une exploitation agricole, de prendre les voiles pour pouvoir souffler un peu dans l’année.
Pourtant, depuis les années 70, les agriculteurs se sont organisés collectivement en créant des «services de remplacement»
Ils ne servent d’ailleurs pas que pour les congés, mais aussi en cas de maternité, paternité, formation, ou problèmes de santé.
C’est en 1976 qu’un tel service a vu le jour en Ariège. Et aujourd’hui, 1/3 des remplacements permettent à des agriculteurs de prendre des vacances.
Le mois d’août, un pic pour les congés des agriculteurs
Gracianne Gastou effectue des remplacements depuis un an.
Cet été, elle va enchaîner des missions chez des agriculteurs partis en vacances, «il faut savoir s’adapter mais c’est très enrichissant car on voit différents modes de fonctionnement. [...] On a aussi tendance a revenir chez ceux avec qui ça s’est bien passé. Donc au bout d’un moment, on connaît les lieux»
Le fonctionnement du système est assez simple. Il s’agit de proposer aux agriculteurs qui s’absentent des salariés «agents de remplacement». Le service de remplacement est l’employeur de l’agent (qu’il rémunère).
Et il se charge de l’ensemble des formalités administratives puis facture les frais de remplacement à l’agriculteur (diminués d’éventuelles aides financières).
«Nous avons 5 (et bientôt 6) salariés en CDI au sein du service» note Rodolphe Houles (le directeur), «mais nous avons au total sur l’année plus d’une centaine de personnes de passage»
Environ 300 agriculteurs adhèrent au système en Ariège, «soit seulement 20% des exploitations»
«La solidarité fonctionne encore assez bien ici, avec des exploitations qui restent encore familiales» avance le directeur pour expliquer en partie ce chiffre.
«Trouver quelqu’un de confiance»
Le coût du remplacement peut aussi être frein (même s’il existe un crédit d’impôt pour les congés).
Christian Lavigne a une exploitation laitière à proximité de Pamiers.
Cette été au mois d’août, pour la deuxième année consécutive, il a décidé de s’accorder une courte pause, «c’est surtout depuis qu’il y a les petits, pour en profiter un peu»
Pour lui, le principal frein n’est pas forcément le motif économique, «c’est plus de trouver quelqu’un de compétent à qui on peut faire confiance. Car dans l’élevage, on travaille sur du vivant. Il y a des choses à gérer tous les jours. Et on a pas droit à l’erreur»
Enfin, qu’ils soient en élevage, en production laitière, ou en culture de céréales, les agriculteurs n’ont pas les mêmes impératifs, et plus ou moins de périodes creuses dans l’année.
«Il faut mieux faire connaître le service» conclut Rodolphe Houles, «certaines personnes ont encore une mauvaise image.
Pourtant, la main d’œuvre est de plus en plus professionnalisée. Et les agriculteurs peuvent aussi proposer quelqu’un de leur choix»
Les chiffres sont en tout cas encourageants (sous l’effet du crédit d’impôt accordé en 2006)
En 2006, 258 jours de remplacement pour congés ont été pris par les agriculteurs ariégeois. 1574 en 2010. C’est 6 fois plus.
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