Enfin un vrai label pour le vin biologique ariégeois
24/08/2012 | 18:04
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Philippe Babin, viticulteur à Vira et producteur de vin biologique depuis les années 2000, a laissé son béret au vestiaire.

Il doit étiqueter en urgence 28 000 bouteilles de son précieux nectar.

Des étiquettes qu’il attendait avec impatience, elles sont le fruit d’un long combat avec la communauté européenne pour faire reconnaître le cahier des charges des vins biologiques et leur attribuer le précieux logo (une feuille verte en étoile): «vin bio»

Depuis le 1er août c’est chose faite, les vins bio européens disposent de leur propre logo.

Une excellente initiative selon Philippe Babin: «jusqu’à présent il y avait un abus de langage car on parlait de vin biologique là où seulement le raisin l’était. A présent la situation est plus claire pour le consommateur»

En effet jusqu’à présent il n’y avait pas de cahier des charges officiel de vinification bio avec des règles définies, communes pour toute l’Europe: «pour une fois c’est grâce aux Américains que l’on est arrivé à un consensus, poursuit le producteur ariégeois.

La grande différence avec les vins conventionnels concerne notamment leur teneur en soufre, utilisé pour ses vertus de conservation.

Selon que l’on soit au nord ou au sud de l’Europe, il y a une différence: le soleil. Plus le vignoble est ensoleillé, plus il y aura d’alcool dans le vin et l’alcool est un conservateur naturel
»

La nouvelle réglementation prend effet à partir des millésimes 2012.

Philippe Babin a réussi à bénéficier d’un effet rétroactif car il pratique la procédure de vinification bio depuis le début de son activité (il a planté ses vignes en 1998 et a commencé à les récolter en 2000). C’est pour cette raison qu’il étiquette son vin de 2010.

Mais la suppression du logo AB peut avoir un impact important pour les petits viticulteurs qui n’ont pas anticipé cette transition car l’année viticole commence au 31 août jusqu’au 1er juillet de l’année suivante.

Cela signifie notamment pour eux qu’aucune bouteille ne pourra être vendue dans une Biocop ou dans le circuit Bio… avant le millésime 2013.

Quoi qu’il en soit, notre viticulteur ariégeois est persuadé que ce texte permettra de fédérer les producteurs de vins biologiques du bassin du Sud-Ouest de la France: «cela nous permettrait d’être officiellement représentés au niveau national et européen»… une manière de stimuler ce secteur déjà très dynamique.


Quelques jalons:

En 2010, les vignobles biologiques représentaient en France une surface de 50 116 hectares pour 3898 producteurs, soit 6% du secteur.

Selon le ministère de l’agriculture, en seize ans, les surfaces des vignes conduites en bio ont été multipliées par plus de douze.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 24/08/2012 | 18:04 | Lu: 22156 fois