«Pour nous, l’important c’est de participer. Et de représenter fièrement l’élevage ariégeois de Limousines»
Joël Venturin, éleveur de limousines sur une exploitation de 90 ha entre Caumont et Prat-Bonrepaux où ses 50 vaches sont élevées naturellement, sait qu’il faut rester humble face aux éleveurs limousins, berceau de la race.
Pourtant avec Engy, il a des arguments de poids pour faire face à la concurrence. C’est en effet l’effervescence dans la section limousine ariégeoise.
Du 21 au 23 septembre prochain, le parc des Expositions de Saint-Gaudens accueille dans le cadre de la 9ème édition des Pyrénéennes, le concours national de la race bovine Limousine.
Evènement de taille à l’échelle de toute la région Midi-Pyrénées qui se double cette année des premières rencontres des fromagers fermiers pyrénéens.
Manifestation agricole grand public qui draine une forte affluence de visiteurs friands de l’exposition de bêtes, elle concentre aussi -surtout- nombres de délégations étrangères «venues faire leurs emplettes»
15 pays, parmi lesquels l’Espagne, le Portugal, le Mexique, le Luxembourg, le Danemark, l’Irlande (etc.) ont déjà manifesté leur intention de venir admirer le savoir-faire des éleveurs français avant de ramener de beaux spécimens chez eux.
Aussi la section ariégeoise s’agite. Une dizaine d’éleveurs seront présents avec une vingtaine de bêtes dans les différents concours.
Un concours national qui vient apporter un plus en termes de reconnaissance et de notoriété auprès du grand public comme des professionnels et qui est aussi l’occasion de démontrer les qualités génétiques de la race limousine, précieusement cultivées de génération en génération et consignées dans le Herd-Book.
L’occasion aussi de montrer la place croissante prise par la race Limousine en Midi-Pyrénées (première place de race à viande devant la gasconne) et en nombre d’éleveurs.
L’Ariège suit le mouvement avec près de 35 éleveurs adhérents de la section Limousine Ariégeoise comptabilisant un cheptel de près de 15.000 bêtes.
Alors, même si Engy, copropriété de Joël Venturin et de Jean-Marc Cescon, est un joli taureau dans la fleur de l’âge du haut de ses trois ans et quelques 1200 kg, il se situe toute de même en deçà (de près de 300 kg!) des plus beaux spécimens venus du limousin et bichonnés spécialement depuis leur naissance pour ce type de concours.
«Né à la maison» souligne fièrement Joël, il a récemment gagné le concours départemental organisé en août dernier par la profession à Bordes sur Arize.
Pour Engy le concours ne s’arrêtera pas là, il sera ensuite vendu aux enchères sur place, non sans avoir été «prélevé»; sa semence miraculeuse étant désormais stockée avant que de transmettre les qualités de la race à sa descendance.
La mise à prix, de 5.000 euros, risque de voir s’affronter les acheteurs français mais surtout étrangers. Il est en tous les cas le seul représentant ariégeois admis à cette vente aux enchères.
A côté d’Engy, Faquine, une génisse ferait presque malingre.
Présentée par un autre éleveur ariégeois, Michel Dedieu basé à Cérizols, descendante du fameux taureau «malicieux» elle a remporté le premier prix de meilleure femelle du dernier concours départemental.
Un titre que Michel Dedieu va s’efforcer de défendre humblement.
40.000 visiteurs sont attendus à Saint-Gaudens durant ces trois jours. Et 480 animaux vont se départager au fil des différents concours selon les diverses tranches d’âges.
Les éleveurs ariégeois espèrent s’y défendre honorablement et atteindre «le top 10 dans chaque catégorie»
Au-delà de ce concours, c’est toute une filière qui espère profiter de ce coup de projecteur sur la profession et cette race limousine qui se prête si bien à l’élevage dans nos contrées ariégeoises.
Une profession qui respire après les secousses traversées il ya deux ans encore: la crise, une moindre consommation de viande, le renchérissement des matières premières.
Aujourd’hui les éleveurs de race limousine profitent à plein des qualités retrouvées et propres à la race, tant en laitière qu’en viande bouchère avec ses pièces nobles pour des vaches qui s’élèvent en plein air et non pas «hors-sol»
«Il y a une réelle valorisation économique, complète Michel, mais ce sont surtout les fournisseurs et les distributeurs qui en profitent»
«Pour autant, concède Joël, il n’y a plus rien à vendre, les animaux de reproduction ont rapidement trouvé preneur»
Qu’importe, à l’image d’Engy ou de Faquine, l’important c’est de participer.
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