Plus d’une trentaine d’éleveurs se sont retrouvés dans les lumières matinales extraordinaires de la vallée de Biros, à Sentein, ce samedi matin pour la descente des estives.
5.000 ovins qui constituaient le gros du bataillon mais aussi 200 bovins «en gascons et en limousins essentiellement» et près de 130 équins ont profité une dernière fois des verts pâturages de la vallée.
Tout ceci méritait bien une fête. Elle a eu lieu, sur la place du camping municipal du village de Sentein qui marquait là la fin de l’estive, le retour des bêtes.
L’occasion pour toute une foule de curieux de venir profiter de cette ambiance de transhumance une fois encore, d’autant que se greffaient du coup un marché artisanal et un vide-greniers.
Mais surtout qui dit retour des estives dit foire. Dès leur retour les plus belles bêtes sont vendues à d’autres éleveurs ou des exploitants parfois venus de loin pour trouver des animaux tout ragaillardis par leurs séjours dans les montagnes pyrénéennes.
«C’est la foire qui rythme les retours d’estives» confirme Michel Estremé, président de Transhumances en Biros.
Alors, revenus des estives de Bonac en Vallée d’Orle, du Trapech, d’Urets ou des Isards et de Saint-Lary, ovins, bovins et équins sont exposés là aux plus offrants.
Pas de criées ici mais de discrètes discussions entre vendeurs et acheteurs.
Pour les bêtes qui restent ce sera le retour dans les fermes pour l’hiver en attendant le départ pour les prochaines estives.
Ne nous le cachons pas il sera aussi beaucoup question d’ours sur cette place: «beaucoup de bêtes, en ovin, ont été directement tuées par l’ours. Mais surtout il y a beaucoup de bêtes manquantes qui ne répondent plus à l’appel et dont on ne sait pas ou elles sont passées. Faute à l’ours aussi probablement» précise Michel Estremé.
De 30 à 50 bêtes sont estimées manquantes selon les groupements. «Jusqu’à quand va-t-on pouvoir tenir comme ça, là est toute la question» pour Michel Estremé qui se demande combien de temps lui et ses collègues vont «pouvoir résister»
Mais en ce jour de retour, sur cette place du village de Sentein l’heure est à la fête.
Et puis, en attendant la remise des prix décernés ensuite aux éleveurs «les plus méritants», la foire est l’évènement majeur principal.
Non initiés s’abstenir. Ça négocie dur dans les travées à coups de mots et expressions que seuls les gars de la montagne peuvent comprendre.
Et pourtant, les affaires sont plutôt moyennes. «C’est plus ce que ça a été» confirme Christian Vergé, président des Transhumances de Massat, venu en voisin.
Et, certains voudront y voir un paradoxe symbolique surtout en ce moment, c’est la prochaine fête musulmane de l’Aïd el-Kebir qui soutient le marché et aurait même tendance à le tirer vers le haut actuellement.
La matinée s’étire ainsi dans la bonne humeur, ponctuée par le grand repas partagé par environ 150 convives.
La prochaine foire est celle de Seix le 20 octobre prochain.
Ainsi au gré des foires aux bestiaux, les différents éleveurs partis plus de quatre mois en estives dans les différentes vallées s’en reviennent.
Alors, bien sûr la question brûle les lèvres: «y aura-t-il un départ aux estives organisé l’an prochain par les Transhumances en Biros?»
Regard énigmatique posé sur ses bêtes, la réponse tombe à la fois évidente et contrainte de la part de Michel Estremé: «elle se fera, en tous cas on va essayer»
Définitivement une bonne nouvelle qui éclaire davantage cette journée radieuse sur les vallées du Biros.
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