Le «crocus sativus», une petite fleur violette qui se récolte en automne, connait en ce moment son pic de floraison.
Johan et Mathilde ne perdent pas de temps, dès les premières lueurs du jour jusqu’à la tombée de la nuit, ils s’activent dans les safranières pour récolter ces précieuses fleurs qui donneront, une fois leurs stigmates émondés et séchés, le safran, une épice aussi rare que précieuse.
«Les fleurs ne vivent que 48h, il faut les cueillir avant qu’elles s’épanouissent pour prélever leurs stigmates» explique Johan qui est devenu un véritable expert en la matière.
Deux fois plus cher que l’or, trois fois plus cher que le caviar, sa poudre rouge lui vaut bien le surnom d’«or rouge»
Comptable financier à Paris, ce jeune Ariégeois a décidé de revenir au pays et de se reconvertir dans le safran bio sur la commune de Loubens où son père est propriétaire d’une exploitation de 30 hectares.
«J’ai toujours été fasciné par les safranière de la Mancha quand je partais en vacances en Espagne !»
Après avoir beaucoup appris sur le terrain, en Argentine et en France, Johan se lance dans l’aventure en plantant 10 000 bulbes en 2011.
Cette année il s’apprête à en récolter 30 000: «c’est une particularité de cette plante qui se développe rapidement mais elle reste en terre au maximum quatre ans, ensuite on les arrache puis on les replante ailleurs. Il faut une rotation de 6 à 10 ans car le safran épuise la terre»
Coûteux en main d’œuvre (tout se fait à la main) mais nécessitant au départ peu d’investissement, garantissant un développement rapide (en un an les bulbes se multiplient par trois), assurant une forte valeur ajoutée et une rentabilité des produits transformés, sa culture suscite depuis quelques années un réel engouement.
Il faut 20 000 fleurs de crocus sativus pour obtenir 1 kg de filaments qui, une fois séchés, se négocient à 3000 euros les 100 gr.
Cependant son goût est si concentré qu’un seul gramme de cette précieuse épice peut régaler plus de 60 convives.
Johan entend d’abord privilégier les circuits courts: restaurateurs locaux et vente à la ferme.
Car notre jeune agriculteur ne compte pas en rester là, il va diversifier sa production et à partir du mois de juin, il ouvrira une boutique de vente à la ferme: «actuellement je n’exploite que 3 hectares, il reste de la surface pour les petits fruits, les plantes aromatiques, médicinales et les productions locales comme la châtaigne, la sève de bouleau, les pommes, les poires, les coings, les mûres ou les cynorhodon (baies d’églantiers) qui peuvent être valorisés en confitures… avec une pointe de safran. De quoi élargir la gamme des produits»
Si pour sa prochaine récolte, Johan entend faire visiter la safranière au public, d’ici quelques années il espère pouvoir proposer un parcours pédagogique à la ferme, entre la bambouseraie, l’étang et les champs de safran…
Fleur et Sens
Lieu dit «Barrou»
09 120Loubens
05 81 29 25 49
Site internet en cours de réalisation: www.fleuretsens.fr
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