Avec le mois d’octobre, l’esprit du cueilleur-chasseur est de retour à voir le nombre de véhicules stationnés en forêt depuis quelques jours.
La cueillette des champignons bat son plein et ce n’est pas Nicolas de Munnick, mycologue ariégeois, qui nous dira le contraire.
Depuis plus de vingt ans, cet ingénieur au CNRS se passionne pour les champignons, les microscopiques mais également ceux qu’il observe dans les forêts ariégeoises, près de 3500 espèces différentes qu’il a réussi à inventorier, sachant qu’il en existe certainement des milliers d’autres.
«Le vrai champignon, on ne le voit jamais, ce sont des filaments microscopiques de l’ordre de 6 à 10 microns de diamètre, très fragiles qui rampent sous le sol, c’est le mycélium.
Ce que tout le monde cueille c’est en réalité des organes qui portent les spores, ce sont des sporophores qui permettent aux champignons de se reproduire» explique le spécialiste.
Jusqu’à présent il a fait très sec et les conditions n’étaient pas réunies pour la poussée mais depuis quelques jours la pluie a stimulé la cueillette.
«On parle de cèpes, de girolles mais beaucoup de champignons ne poussent pas dans les forêts mais dans les prairies.
Dès qu’il y a des végétaux, il y a des champignons qui leur sont associés. Dans le moindre brin d’herbe il y a des champignons que l’on ne peut pas manger mais que l’on peut observer, ils fructifient le sol […]
Les champignons permettent aux arbres de pousser et inversement la sève élaborée des arbres, le carbone, permet aux champignons de vivre»
Selon Nicolas de Munnick, l’effet négatif de la cueillette de fructification c’est le piétinement car il endommage les filaments du mycélium qui participent au cycle du nutriment de la forêt: «s’il n’y a pas de champignons, la forêt s’étouffe sous ses propres déchets (rien ne serait décomposé en humus).
Les forêts ont besoin des champignons ce sont des éléments capitaux dans les écosystèmes»
Aujourd’hui fini l’instinct de nos ancêtres cueilleurs-chasseurs du Neandertal, un arrêté préfectoral réglemente la cueillette des champignons à 3 kg par jour et par personnes (tolérance dans les forêts domaniales).
Le ramassage ou la récolte des champignons doit s’effectuer en utilisant un couteau pour préserver le pied, la mise en vente et la vente des espèces de champignons non cultivés sont soumis à l’obligation par le vendeur de pouvoir justifier de leur origine ou de leur lieu de récolte.
Enfin si vous avez des doutes sur vos champignons, n’hésitez pas avant de les consommer de les montrer à votre pharmacien car, comme l’indique Nicolas de Munnick, «les champignons comestibles ne sont pas rares mais il est extrêmement facile de se tromper et cela peut avoir des conséquences dramatiques. Des dizaines de personnes s’empoisonnent chaque année»
| Pour tout savoir sur les champignons L’Association des Naturalistes de l’Ariège (ANA) organise ce week-end à la mairie de Boussenac une exposition sur les champignons. Nicolas de Munnick proposera entre 150 à 200 espèces de champignons et vous expliquera leur provenance, leur histoire... cette manifestation est gratuite, ouverte à tous. Vous pouvez également porter vendredi 26 octobre à partir de 17h vos champignons pour les exposer. Exposition ouverte samedi et dimanche de 9h30 à 19h. |
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