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Assemblée de la fédération pastorale à Castillon: «pour une montagne vivante»
30/10/2012 | 19:10
© MidiNews 2012
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C’est sur ce cri de ralliement que plus d’une centaine de personnes, des éleveurs mais aussi des élus, ont fait le déplacement à Castillon-en-Couserans vendredi dernier pour l’assemblée générale de la fédération pastorale de l’Ariège.

Une journée complète, ponctuée comme il se doit par un buffet montagnard à midi, pour traiter des obligations statutaires (rapports moral, d’activité et financier) et échanger autour d’ateliers thématiques avant que ne soit décidée dans l’après-midi en présence du sous-préfet M. Sauvannet, une motion relative aux problèmes de la prédation.

Une journée bien organisée donc entre réunion plénière, atelier thématique plus restreint et sorties sur le terrain pour une profession qui de la bouche même de son président est «en désordre»

Un désordre qui confinerait même «au désarroi»

«Le temps est maussade comme le moral» avouera Robert Zonch conseiller général et président de la communauté de communes invitante qui rajoute s’incluant parmi les éleveurs, «nous sommes les premiers gestionnaires de l’espace, on ne peut plus accepter qu’on veuille le sanctuariser, la montagne est vivante»

Le ton est donné. Car entre les 135 euros d’amendes retrouvés par certains touristes sur le pare-brise de leur voiture au Ribérot cet été, les transhumances qui n’ont pas eu lieu comme en ce haut-lieu d’estive qu’est La Plagne, pour cause de Gypaète et autres espèces protégées et bien sûr la prédation (l’ours mais pas seulement), ce sont près «de 15% de manque à gagner qui sont déplorés»

«Quel gâchis» dira Claude Carrière, qui interroge la salle: «comment dans ces conditions assurer un fonctionnement correct et durable? […] comment rechercher de nouveaux éleveurs et de nouveaux troupeaux ?»

Pour autant, avec 80 pâtres et une masse salariale de 700.000 euros, le secteur pèse de tout son poids encore dans les contrées ariégeoises et pas seulement pour l’entretien des paysages ou le folklore estival.

20 cabanes reconstruites ces 5 dernières années et un total de 1.7 m€ de travaux divers pour améliorer les conditions de vie et de travail des éleveurs sont autant de raisons d’espérer sur lesquelles s’arc-boute le président.

Sur le Couserans en particulier, rappelleront Jean-François Rummens, le directeur de la Fédération, et ses chargés de mission Valérie et Christophe, un important volet agricole fait partie intégrante du Plan de Revitalisation Rurale, signé par l’ensemble des collectivités territoriales suite à la fermeture de Lédar.

Un volet agricole qui prévoit entre autre la structuration d’une filière lait, du Pôle viande dont l’abattoir avec ses presque 1600 tonnes atteint ses objectifs et un volet majeur sur la maîtrise du foncier, pierre d’achoppement récurrent de la filière pastorale et de son développement, dont le Point Info Foncier mis sur pied est le symbole.

Contourner le morcellement parcellaire par le regroupement sous forme d’Association Foncière Pastorale pour favoriser l’installation de nouveaux éleveurs et la viabilité des exploitations est l’un des outils mis en avant pour soutenir la profession, même s’il nécessite des démarches parfois lourdes, englobant l’ensemble des parties prenantes (communes, propriétaires, etc…).

Un outil qui a fait preuve de son efficacité en Ariège qui en compte 74 aujourd’hui, même si surgit le problème de la transmission (sous l’effet de départs en retraite).

Qui innove même puisque sur Ercé 3 AFP ont été regroupées en une, «Ercé Fusion» et que des démarches expérimentales essaiment, comme le programme SAGECE, avec le concours du PNR et de l’INRA de Toulouse (voir notre article du 23/11/2011).

Avec au final des perspectives encourageantes pour le Couserans puisque 12 installations nouvelles sont attendues à l’image de l’AFP de Bethmale qui a permis à un jeune couple d’éleveurs de s’installer et d’accueillir la visite de toutes les personnes intéressées par cet atelier spécifique.

Localement, malgré «le désordre» la profession relayée par la fédération œuvre et agit pour perdurer au travers de maints outils, expérimentation et innovation.

Reste à savoir maintenant quel sera le soutien manifesté au plus haut niveau (administratif et politique) à une profession en «désarroi», qui lui lance une motion comme on jette une bouteille à la mer.

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auteur: Py.M | publié le: 30/10/2012 | 19:10 | Lu: 10745 fois