Avec le printemps et la fonte des neiges, la montée sur les estives se profile pour les troupeaux qui viennent de passer un long hiver en stabulation.
Mais les bergers ou les vachers ne courent pas les chemins. Un vrai casse-tête auquel sont confrontés chaque été les éleveurs pyrénéens pour garder et encadrer leurs troupeaux durant les trois à quatre mois d’estive.
Pourtant une formation existe dans le département de l’Ariège (il en existe six en France). Depuis cinq ans elle est dispensée par le CFPPA Ariège-Comminges en relation avec ses partenaires institutionnels du monde pastoral que sont la Chambre d’Agriculture et la Fédération pastorale de l’Ariège.
Chaque année, ils sont une dizaine d’hommes et de femmes, la plupart en quête de reconversion professionnelle, à être formés pendant huit mois à cette activité saisonnière devenue très technique et très éloignée de l’image d’Epinal du berger d’antan.
«Priorité de cette formation est donnée aux demandeurs d’emploi mais la sélection se fait en deux temps, explique David Gardelle, directeur du CFPPA. En février les candidats réalisent un stage d'un mois sur une exploitation au contact avec la réalité du terrain pour tester leurs réelles aspirations.
Ensuite après la formation qui mêle théorie et pratique les candidats passent leur premier été sur une estive. Ils sont placés en fonction de leur profil en binôme avec un professionnel, c’est un peu l’épreuve de vérité.
Enfin à la descente d’estive ils présentent leur rapport en amphithéâtre au centre de formation à Saint-Girons. Depuis cinq ans nous avons formé 55 jeunes, il y a 88 postes de bergers-vachers en Ariège et 400 sur toute la chaîne pyrénéenne»
L’expérience montre que les candidats qui ont déjà un pied dans l’élevage ont davantage de facilités. La montagne n’est pas un espace exclusif au pastoralisme, il faut la partager avec les chasseurs, les touristes et les forestiers.
«Ceux qui cherchent la solitude sont surpris, il y a du lien social et du vivre ensemble quand on partage sa cabane pendant trois mois avec un autre berger plus aguerri»
«Autrefois la formation était assez scolaire, avoue David Gardelle, aujourd’hui nous alternons les cours en salle et les cas pratiques chez les professionnels. Des scientifiques interviennent à plusieurs reprises pour élargir la vision de nos apprentis bergers: Yohan Huguenin du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) aborde le pastoralisme en Asie ou en Afrique et Laurent Garde, Centre d'Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée(CERPAM), pour une vision nationale et mondiale du pastoralisme…
Nous avons le souhait de mettre en place un diplôme à reconnaissance nationale du métier en proposant une formation professionnalisante à l’échelle du massif»
| Des profils variés mais une passion commune Après une matinée de cours en salle, les dix stagiaires ont été confrontés à une séance de contention et parage d’ovins chez Franck Watts, éleveur à Esplas de Sérou. Parmi eux, Jean-Marc, originaire de Haute-Savoie qui après une activité de 25 ans de guide et d’accompagnement en montagne est venu s’installer en Ariège pour entamer une nouvelle vie. «Avec cette formation je reste dans le milieu agro-pastoral dans lequel je suis né et dans un département qui me plait» Iliana est un petit bout de femme qui ne se fait pas prier lorsqu’il s’agit de manipuler les bêtes: «je viens du commerce, de la grande distribution. J’ai découvert le monde agricole par mes voisons agriculteurs qui m’ont fait partager leur passion. Je sais que ce sera dur mais c’est faisable je suis très motivée et déterminée» Samuel était cadre informatique dans la grande distribution, un virage à plus de 180°) pour cet ancien citadin: «j’ai compris après 25 ans que l’argent ne faisait pas le bonheur, j’ai voulu vivre ma passion pour la montagne et je me suis orienté vers les estives. Cela va certainement être dur mais c’est mon choix» Quant à Nathalie, elle a déjà un pied dans le métier puisqu’elle est exploitante agricole ovins-bovins à Miglos. Elle a choisi cette formation par rapport à ses projets: «je voulais garder la montagne et c’est aussi pour un complément de revenu car le métier est difficile» Tous prendront le chemin de la transhumance début juillet et rejoindront leurs estives respectives où nous les retrouverons. |
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