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Saint-Girons: la boutique SNCF au coeur des débats du conseil municipal

© midinews 2013

Jeudi soir, le conseil municipal de Saint-Girons qui comportait une dizaine de points à l’ordre du jour s’est essentiellement focalisé sur les négociations actuelles entre la municipalité et la direction de la SNCF.

Un débat long et houleux, bloc contre bloc, qui n’aura pas avancé d’un pouce, chacun restant campé sur ses positions, d’ailleurs clairement matérialisées par la nouvelle disposition de la salle du conseil, devant un public, venu plus nombreux qu’à l’habitude, assurément médusé par un tel spectacle.

Cela a commencé fort, Hervé Soula, l’élu communiste, se plaignant dès l’entame de la soirée, «de la date tardive des envois des convocations contenant copies des sujets à l’ordre du jour»

Quels services pour le futur espace multimodal de la gare routière?
La lecture du protocole d’accord, entre la mairie de Saint-Girons représentée par François Murillo et la direction de l’activité TER de la SNCF Midi-Pyrénées représentée par Pierre Meyer, a fini de mettre le feu aux poudres. Et ce n’est que le projet de protocole, déjà signé, ne donnant pas lieu à vote.

C’est ensuite, sûrement au prochain conseil, qu’il sera donné à délibérer sur une convention formelle. Ce protocole que le maire reconnaît avoir contribué à définir et signer en avril, entérine la fermeture de la boutique SNCF de la place des Capots au 31 juillet 2013.

A cette date, le nouvel espace multimodal de la gare routière devrait prendre le relai. La municipalité mettra le lieu à disposition, procèdera aux différents aménagements nécessaires et fournira toutes connexions informatiques pour accéder aux sites internet voyages-sncf.com et ter-sncf.com.

Elle s’engage à fournir un personnel, formé par la SNCF, pour assurer l’accueil et l’information du public. Une information qui portera sur les horaires, les différents accès à la billetterie grandes lignes, les cartes pastel et les contrats pack illimité.

En contrepartie la SNCF fournira tous les supports d’aide au conseil et à la prescription (fiches horaires, documents d’information et commerciaux, etc.). Il apparaît que la SNCF fournira tous les outils nécessaires à la création, vente, distribution de billets TER (avec un logiciel spécifique NOVATER).

Les titres grandes lignes «ne seront pas vendus, mais délivrés» complète le maire en réponse aux interrogations de l’opposition, emmenée par Bernard Gondran et Marie-Madeleine Nicoloff, «mais il sera aussi possible de s’en munir en agences de voyages moyennant une commission»

Si le service semble donc maintenu, la production ,par une personne physique dûment habilitée, de billets grandes lignes ne sera donc plus possible. Reste un débat houleux entre le maire, Hervé Soula et l’opposition emmenée par Bernard Gondran.

«Le maintien d’un service public a un coût, c’est une question avant tout politique» répètera François Murillo. Assurément la perspective des élections de 2014 aura plané tout au long de la soirée. Et de politique, plus politicienne, il aura surtout été question amenant le premier magistrat à mettre un terme à ce débat.

«Je ne veux pas politiser l’affaire»
Florilège des petites phrases: «Les leçons de morale de votre part gardez les !» lancera Hervé Soula à Gérald Rovira qui s’était interposé.

«Combien ça coûte ?» demandera à plusieurs reprises Bernard Gondran (faisant références aux travaux et à la mise à disposition d’un employé municipal) pour mieux placer: «a-t-on les marges suffisantes pour se payer le personnel?… c’est parce que vous avez hérité d’une bonne situation»

Bernard Gondran qui reviendra à la charge: «que fait la gauche au pouvoir? (citant tous les échelons territoriaux sous bannière rose NDLR). Je ne veux pas politiser l’affaire mais avec tant d’influence de gauche, tant d’énergies et de temps pour sauver 2 emplois et on n’y arrive pas»

Hervé Soula reviendra aussi régulièrement à la charge profitant des accalmies dans le clivage traditionnel gauche-droite: «c’est l’argumentaire des patrons de la SNCF, lancera-t-il en faisant allusion au protocole, il n’y a pas un mot des salariés» ou encore: «non je ne raconte pas n’importe quoi, c’est vous qui faites n’importe quoi», poursuivant ensuite par: «vous avez renié tous vos engagements de campagne, vous êtes en train de préparer le retour de Bernard Gondran !»; auquel répondra plus tard un Gérald Rovira excédé: «c’est un peu osé, Hervé tu vas trop loin»

Prise illégale d’intérêt

François Murillo a donné lecture devant la salle de la décision du procureur de la République prononcé à son encontre suite à une plainte déposée par Bernard Gondran pour prise illégale d’intérêt, dans le marché attribué à la municipalité au cabinet d’architecte dont il est le dirigeant.

Jugement dans lequel le procureur stipule qu’il ne donne pas suite et classe l’affaire et demande au maire à en faire lecture publique.

Dénouement qui provoquera une énième remarque de Bernard Gondran: «on peut se demander parfois de quelle protection vous disposez pour être au-dessus des lois»

Pas de doutes la politique politicienne a débuté. Pour un dénouement en 2014 cette fois.

Débat clos par le maire, sans vote, ni avis de principe… avant que le sujet ne revienne sur le tapis, pour la convention définitive cette fois.

Une passe d’armes qui s’ensuivra de la présentation de la phase 1 de l’avant-projet de gare routière pour lequel une fois de plus MM. Soula et Gondran s’offusqueront de ne découvrir les projets qu’au moment du conseil municipal sans discussion préalable en commission travaux.

Ce à quoi répondra François Murillo: «compte tenu des délais et de la vitesse de décision, sachant qu’on a eu les précisions de la SNCF le 30 mai, on a préféré le présenter tout de suite en conseil»

Le premier magistrat qui conforte: «ce n’est pas un projet figé, il est susceptible d’évolutions et d’abord parce qu’il faut définir un véritable projet de territoire en matière de transport»

Un projet qui sera peut-être entrevu, au moins précisé, par le Scot (le schéma de cohérence territoriale, document qui détermine de manière harmonisée les outils d’aménagement du territoire, en matière d’urbanisation, d’habitat, de transport collectif, de zones économiques et commerciales, etc…) pour lequel la commune a transféré la compétence pour le portage de l’étude à l’intercommunalité.

«Il faut prendre position tout de suite pour bénéficier d’une aide de l’état à hauteur de 100.000 euros pour mener l’étude. Mais on ne fera rien avant les élections 2014, ce sont les équipes nouvelles qui décideront de quel périmètre Scot elles veulent»

Un périmètre qui pour l’heure s’achemine vers une échelle pays et devra quoi qu’il en soit déboucher sur la réalisation du Scot avant 2017. Sur ce point également Hervé Soula comme les élus de l’opposition ne prendront pas part au vote.

En fin de séance, le sujet des gens du voyage a été abordé en questions diverses donnant lieu à des échanges nourris entre les différentes parties. Une fois la séance levée, le maire a été violemment apostrophé par une personne opposée à la politique actuelle de la municipalité concernant l'accueil des gens du voyage.

Sylvain Sastre | 07/06/2013 - 19:06 | Lu: 18239 fois