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L'appel du 18 juin 2013 à La Bastide de Bousignac: Roger Senié entame sa grève de la faim

© midinews 2013

Le maire démissionnaire de La Bastide de Bousignac est prêt à tout pour faire entendre raison à ses administrés qu’il estime lésés par le préfet de l’Ariège.

Aussi en ce jour symbolique du 18 juin célébrant partout en France et en Navarre l’entrée en résistance de la France libre contre l’oppresseur, ce gaulliste de la première heure a décidé d’entamer une grève de la faim.

Une adhésion «forcée» avant la date prévue

A 93 ans, après un AVC et près de 66 ans de mandat à la tête de la mairie, ce dinosaure de la politique n’a pas encore dit son dernier mot.

«Quand nous avons décidé au conseil municipal d’exonérer l’entreprise ACTIS de taxe professionnelle jusqu’au 31 décembre 2013, nous ne savions pas que nous allions pouvoir bénéficier d’une telle somme (145 000 € par an). On savait qu’il était obligatoire d’intégrer la communauté de communes mais pas avant le 1er janvier 2014…

Alors pour qui, pour quoi le préfet a pris cet arrêté nous obligeant à marche forcée de rentrer dans la communauté de communes et de laisser au passage le fruit de toutes ces années d’efforts
»

Pour lui il s’agit là d’un véritable coup monté, d’un «hold-up légal», on lui ferait payer ses idées: «quand j’ai succédé à l’ancien maire, M. Cassagne, j’avais 27 ans et certes déjà une couleur politique mais je n’ai jamais parlé de RPR à La Bastide de Bousignac.

J’ai pris goût à la chose publique, je suis parvenu assez bien à faire réussir ma commune, des réalisations importantes et l’installation en 1977 de la première entreprise sur le zone de Carau avec la filature Bergère et puis toutes les autres jusqu’à aujourd’hui
»

Une grève de la faim toute symbolique
Ce matin c’est en toute sérénité qu’il accueille chez lui, dans son bureau, les médias qui se succèdent. Entre la Croix de Lorraine, le presse-papier, les croquis et le buste du grand Charles, l’ancien patron départemental du RPR ne cache pas son admiration pour le Général de Gaulle. «Un grand bonhomme»

«Je ne veux pas être grandiloquent, je ne lui arrive pas à la cheville mais le 18 juin a une résonnance particulière, ce n’est pas une date comme une autre surtout pour nous qui avons connu cette période de l’histoire»

Roger Senié attend un geste du préfet: «qu’il prenne son téléphone et qu’il m’appelle chez moi et qu’on s’explique et peut-être que l’on prenne rendez-vous pour trouver une solution car cette situation trouble a assez duré que ce soit pour moi (cela me fatigue beaucoup), comme pour les Bastidiens un peu las de cette situation»

Quand on lui demande si c’est bien raisonnable d’entamer une grève de la faim à son âge: «je suis serein, ce n’est pas déraisonnable, je n’imagine pas de la faire pendant des mois. Je suis conscient de mes limites mais j’espère que cela va permettre de faire bouger les lignes et sortir de cette situation»

Laurence Cabrol | 18/06/2013 - 18:44 | Lu: 25266 fois