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Ecole des Cabannes: l'Inspection Académique ne recule pas face au boycott des parents d'élèves

© midinews 2014

Le collectif pour le maintien de l’école en montagne regroupant les parents d’élèves du RPI Aston/Les Cabannes organisait ce lundi matin le boycott de la rentrée pour la classe de CP à l’école des Cabannes suite au départ précipité de l’enseignant remplaçant en poste depuis le début d’année 2014.

On pouvait lire sur la banderole déroulée sur les grilles «6 ça suffit» faisant allusion au 6ème remplacement subi par les enfants et sur les pancartes improvisées «Non au départ d’Aurélien» évoquant ce professeur des écoles apprécié de tous: «Il connaissait bien la structure et s’était impliqué dans la vie de notre petite école… nous avons découvert le pot aux roses à quelques heures des vacances et personne à ce jour n’a réussi à nous donner une explication tangible» regrette Nadège.

«Nous n’avons rien contre Isabelle, la nouvelle enseignante titulaire qui commence aujourd’hui et que nous venons de découvrir mais nous ne comprenons pas que du jour au lendemain, sans aucune concertation, on décide de nous l’affecter à six semaines des grandes vacances. Nous avons l’impression que l’on ne se soucie guère du bien-être de nos enfants et que les enseignants remplaçants sont les variables d’ajustement de l’Inspection Académique… c’est pour cette raison que nous avons décidé au pied levé cette action en espérant que Jean-Michel Petiot, Inspecteur de l’Education nationale (IEN) de la circonscription fasse le nécessaire pour le retour d’Aurélien à l’école des Cabannes, sinon nous envisagerons d’autres actions» poursuit Anne, une autre maman.
«Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que notre école soit l’école de la réussite» précise le maire du villageEn même temps se tenait en mairie une réunion à laquelle la presse n’était pas invitée. Autour de la table Daniel Géraud, maire du village des Cabannes, M. Petiot, les représentants des parents d’élèves et les responsables du service éducation à la Communauté des communes des Vallées d’Ax.

Pour le premier magistrat la situation n’est pas négociable «il n’y a pas eu de concertation préalable, j’ai écouté les arguments de M. Petiot tant au niveau de sa gestion de ses effectifs que des dépenses indues occasionnées par le déplacement de l’enseignant en question dont la zone d’attache est Mirepoix. Nous pensons qu’un énième remplacement à 7 semaines de la fin de la scolarité ne s’imposait pas, l’enjeu n’en vaut pas la chandelle surtout qu’il s’agit là de préserver l’harmonie dans l’école et le bien-être des enfants.

Le CP c’est une classe charnière et une étape fondamentale dans le cursus scolaire. J’ai demandé à M. Petiot de revoir sa position. Il y a de plus en plus de remplacements d’effectifs à flux tendus. Quid des 50 000 postes promis, on peut constater aujourd’hui qu’ils ne sont pas pour l’Ariège. Ici on ne fait pas des économies avec des bouts de chandelle surtout quand c’est au détriment de nos enfants
»
Pour l'inspecteur d'Education Nationale «C’est une question raisonnée de moyens et de rationalisation des problématiques»Jean-Michel Petiot a dû référer de cette réunion à la directrice Académique avant de statuer définitivement. Joint au téléphone dans l’après-midi, il a indiqué que les remplacements se faisaient en Ariège dans des conditions difficiles.

«Cela ne me satisfait pas professionnellement mais nous n’avons pas le choix, je passe des journées entières à faire au mieux sur le territoire dont je suis référent. Un remplacement pour un congé maladie se gère au jour le jour. Concrètement Aurélien remplace initialement le professeur titulaire du CP aux Cabannes sachant que son lieu d’affectation est Mirepoix et que je n’avais personne pour la haute Ariège.

L’enseignante qui le remplace depuis ce matin est originaire de Bédeilhac et financièrement avoir deux remplaçants qui se croisent sur la route tous les matins, ça me choque. C’est une question raisonnée de moyens et de rationalisation des problématiques. Aurélien reste dans sa mission de remplacements nécessaire d’ici la fin de l’année.

Quant aux 60 000 postes prévus, nous avons eu deux concours de recrutement cette année mais il faut prendre le temps de les former. Enfin concernant ce poste sur l’école des Cabannes j’assume ma décision, elle est liée à des obligations professionnelles pas à des mouvements de foules visant à m’intimider
»

Une pétition circule dans le village.

Laurence Cabrol | 12/05/2014 - 18:59 | Lu: 15457 fois