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Ouverture du Festival Résistances, entre intermittence et indépendance

© midinews 2014

Alors que les «Bleus» ne résistaient pas à l’Allemagne, le festival annuel présentait vendredi soir le film d’ouverture de cette 18ème année.

Cette fois encore Résistances propose une programmation originale et éclectique autour de 4 thèmes (voir notre article du 27/06/2014).

Avant la projection du film d'ouverture «Party Girl» de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, caméra d'or du festival de Cannes et en présence d’une des réalisatrices, l’incertitude demeurait sur le mouvement des intermittents. La CGT avait choisi le 4 juillet pour une «grève passive» partout en France qui a conduit à l’annulation des deux spectacles inauguraux à Avignon (spectacles qui ont été reportés).

A Foix, les intermittents du spectacle avaient décidé de ne pas perturber, ni bloquer le festival mais d’intervenir lors de tribunes avant les projections. Il aurait été illogique d’empêcher un événement qui promeut la résistance et dénonce les oppressions quand on est soi même en résistance.

Après la distribution d’affiches «spectateur solidaire» et le déploiement d’une banderole sur la scène de l’Estive, l’entrée en matière fut directe: «qui d’entre vous peut être certain de ne pas être confronté au chômage ?» Quelques mains hésitantes se levèrent, surement des retraités ou des travailleurs indépendants qui n’ont ni chômage, ni indemnités maladie et pour qui la grève est impossible.

Trois interventions, un peu longues, et c’est dommage car la revendication pour dénoncer la nouvelle convention chômage, qui durcit les conditions d'indemnisation des intermittents du spectacle et des chômeurs en général, a été noyée dans différentes charges contre les élus, le medef, la désinformation des médias, et un cours d’économie sur la construction de l’euro…

S’en suivirent quelques mots de la présidente du festival qui soutient le comité des intermittents et de Norbert Meler, maire de Foix.

Le film d’ouverture a été présenté avant un débat avec la réalisatrice Claire Burger. Ce film est une biographie de la mère d’un des co-réalisateur, Samuel Thies.

Angélique est danseuse de cabaret. Elle a 60 ans et accepte la demande en mariage d’un habitué de l’établissement. S’en suit alors un long dilemme. Doit-elle «se ranger» et choisir une forme de soumission ou garder sa liberté et… résister.

Entre documentaire et fiction, ce film a été réalisé avec des acteurs non professionnels, dont Angélique Litzenburger dans son propre rôle et des membres de sa famille. Une belle immersion dans la ville frontalière de Forbach et dans la vie nocturne d’un petit cabaret qui nous montre les relations équivoques et les limites à ne pas franchir entre clients et entraineuses.

FF | 07/07/2014 - 18:09 | Lu: 7767 fois