Réforme de l'intercommunalité: la cause des petites «Com Com» entendue à l'Assemblée nationale

Crédit photo: Richard Ying et Tangui Morlier
Les compétences des Départements et des Régions ou le découpage territorial sont peut-être les aspects les plus visibles du projet de loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République, mais ils ne sont pas les seuls.
Un pan entier de la loi NOTR porte ainsi sur les intercommunalités.
Désireux de renforcer le rôle et les compétences de ces établissements publics extracommunaux, le législateur avait dans un premier temps initié une démarche visant à créer de «supers intercommunalités», se substituant à de plus petites dépourvues de véritables moyens d’action.
On sait qu’en Ariège, l’exemple du Couserans, et de ses huit communautés de communes, est ainsi souvent cité en… contre-exemple. A la préfecture, ce serait même un projet de quatre à cinq intercommunalités qui serait actuellement à l’étude.
Initialement, le gouvernement tablait sur un minimum de population de 20.000 habitants pour les territoires les plus denses. Depuis la reprise des débats au début du mois de mars, les députés ont multiplié les dérogations, considérant ce seuil comme excessif.
Un amendement prévoit qu’en montagne, dans les îles et dans les espaces de faible densité (fixé à moins de 30,7 habitants par km2 selon l’Insee), le seuil minimal sera fixé à 5.000 habitants.
C’est donc le cas pour l’Ariège qui affiche une densité moyenne de 30,4 hab./km2 (2007).
Un abaissement du seuil qui implique néanmoins des conséquences concrètes. Les «Com Com» concernées devront se regrouper et s’agrandir pour atteindre ce minimum.
En outre, le seuil de population pourra être adapté, si l’EPCI regroupe «50 communes membres ou plus», au-delà un EPCI aussi vaste est considéré comme difficilement gouvernable.
Le seuil de 20.000 habitants ne s’appliquera donc que dans les espaces les plus peuplés.
La prise en compte des spécificités de ces territoires
Avocate des territoires de montagne, à l’Assemblée nationale comme lors de sa présidence de l’Association des Elus de la Montagne, Frédérique Massat se félicite de ces nouvelles dispositions qui reprennent les principes d’un amendement déposé il y a quelques mois par l’ANEM et qui «prennent en compte les spécificités de ces territoires à faible densité»
«La loi dit qu’il n’y aura pas d’intercommunalité à moins de 5.000 habitants, mais cela ne veut pas dire qu’il faut s’interdire de réunir au-delà de ce niveau de population. Il faut donc travailler territoire par territoire pour étudier cette évolution avec le plus de cohérence possible»
Quant à savoir quelle physionomie prendra la nouvelle carte intercommunale de l’Ariège, Frédérique Massat refuse de s’avancer à place des élus et interlocuteurs concernés.
«Nous n’avons pas fait de projection sur l’Ariège, car c’est Mme la Préfète qui y travaille avec ses services. Dans quelques semaines, la Préfecture proposera un schéma départemental des intercommunalités. Il y aura des discussions, puis il devra être adopté par les assemblées concernées»
Syndicats intercommunaux: vers la suppression de certains et la fin des indemnités
Poursuivant l’examen du texte, les députés ont approuvé la suppression obligatoire des syndicats intercommunaux qui interviennent exclusivement sur le périmètre d’une intercommunalité.
On compte plus de 5.500 structures de ce type en France.
Au passage, les parlementaires ont mis fin à la possibilité pour les délégués des communes siégeant au sein d’un comité syndical de percevoir des indemnités en plus de leurs éventuelles indemnités d’élu municipal.
«Cela ne nous concerne pas vraiment, estime Frédérique Massat. En Ariège, les délégués ne perçoivent rien. Ils s’investissent dans les syndicats à titre bénévole»
«C’est un problème de riches, une question pour les collectivités riches», clôt la députée de la première circonscription.
dans la même rubrique
- Elections départementales canton des Portes d'Ariège: le scrutin le plus ouvert de tout le département
- Rapport non communiqué: la Chambre régionale des Comptes donne raison à Henri Nayrou
- Elections départementales canton du Pays d'Olmes: l'équation aux multiples inconnues
- Conseil général de l'Ariège: le rapport de la Chambre régionale des Comptes s'invite dans la campagne des élections départementales
- Elections départementales canton de Pamiers 2: trois binômes comme un remake des élections municipales
- Réforme de l'intercommunalité: la cause des petites «Com Com» entendue à l'Assemblée nationale
- Elections départementales canton de Pamiers 1: un canton test pour la Majorité départementale... et pour le Front National
- Elections départementales Canton de Mirepoix: cinq binômes pour le canton des «soeurs ennemies» réconciliées
- Elections départementales Canton de la Haute Ariège: Bonrepaux tourne la page, quatre binômes en lice pour écrire le nouveau chapitre
- Elections départementales en Ariège: Foix, une candidature à droite pour trois à gauche et une cible, Frédérique Massat
- Carrière de Bédeilhac: la pression monte entre les opposants et la Préfecture de l'Ariège
- Élections départementales en Ariège: Couserans Ouest, le président du Conseil général dans la ligne de mire
- Elections départementales en Ariège: Couserans Est, deux binômes pour un duel 100% à gauche
- Carrière de Bédeilhac: manifestation symbolique et politique des «anti»
- Elections départementales en Ariège: Arize-Lèze, deux binômes en lice pour le canton aux deux vallées
- Engomer: rassemblement sur le pont samedi dernier










