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Tribunal correctionnel de Foix: coups de fusil à Pamiers, E.B écope de 3 ans et demi
07/05/2013 | 19:11
© MidiNews (archives)

E.B, né en 1978 au Maroc, a monopolisé une bonne partie de l'audience en correctionnelle cet après-midi... le prévenu devant répondre de trois affaires!

Le premier dossier concernait les coups de feu tirés avec un fusil de chasse, à proximité du bar Le Castella et de la place Jean Jaurès en plein centre-ville de Pamiers. Des faits remontant au 30 mars.

Le patron du bar et un client qui s'était interposé avaient été blessés au niveau du dos pour l'un, du torse et de la main pour l'autre.

A l'origine de ce déchaînement de violence une «drague» qui aurait mal tourné, et un prévenu mis dehors qui serait revenu se venger.

Présenté en comparution immédiate le 2 avril dernier, E.B, 35 ans, avait refusé d'être jugé, souhaitant avoir un délai pour préparer sa défense.

Son avocat, Me Jean-Marie Maissonnier-Cazottes, avait notamment réclamé que soit effectuée une expertise psychiatrique de son client.

Ce jour là, le 2 avril, il devait comparaître pour d'autres faits, à savoir des menaces de mort réitérées et port d'arme prohibé.

L'homme est un habitué des prétoires; depuis 2002, il enchaîne les condamnations et sortait juste de prison.

Troisième dossier, jugé aujourd'hui, la détention sans autorisation d'arme ou de munitions par une personne déjà condamnée.

«Oui, j'avais la haine»
A la barre du Tribunal correctionnel, E.B, impavide, écoute la présidente lire témoignages et déroulement des évènements. Mâchant du chewing-gum, l'allure décontractée, il porte petit bouc et moustache rase.

Quand on le questionne sur cette violence, il rétorque: «déjà c'est pas moi qui ait cherché, je me suis fait insulter; ensuite le patron m'a poussé, c'est pas normal»

Le jeune homme affirme: «j'ai tiré en l'air, j'ai visé personne». Des propos démentis par Isabelle de Combettes: «les constatations des enquêteurs différent de votre version»

Le prévenu interpelle la présidente, la coupe, évoquant pour sa défense les propos racistes qu'aurait tenu une jeune fille. «Oui, j'avais la haine» confie-t-il.

Confiée au Dr Lazarro, l'expertise psychiatrique demandée par la défense mentionne des «troubles psychopathiques de la personnalité; une désinsertion sociale et une dépendance à l'alcool. L'accusé pouvant présenter un état dangereux pour la société»

A tour de rôle, les avocates des parties civiles dénonceront «la violence des actes»; Me Suard soulignant: «cet évènement effroyable a eu lieu en plein centre-ville, près d'un lycée»

Selon l'avocate, «des individus sévissent en toute impunité; lui est venu pour terroriser, pour faire du mal»

«Une préméditation constituée»
Au Ministère public, Mélanie Laforet dénonce «le caractère volontaire de l'agression, une préméditation constituée et violente»

Concernant les armes retrouvées, le vice-procureur parle «d'un véritable arsenal»

Pour ces deux affaires, détention d'arme et violence aggravée, le prévenu risque la peine plancher, soit 2 ans.

«L'accumulation d'infractions et le facteur de récidive, explique Mélanie Laforet, nécessitent une peine plus sévère». Le vice-procureur a donc requis 4 ans d'emprisonnement, maintien en détention, interdiction de séjour en Ariège et confiscation des scellés.

A la défense, Me Jean-Marie Maissonnier-Cazottes «comprend sa blessure» et trouve la «réponse du patron du bar excessive»

L'avocat insiste: «E.B est le chantre des pauvres, des opprimés, fidèle aux valeurs inculquées par sa famille»

«Le racisme est insidieux, il se glisse partout» poursuit l'avocat demandant une injonction de soins et la clémence des juges.

Question racisme, son client semble tenir des propos injurieux, que l'on pourrait qualifier de racistes.

Car voici qu'arrive le 3ème dossier: E.B est poursuivi dans cette affaire pour menaces de mort réitérées et port d'arme prohibé.

Des faits qui se sont déroulés le 23 février en face de la discothèque Le Diams à Pamiers. Le jeune homme aurait proféré des menaces de mort à l'encontre du videur de cette boîte de nuit: «je vais te buter, te mettre une balle entre les 2 yeux [...] je t'attendrai gros porc de noir»

Ce 23 février, il était interpellé en possession d'une arme qu'il exhibait dans une sandwicherie en face du Diams. Pour sa défense, E.B clame: «il aime pas les arabes c'est tout; elle est où la preuve? C'est lui qui a un problème avec moi»

Il nie catégoriquement les faits, mais ne convainc pas le vice-procureur qui requiert un an ferme et confiscation des scellés.

Me Jean-Marie Maissonnier-Cazottes a beau plaidé l'absence de preuves, «les faits ne sont pas établis... il ne faut pas exagérer», il ne sera pas entendu.

Au terme d'un délibéré assez court, les 3 juges ont condamné E.B à 3 ans de prison, interdiction de détenir une arme durant 5 ans, interdiction de séjourner en Ariège 3 ans, maintien en détention pour les deux premiers dossiers.

Concernant la troisième affaire, l'accusé a été condamné à 6 mois de prison, et 1000 € de dommages et intérêts.

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auteur: NR | publié le: 07/05/2013 | 19:11 | Lu: 8652 fois