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Drame d'Orgibet: le «compagnon» de la victime a été jugé hier
24/07/2013 | 17:26
© MidiNews (archives)

Jeudi 7 février, aux alentours de minuit, une femme trouvait la mort, écrasée par le fourgon de son «compagnon» dans un petit chemin du Couserans. Son décès était constaté à 8h du matin par les gendarmes. P.C (né en 1959 à Saint Girons) a été jugé, hier, devant le tribunal correctionnel de Foix. Il est poursuivi pour homicide involontaire et conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances illicites.

Ce soir là, le couple, devait se rendre au domicile de Delphine pour «éteindre les radiateurs» selon le témoignage de P qui assure avoir été en couple avec la jeune femme. Selon d'autres témoins ils ne seraient qu'amis. Avant de gagner ce domicile, le couple fait halte dans un bar du village.

Selon différents tiers, «P n'était pas plus ivre que d'habitude quand ils sont partis» aux alentours de 22h, l'accident s'étant produit à moins de cinq minutes de là. Quant à la jeune femme qui avait des problèmes connus avec l’alcool, elle avait 3,9 g par litre de sang au moment du drame (données autopsie).

Il est difficile de dresser le déroulement des faits, car P a livré différentes versions de l'accident. Sous l'emprise du cannabis, il aurait fumé 7 joints, (des analyses effectuées dans la journée suivant l'accident ont montré qu’il avait 3,4 nano grammes dans le sang, et un taux d’alcoolémie négatif), et peut-être de l'alcool, le couserannais quitte la départementale et s'engage dans un petit chemin.

Ce soir là, il neigeait et son camion, un trafic diesel, n'était pas équipé. P s'arrête donc sur ce chemin «où ils avaient l'intention de faire l'amour» et descend du véhicule pour «aller chercher de l'eau à l'arrière»

«En claquant le hayon arrière, le camion est parti. J'ai tenté de le retenir mais il était trop lourd et a dévalé la pente» explique t-il. A ce moment là, le prévenu raconte «j'ai entendu les chiens de Delphine aboyer. Pensant qu'elle était partie en direction de ce chemin un peu plus haut, j'ai tenté de la retrouver»

Ce que confirment les investigations de la brigade de recherche de Saint Girons, souligne Marilyn Blanc. «Les recherches ont montré des traces de recherche alentour»

Dans cette quête, P.C s’est blessé à plusieurs reprises, avec un fil barbelé près d’un champ ou encore en tombant dans le fossé. «Son sang a été retrouvé dans ces divers endroits par les techniciens de la gendarmerie. Avec les enquêteurs nous nous sommes assurés de leur relation» explique le vice procureur.

«Cette nuit là j'ai connu l'horreur, j'ai cru mourir»
Avoue le prévenu en larmes. Par la suite, P «transi de froid», se serait endormi dans un hangar un peu plus loin. Au matin, les aboiements des chiens l'auraient réveillé et il aurait découvert le corps de Delphine un peu plus bas sur ce petit chemin.

Isabelle de Combettes de Caumon, présidente du tribunal, est revenue sur certains détails: pourquoi ne pas avoir allumé les phares après l'accident? Pourquoi s'être garé sur ce chemin? Des questions auxquelles le mis en cause, accablé, tente de répondre. Après avoir cherché la victime sur les pistes des chiens, il aurait perdu connaissance dans la neige.

Présente à l'audience, la fille de Delphine a témoigné, dénonçant «une dernière version un peu floue»

La jeune fille assure «ne pas comprendre pourquoi P a emprunté ce chemin. Ne pas comprendre comment on passe 8h sans savoir où se trouve la personne après un accident»

«Une tragédie involontaire» selon le vice-procureur
Au Ministère public, Marilyn Blanc a parlé «d'une tragédie déclenchée de façon involontaire, certes, mais P.C s’est montré imprudent en laissant son véhicule au milieu de la route, sur une pente, sans être sûr d’avoir totalement serré le frein à main»

Selon le vice procureur, «P est addict à l'alcool, ce qu'il dément. Cet état ne lui aurait pas permis d'être très clair dans ces circonstances»

En n'admettant pas cela, «le prévenu ne va pas plus loin dans sa démarche de sincérité, il aurait pu reconnaitre qu'il ne savait pas trop ce qu'il faisait»

Une peine de 18 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis et d’une mise à l’épreuve pendant trois ans, obligation de soins, ainsi qu'une peine complémentaire de suspension de son permis de conduire pendant 18 mois ont été requis.

«Il est responsable de la mort de quelqu'un qu'il aimait» a plaidé Me Le Bonjour (barreau de Toulouse).

«Une enquête approfondie a démontré qu'il s'agissait d'un accident, la justice doit être humaine car on ne sait pas ce qu'il ressent lorsqu'il claque le hayon et lorsque le camion dévale la pente»
 
Le jugement a été mis en délibéré au 17 septembre.

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auteur: NR | publié le: 24/07/2013 | 17:26 | Lu: 15078 fois