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Emplois saisonniers: bientôt des Parcours Professionnels à part entière?
20/07/2011 | 18:12
© MidiNews 2011
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En ce début d’été, les colonies de vacances, la castration du maïs ou les activités touristiques remettent les emplois saisonniers sur le devant de la scène.

Et ce dans des secteurs divers et variés (de l’Hôtellerie-Restauration, aux Services, en passant par l’Agriculture ou l’Animation).

Pour être considéré comme saisonnier, un emploi doit se répéter chaque année et être tout simplement en lien avec les saisons.

Mais si on les a souvent considérés comme précaires, les emplois saisonniers sont aujourd’hui de plus en plus envisagés comme de possibles parcours professionnels sur le long terme.

Et avec un marché du travail difficile, Pôle Emploi a été le premier à faire ce constat devant des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Selon une enquête récente, 48% des projets de recrutement en Ariège en 2011 seraient des projets saisonniers (soient 1280 projets).

De même, depuis juillet 2010, 907 offres d’emplois saisonniers ont été comptabilisées par Pôle Emploi en Ariège.


Et la tendance est particulièrement forte dans certains secteurs clefs du département comme l’agriculture, où le taux de saisonnalité est de 86% (48% en ce qui concerne les services).

De plus en plus de salariés cumulent donc 2 voire 3 emplois, pour en faire au final une année de travail (plus ou moins) complète.

De ce constat ont aussi émergé des «Groupements d’employeurs»

L’objectif: créer des «maillages de postes» pertinents à l’échelle d’un territoire. 

En d’autres termes: l’idée est d’arriver à créer du temps plein (ou une année complète) avec des «morceaux de postes» pris dans différentes entreprises.

La démarche a été engagée dans la Haute Vallée de l’Ariège (où une structure interprofessionnelle a été créée il y a un an).

Elle regroupe aujourd’hui deux communautés de communes, la structure gérante des stations de ski en vallées d’Ax, une association dédiée à la petite enfance ou encore le service d’exploitation des sites touristique de l’Ariège*.

A terme, c’est ce groupement d’entreprises qui embauchera des salariés pour les mettre à disposition des entreprises.

Exemple concret: un électricien qui pourrait travailler pour une société en été et pour une autre en hiver.

Au final, «l’objectif est double» précise Dominique Liégeois (directeur général de la Communauté de Communes des vallées d’Ax), «à la fois fidéliser les salariés d’une saison à l’autre, mais aussi remplir les besoins non-satisfaits des entreprises»

Si on a l’image de la précarité, on associe aussi parfois ce type d’emplois à des conditions de travail difficiles.

Du côté de l’inspection du travail, les emplois saisonniers font l’objet de contrôles réguliers.


«Il ne s’agit pas de stigmatiser tel ou tel secteur» met en garde Alain Tournier (directeur adjoint de l’unité territoriale de la DIRECCTE), «mais les salariés saisonniers sont parfois en situation de fragilité.

Les jeunes par exemple (qui veulent être réengagés l’année suivante) et qui ne vont pas forcément oser se plaindre.

D’où l’importance de réaliser certains contrôles
»

Selon l’inspection du travail, environ 2000 jeunes sont embauchés en un mois seulement pour castrer le maïs.

Les emplois saisonniers correspondent donc toujours aussi à de simples jobs d’été, courus pendant les vacances.

Parmi les infractions les plus fréquemment relevées par les services de l’Etat, «il y a bien sûr la dissimulation de salariés et le travail au noir» précise l’inspecteur du travail Michel Decobecq, «mais aussi de la dissimulation d’heures de travail, où certains temps partiels se révèlent être presque des temps complets»

«D’où l’importance de signer des contrats de travail qui soient clairs et précis» met en garde le directeur adjoint, «le nombre d’heures doit être stipulé. Ainsi que la répartition des heures si c’est un temps partiel»

Car c’est aussi la qualité de vie au travail qui fera de ces emplois des parcours professionnels envisageables sur le long terme pour les salariés.

*Les piliers du regroupement d’entreprises sont pour l’instant la SAVASEM, la SARL 2E, le SESTA (Conseil général de l'Ariège), la Communauté de Communes des Vallées d'Ax et l'ADASE.


Quid des métiers saisonniers les plus demandés en 2011 en Ariège

Dans une récente enquête sur les besoins en main d’œuvre du département pour 2011 réalisé par Pôle Emplois, 20 métiers sortent du lot en matière d’emploi saisonniers (entre parenthèse le nombre de projets de recrutement saisonnier)

Agriculteurs salariés, ouvriers agricoles (243) ; Serveurs (106) ; Viticulteurs, arboriculteurs, cueilleurs (72) ; Animation socioculturelle (67) ; Maraichers, horticulteurs salariés (65) ; Vendeurs (54) ; Cuisiniers (46) ; Ouvriers de l’assainissement ou du traitement des déchets (45) ; Employés de l’hôtellerie (43) ; Agents d’entretien de locaux (42) ; Surveillants d’établissements scolaires (37) ; Aides-soignantes (35) ; Sportifs et animateurs sportifs (34) ; Employés de services divers (jeux de hasard, pompes funèbres)(32) ; Agents d’accueil, standardiste (29) ; Aides de cuisine (28) ; Employés de libre service (24) ; Agents et hôtesse d’accompagnement (24) ; Techniciens et agent de maitrise de la maintenance et de l’environnement (23) ; Employés de maison et personnel de ménage (23)
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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 20/07/2011 | 18:12 | Lu: 9765 fois