«Non à la privatisation du Rail»: les cheminots ariégeois reconduisent la grève
Ce matin peu avant midi une délégation CGT rail était reçue par Nathalie Marthien préfet de l’Ariège.
La grève à la SNCF a été lancée le 10 juin au soir par la CGT-Cheminots et Sud-Rail. A l’origine de ce conflit, l’examen après 18 mois de négociations de la réforme ferroviaire par les députés. Il a débuté mardi et près de 400 amendements ont été déposés par tous les groupes.
La réforme vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence. Le projet prévoit de regrouper dans une holding publique, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.
«La CGT n’est pas contre une réforme du rail mais le gouvernement s’est trompé de réforme», tempête ce gréviste qui avec une trentaine de collègues (CGT et Sud Rail) font le pied de grue devant la préfecture de Foix.
«En 97 on a déjà divisé l’entreprise en deux EPIC, on a vu ce que cela a donné, c’est l’entreprise nationale qui supprime le plus de postes en France, entre 2 et 5000 personnes par an. Nous demandons à réunifier le service non pas à le diviser en trois comme l’envisage cette réforme!»
Celui-ci fait partie des roulants de la ligne Toulouse - La Tour de Carol: «Il y a plusieurs catégories de salariés, à Foix par exemple nous sommes une dizaine de conducteurs de trains, les roulants, les sédentaires, ceux qui vendent les billets… au niveau régional on enregistre entre 30 à 80% des grévistes selon les métiers»
Selon lui il s’agit ni plus, ni moins de la casse du service public: «Derrière ce projet de reconstruction de l’entreprise, il y a des projets de suppression d’emplois, de lignes, de services. Quand vous voyez que l’entreprise préfère faire le choix du bus que d’ajouter des trains, on peut se poser des questions et parler d’écologie.
Quant au fret on nous accuse à travers ce mouvement de bloquer l’activité économique des entreprises mais le fret est en perte de vitesse de plus de 33%... je me souviens il y a dix ans en arrière en Ariège, une dizaine d’entreprises étaient desservies par le fret SNCF, aujourd’hui il n’y a plus que les talcs de Luzenac et c’est un privé!»
Pour ce retraité de Sud Rail venu soutenir ses camarades «il faut faire bloc contre cette réforme qui va scinder la SNCF en trois entités. Si nous lâchons aujourd’hui demain nous nous retrouverons comme ces cheminots suédois qui en sont déjà à leur 3ème semaine de grève contre Véolia qui leur impose des contrats à la tache et du rendement»
Vers un effritement du mouvement?Ce matin selon la direction le taux de gréviste était de 11,8% pour l’ensemble du personnel soit une baisse de 16 points par rapport au 1er jour de grève. En début d’après-midi les assemblées générales de cheminots, y compris en Ariège, ont reconduit de 24 heures supplémentaires le mouvement de grève: «Huit jour ça coûte et ça pèse mais nous continuons»
Pourtant, après 8 jours de grève le conflit semble s’enliser au national et l’exécutif entend coûte que coûte faire passer sa réforme. «Parce que cette réforme est indispensable», a martelé Manuel Valls. Le Premier ministre l'a assuré lors des questions au gouvernement: son équipe «est déterminée pour que cette réforme puisse aboutir»
Du côté des usagers, la grogne ne cesse de monter: «Une fois de plus on est pris en otage. Outre les lycéens qui passent le baccalauréat, il y a tous les salariés qui sont obligés d’emprunter ce moyen de transport pour aller travailler», explique Antoine excédé de devoir se lever à 5h du matin pour embaucher à 9h… quand il peut trouver un train.
Les lignes régionales du TER ne sont pas épargnées. Marc prend tous les mois un abonnement de 100 euros lui permettant de faire les aller/retours sur la ligne Toulouse/Foix. Depuis huit jour il est obligé de prendre sa voiture, cela lui revient à un plein tous les deux jours sans compter les frais d’autoroute: «La SNCF vient d’annoncer qu’elle remboursera les titulaires d’abonnement à l’année… je ne rentre malheureusement pas dans ce cas de figure!»
A ce jour la grève aurait déjà coûté 140 millions d’euros à la SNCF.
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