Accidents vasculaires cérébraux: le Centre Hospitalier du Val d'Ariège traite tous les ans près de 500 cas
Accident Vasculaire Cérébral ou AVC, derrière ces trois lettres qui font peur une réalité qui touche tous les ans 150.000 nouvelles personnes, dont 500 ariégeois.
Première cause de handicap physique de l’adulte et troisième cause de décès en France, il est important d’apprendre à détecter ses symptômes car plus la prise en charge est précoce et plus les risques de séquelles sont diminués.
Il est également indispensable que la prise en charge de l’AVC à tous les stades de son déroulement soit organisée. Dans le département de l’Ariège cette filière existe et doit être connue du grand public. De la plate forme d’appel d’urgence au SDIS en passant par le plateau technique de la filière neuro-vasculaire aux Urgences du Chiva, nous vous invitons de découvrir ce parcours de prise en charge et de rencontrer ces professionnels.
Définition et symptômes
Un AVC est un trouble vasculaire cérébral touchant les vaisseaux sanguins qui amènent le sang au cerveau.
Il existe schématiquement deux types d’AVC: les AVC ischémiques quand l’artère est bouchée par un caillot de sang (ils représentent 80% des cas) et les AVC hémorragiques quand il y a rupture d’une artère (20% des cas).
Selon les lésions, les séquelles peuvent être plus ou moins lourdes, entrainer paralysie, aphasie, gênes neurologiques. Pour le docteur Franck Labarrère urgentiste au CHIVA la rapidité de la prise en charge est gage de succès «si on agit rapidement dans les 3-4 heures suite aux premiers symptômes on peut récupérer ses facultés»
Paralysie ou engourdissement brutaux d'un coté du corps, difficultés soudaines à s'exprimer, perte de l'attention, diminution très brutale de la vision d'un œil, vertiges… sont autant de signes avant-coureurs: «Si l’on décèle les premiers symptômes il faut appeler immédiatement le 15 qui oriente le patient»
Le Centre d’Appel d’Urgence, une plate forme d’accueil unique pour le SDIS et le SAMU
C’est un carrefour primordial du traitement de l’urgence dans le département.
Ce centre d’appel des urgences est intégré au sein du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) à Foix mais tous les appels vers le 15, le 18 et le 112 (numéro européen d’urgence) transitent dans cette salle conçue pour analyser en temps réel le niveau de besoin.
Sept jours sur sept et 24h sur 24, plusieurs permanenciers s’y côtoient. En semaine, deux opérateurs du Samu et du SDIS assistés d’un médecin coordonnateur et le week-end sept personnes avec notamment un médecin généraliste d’astreinte.
Un appel toutes les cinq minutes pour ce service où la polyvalence et l’interchangeabilité sont de mise. Un appel sur cinq génère une intervention d’urgence. Les autres appels donnent lieu à des conseils médicaux ou à des réorientations vers d’autres services non urgents.
«En 2013 nous avons traité 105 000 appels sur la plate forme, engageant 20 000 interventions communes» indique Francis Michaud, opérateur Samu. Il prend ce mardi les appels en salle avant de les transmettre au Docteur Julie Jardon, médecin coordonateur du CHIVA qui oriente le patient vers une expertise médicale nécessaire. «Plus on attend, plus on perd de chance de s’en sortir. Il faut agir dans les quatre heures»
Les Urgences du CHIVA: pour une prise en charge médicale de l’AVC
L’organisation territoriale de la filière neurologique débute ici au centre hospitalier du Val d’Ariège avec une unité neuro-vasculaire reposant sur un plateau technique complet: selon la pathologie les patients peuvent être orientés vers IRM, scanners ou échographies et revenir dans un box spécialement aménagé pour un diagnostic réalisé par le neurologue de l’établissement, avoir également accès à un équipement de télémédecine connecté avec le plateau technique du CHU de Purpan (les deux établissements sont liés par conventions).
Le docteur Alain Chanssou est médecin urgentiste, responsable des AVC et de la télémédecine au CHIVA:
«Nous sommes en relation avec les services du Professeur Chollet au CHU qui nous permettent de télétransmettre des images et de réaliser par un neurologue expert un examen en direct du patient qui vient d’arriver.
La prise en charge est immédiate pour gagner du temps. La population d’AVC que nous recevons ici tous les ans dépasse largement les 300 patients. Tous les patients ne sont pas éligibles à ce traitement qui s’appelle la thrombolyse permettant de déboucher l’artère bouchée par un caillot. Un certain nombre le sont et donc l’objectif de cet appareillage est de permettre de réaliser tous les traitements possibles pour que tous les patients aient accès au bon traitement»
Grâce à la télémédecine il y a une équité de traitement sur le territoire, c’est un lien virtuel qui permet d’avoir en Ariège le traitement, les diagnostics que l’on aurait en se présentant physiquement au CHU de Purpan. Un service supplémentaire grâce à la collaboration entre l’Agence Régionale de Santé, le CHIVA et le CHU.
Ce matin, un homme d’une cinquantaine d’années, victime d’un AVC en phase aigüe (- de 4h30 après début des symptômes) est entré aux Urgences. Le Docteur Virgine Sattler, neurologue au CHIVA a pris en charge ce patient.
Elle a souhaité se mettre en relation avec ses collègues toulousains afin d’établir un diagnostic à distance par liaison vidéo:
«En quelques minutes grâce à la caméra installée dans ce box, le Docteur Jean-François Luchet du CHU m’a permis de compléter mon examen. De son côté il a également accès aux scanners et IRM du patient, on échange des avis sur la prise en charge qui doit être très rapide pour les AVC.
La famille est présente, elle a son rôle à jouer et c’est avec son consentement que l’on travaille. Certains patients bénéficiant d’un traitement par thrombolyse partent directement vers l’unité neuro-vasculaire de Purpan, un certain nombre restent ici pour une prise en charge tout à fait optimale»
Ce reportage avait initialement été diffusé le 4 mars 2014
Retrouvez dès demain soir la suite de notre série sur la filière neurovasculaire en Ariège
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