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Barrage de Campauleil: un ouvrage très technique et un exercice pratique pour les étudiants toulousains

© midinews 2014

Le barrage de Campauleil, une retenue de 122 millions de mètres cubes situé dans la vallée d’Orlu est certainement un des plus modestes de haute-Ariège, comparé à ses voisins les géants de Laparan, Naguilhes ou Soulcem dont la capacité de stockage s’élève à 230 millions de mètres cubes.

Mais il fait depuis l’an dernier l’objet d’une attention particulière car afin de répondre aux nouvelles normes de sécurité, EDF Hydraulique Aude-Ariège a décidé de mettre en place un nouvel évacuateur de crues, dit en touche de piano (de type PKWEIR avec 40 m linéaire de déversement).

Des travaux très techniques échelonnés sur deux ans

Une fois le barrage vidé de son eau en avril 2013, les premières phases des travaux ont consisté à procéder au curage mécanique de la retenue fortement envasée pour préparer la vidange: 3500 à 4000 m3 de sédiments déposés dans le tracé originel de la rivière Oriège ont été évacués. Ensuite les choses sérieuses ont commencé: il a fallu découper le barrage de Campauleil, une opération de génie civil menée par l'entreprise de TP Eiffage Région Midi-Pyrénées.

Cette opération visait à installer ce nouvel évacuateur mais également à créer dans l’ouvrage deux ouvertures permettant à l’eau de passer pendant les travaux et dimensionnées pour se protéger pendant la phase de chantier d’une possible crue décennale.

«L’Oriège est un torrent de montagne qui a prouvé dans le passé qu’il pouvait être dangereux précise Patrick Jacquet, ingénieur EDF. Ce nouvel évacuateur de crues permettra de faire transiter un débit quatre fois supérieur à celui d’un déversoir standard.

Les spécificités de ces travaux résident dans le fait qu’ils mobilisent peu de quantité de matériel
(500m3 de béton, 50 tonnes de ferraille) par contre il s’agit d’un ouvrage de génie civil complexe réalisé dans un environnement restreint. Ne pouvant accéder par la route nous avons été obligés de créer un accès rive gauche qui une fois les travaux achevés (fin septembre 2014) nous permettra grâce à un partenariat avec la commune d’Ax de créer une voie verte jusqu’à une plate-forme en amont de l’ouvrage»
Un cas d’école pour les étudiants de l’Université Toulouse III Paul SabatierUn chantier modeste mais exemplaire grâce à un partenariat noué depuis à présent quatre ans avec l’Université Toulouse III Paul Sabatier.

Il a permis tout d’abord à travers la fondation Catalyses et le programme de bourses «Une rivière, Un territoire» d’octroyer des bourses à des élèves venant de territoires de montagne puis de créer une chaire pédagogique («Génie Civil et Environnement Aquatique») visant à amener les étudiants à apprendre un langage commun entre la partie génie civil et l’environnement ou le développement durable:

«Nous avons pris conscience que dans les métiers et le travail au quotidien, il y avait un cloisonnement entre les métiers de l’ingénierie et l’hydrologie» précise Valérie Potier qui accompagne ce matin une cinquantaine de ses étudiants venus de Toulouse pour une visite de terrain.

Cette formation complémentaire dispensée conjointement par des enseignants-chercheurs de l’Université de Toulouse III et par des ingénieurs d’EDF expérimentés est à la fois théorique et pratique avec des visites de chantiers:

«C’est un enseignement inédit Université-Entreprise qui permet au-delà de diffuser des connaissances communes aux étudiants d’apprécier au plus juste les exigences du monde du travail et de se familiariser avec un secteur d’activités en mutation dont les demandes seront pointues et les débouchés certains» poursuit l’universitaire persuadée qu’«en améliorant l’insertion professionnelle des étudiants qui ont un profil  génie civil, environnement et hydraulicien, cette formation contribue au rayonnement scientifique de la Région. Nous avons ouvert cette chaire pédagogique à la rentrée 2013 aux élèves de l’ENSAT et à la prochaine rentrée à ceux de l’INSA»

Depuis plus de 60 ans EDF a acquis des compétences en matière de développement durable en développant au quotidien des actions dans le domaine de la sécurité des biens et des personnes, dans le domaine des performances énergétiques comme l’indique Pierre-Yves Boesch, délégué EDF Eau-Territoire-Environnement: «Nous avons souhaité partager l’ensemble de ces compétences avec ces étudiants en formation pour qu’ils aient une vision plus générale du développement durable»

La journée s’est poursuivie avec la visite de la centrale hydroélectrique d’Orlu.

Le barrage de Campauleil fut mis en service en 1941

Barrage poids béton de 15,8 mètres de hauteur, la barrage de Campauleil a été mis en eau en 1941 et a une capacité totale de 100 000 m3.
Il alimente la centrale du Teich qui a une production annuelle moyenne correspondant à la consommation des villes de Foix et Tarascon sur Ariège sans émission de gaz à effet de serre.
Laurence Cabrol | 18/04/2014 - 19:38 | Lu: 28458 fois