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Une expédition scientifique sur le toit de l'Ariège: le Montcalm plus haut que prévu

Crédit photo: Ariégeois Magazine

Les célèbres pics pyrénéens ont été toisés au centimètre près grâce au satellite (GPS) et bénéficient désormais d’une mesure officielle.

Après une analyse minutieuse des données relevées sur site, le laboratoire suisse vient de rendre ses conclusions définitives : le Montcalm mesure 3077.82 m d’altitude et de la Pique d’Estats: 3143.38 m (par rapport au référentiel français).
Une équipe franco-catalane équipée d’une technologie pointue
Les géomètres-experts des chambres régionales (UNGE) Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ont organisé une expédition au début du mois en associant l’institut de cartographie et de géologie de Catalogne(ICGC) afin de donner du sens à cette opération de part et d’autre les Pyrénées.

Une opération menée également sous l’égide des sociétés Exagone, Teria, Géomesure (GPS et scanner) et Feno (fabricant de bornes) qui ont profité de cette expédition pour tester un matériel souvent encore à l’état de prototype comme l’indique Jean-Baptiste Rivère géomètre-expert à Foix habitué a de telles aventures.

En effet depuis plusieurs années il mesure en alternance le Mont-Blanc et le glacier d’Arcouza. De leur côté, les géomètres des Pyrénées orientales avaient toisé le Canigou il y a dix ans grâce aux satellites GPS.

On avait bien une idée des altitudes respectives du Montcalm et de la Pique d’Estats, mais les dernières mesures avaient été réalisées dans les années 50 avec des photos aériennes et manquaient peut-être de précision.

Cette fois, l’équipée n’a pas lésiné sur les moyens: GPS centimétrique, Scanner 3D… tout un matériel monté le jeudi par hélicoptère grâce à EDF, partenaire et soutien actif de la mission, jusqu’au refuge du Pinet au pied des 3000, camp de base de l’équipe scientifique.

Le lendemain malgré le beau temps, des vents violents ont empêché les rotations entre le camp de base et le col du Rieufret (2 978 m). Le matériel de mesure qui pèse plusieurs dizaines de kilos a été en définitive acheminé à dos d’homme.

Si bien que l’expédition a pris du retard: «cela ne nous a pas empêchés de sceller une plaque à la pique d’Estats pour matérialiser notre passage, poursuit Jean-Sébastien Rivère qui comptait sur le scanner 3D pour relever tous les sommets, en réaliser une modélisation numérique et peut-être même redessiner la frontière entre la France et l’Espagne selon le traité des Pyrénées…

Mais l’appareil trop fragile étant resté au refuge, l’expédition s’en est tenue à la technologie pointue du GPS en temps réel confirmé par satellite.

Quoi qu’il en soit, n’en déplaise aux Catalans, la moitié de la pique d’Estats leur sommet emblématique se trouve bien sur la commune d’Auzat et le Montcalm qui lui est bien ariégeois culmine à 3 077.82 m.

Une opération médiatique (parmi les membres de l’expédition, notons la présence de Jean-Louis Causse de l’Ariègeois Magazine) qui aura permis à tous ces professionnels de se rencontrer et de travailler ensemble car comme le note Jean-Sébastien: «entre nous, d’une région à l’autre, on ne se connait pas forcément même si l’on fait le même métier et cette passion commune pour la montagne nous a permis de monter ce projet original.

C’est une opération qui permet également de tester le matériel grandeur nature, en altitude et peut-être pour certains prototypes d’être encore améliorés. C’est très positif pour tout le monde !
»

Laurence Cabrol | 22/07/2015 - 19:19 | Lu: 36041 fois