Claude Labatut et Frank Vasseur. Un tourneur sur métaux, et un instituteur. Mais surtout deux sportifs qui arpentent la terre.
L’un, himalayiste ariégeois confirmé, affronte les toits du monde sans oxygène. L’autre, spéléologue et spécialiste de la plongée souterraine s’infiltre dans des boyaux noyés inexplorés.
Leur principal point commun? Outre la modestie, l’envie de découvrir et de se dépasser, les deux se cognent aux limites de l’homme.
Spéléologue à l’origine, Frank Vasseur a «rapidement été frustré de devoir s’arrêter quand la galerie est pleine d’eau»
C’est là qu’il a commencé à plonger, «quand on voit de l’eau claire magnifique avec de beaux reflets colorés, ça donne envie d’aller plus loin...»
Quand à Claude Labatut (né à Fougax-Barrineuf), il a d’abord commencé à se frotter aux sommets ariégeois, puis alpins.
C’est sur le tard, à 50 ans, que l’envie «de goûter à la haute altitude» est venue.
Et les expéditions iront crescendo pour celui qui avoue «jamais je n’aurais pensé pouvoir faire un 8 000...»
Le Kilimanjaro (5 895m) d’abord, puis le pic Lenine au Kirghizistan (7 134m), le Cho Oyu au Tibet (8 201m), le Broad Peak (8 047m) au Pakistan, puis le Manaslu il y a deux ans (8 156m) au Népal.
Pas de guide, pas d’oxygène, pas de sherpas, «j’essaie de faire les montagnes himalayennes comme les sommets ariégeois, de respecter la montagne de la façon la plus pure»
Du côté de la plongée souterraine, une discipline encore assez méconnue, l’exploration est le maître mot, «le but est de découvrir des galeries et des grottes vierges.
Et en même tant il y a le souci d’en relever les plans»
Difficile pour les deux aventuriers de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent une fois dans des éléments aussi extrêmes.
Dans l’eau, «on est en apesanteur» explique Frank Vasseur, «on évolue lentement, dans un fluide.
Il n’y a pas de gros efforts à fournir.
On peut monter, descendre, aller à droite, à gauche, sans les contraintes que l’on a quand on est à l’air libre»
Repousser les limites? Oui, mais «il faut savoir s’arrêter avant, se faire violence parfois»
«Le petit quart d’heure que l’on passe sur les sommets vaut tous les efforts», les yeux du montagnard en brille encore «on a des sensations là haut que l’on ne trouve que là...
C’est pas facile à expliquer...on se sent vivant, on est face à soi même, on ne peut plus se cacher derrière quoi que ce soit»
Les doutes, la peur, la joie, «quand on passe cette fameuse barrière, ce que Messner appelle la zone de la mort au dessus de 7 500m, c’est un monde parallèle.
On est décalé avec le monde actuel...il faut avoir suffisamment de force pour y arriver... et surtout pour en revenir»
Que ce soit sur les hauteurs ou dans les profondeurs, quelque chose qui les dépasse appelle Frank Vasseur et Claude Labatut, qui ont d’ailleurs tous les deux plusieurs projets d’exploration en route.
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