Contre le péage de transit international: des actions très dures et très longues à prévoir y compris en Ariège
Le feuilleton politico-médiatique de l’écotaxe prend un tour particulier. Après la révolte des bonnets rouges en Bretagne, il se pourrait bien que ce soit au tour des transporteurs routiers ariégeois.
Le gouvernement a décidé purement et simplement de remplacer ce système décrié par un «péage de transit international» pour les poids lourds de 3,5 tonnes (les véhicules agricoles, les citernes de collecte de lait ou les forains en sont exonérés).
Pour les autres ils devront être équipés d’un GPS calculant le parcours, la tarification se fera sur un taux moyen de 13 centimes d’euro par kilomètre, modulable selon la distance parcourue, le niveau de pollution et le nombre d’essieu. Au lieu de s’appliquer sur 15 000km de route comme la précédente écotaxe, ce nouveau dispositif qui rentrera en vigueur dès janvier 2015 ne s’appliquera que sur 4 000km de route et la Bretagne (pays des bonnets rouges) en sera exclue.
Le refus des transporteurs routiersA peine présenté que le péage de transit international fait déjà l’objet d’un front de révolte au sein des transporteurs routiers. L’OTRE, syndicat national professionnels est monté au créneau pour dénoncer «cette réforme inique et cette taxe dont les recettes serviront uniquement à rémunérer la société privée Ecomouv»
Dans le département de l’Ariège Chantal Kirmann, gérante de la société SETAK est présidente de ce syndicat professionnel et elle s’oppose clairement à ce dispositif:
«C’est un leurre. On nous parle en 2015 d’une assiette de 4 000 km de réseau taxé mais qui nous dit qu’en 2016 ou 2017 ce ne sera pas 15 000 km? Sachant que de toute façon il faudra équiper tous nos véhicules de boitiers GPS Ecomouv… bien que le département de l’Ariège n’est pas censé être taxé, je suis obligée d’équiper tous nos véhicules et de payer des abonnements mensuels.
Notre syndicat appelle au boycott de ces boitiers et de ces abonnements. Nous regrettons que les solutions préconisées n’aient pas trouvé d’écho favorable auprès du premier ministre qui lui a préféré un régime fiscal complexe, dont le collecteur privé n’est pas capable d’apporter la preuve de sa capacité à la mettre en place»
Pour financer et entretenir les infrastructures, l’OTRE avait proposé par la voie de sa présidente, Aline Mesplé, une solution alternative consistant à un droit d’usage des routes pesant en majeure partie sur le trafic internationale comme cela se fait déjà en Belgique ou au Royaume Uni, qui répondait aux exigences budgétaires d’un million d’euros de recettes.
«Avec nos propositions on garantissait des recettes directes de 900 M€ avec une taxation plus importante des véhicules étrangers. Aujourd’hui nous sommes certains qu’ils vont passer à travers les mailles du filet. Ces matériels entraineront inévitablement des reports de circulation sur les routes départementales qui elles ne sont pas taxées. Aujourd’hui ces mêmes routiers étrangers n’utilisent pas les autoroutes pour ne pas les payer, ils feront de même pour éviter ce dispositif»
Les transporteurs routiers français rejettent en masse ce principe: «Et ce ne sont pas les mesures de compensation, telle que le retour d’un taux de majoration sur les prix de transport pour récupérer le coût de péage de transit, qui parviendront à calmer leur colère»
Boycott d’Ecomouv et actions en vueDès à présent l’OTRE appelle les transporteurs routiers à démarrer le boycott d’enregistrement des poids lourds auprès d’Ecomouv tant que son contrat n’aura pas été rompu.
Et Chantal Kirmann, qui est à la tête d’une PME de 35 salariés rayonnant au niveau régional et national, envisage avec son syndicat des actions pour sensibiliser le grand public: «Nous avions prévu des actions les 4 et 5 juillet, on ne veut pas ennuyer les gens qui ont travaillé toute l’année et qui partent en vacances. Nous avons prévu à la rentrée de septembre des actions très dures et très longues»
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