Journée de la femme en Ariège: mais qu'est ce qui fait courir les Ariégeoises?
Elles ne courent pas après la gloire, le succès... encore moins derrière les garçons, mais elles sont de plus en plus nombreuses à succomber seules ou en groupe au plaisir du running, son pouvoir euphorisant ou sa puissance sur la psyché.
Décryptage à la veille et la journée internationale de la femme sur cette tendance de fond.
Samedi 13 h parc de Labouyche à Foix. Dans ce poumon de verdure au cœur de la ville préfecture, les timides rayons de soleil de cette fin d’hiver attirent au moment de la pause déjeuner les familles pour un moment de détente autour d’un pique-nique. Frédérique en profite pour chausser ses baskets.
La députée de l’Ariège s’est mise au jogging depuis quelques années à peine. Les écouteurs sur les oreilles, elle avale quatre fois par mois entre 7 à 8 km. Une manière de faire de vide, de recharger ses batteries avant de défendre ses dossiers dans l’hémicycle.
Partout en Ariège, sur le bitume des routes départementales, sur les voies vertes ou en salle, les «runneuses» avalent les kilomètres. On estime leur nombre à quatre millions presque autant que de coureurs masculins, mieux selon les statistiques de la fédération française d’athlétisme, la pratique la course à pied se féminise à grandes foulées.
Le phénomène est récent: 42 % des femmes s’y seraient mises depuis moins de deux ans.
C’est le cas de la plupart des filles du Spiridon club du Pays d’Olmes. Le club existe depuis une vingtaine d’années, mais il n’y avait que des garçons. C’est sous l’impulsion de Cathy Suilhard, l’épouse de l’actuel président, que la section féminine vient de voir le jour.
Une dizaine de filles, de 20 a plus de 50 ans qui s’entraîne des que leurs emplois du temps le permettent en semaine et se retrouvent avec un réel plaisir le dimanche matin pour un circuit sur la voie verte du Pays Cathare ou autour du lac de Montbel.
Les motivations sont diverses, mais la convivialité de se retrouver dans l’effort dépasse les vieux démons que sont la paresse, l’ennui, les angoisses que peuvent avoir les filles.
«Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige... en toute saison nous sommes là! Aucune parmi nous n’a un passé de grande sportive, certaines ont décidé d’arrêter de fumer et pour compenser se sont mises à la course à pied, d’autres pour rester mince, pour se vider l’esprit après une grosse semaine ou tout simplement pour entretenir son capital santé...» résume Cathy.
Les filles du Spiridon sont tellement motivées qu’elles viennent de s’inscrire au Trail des Citadelles (les 20 km). «L’essentiel c’est de participer et de se faire plaisir, même si on n’arrive pas au bout !»
Les codes du running se féminisent
Si la pratique est longtemps restée masculine dans ses codes, la tendance est elle aussi en train de s’inverser: «on essaie d’assortir nos bandeaux aux chaussettes, si c’est ce que vous voulez dire, plaisante Mado.
Les chaussures de running combinent légèreté et confort et les marques pensent de plus en plus à nous avec des couleurs vives, des coupes près du corps... mais si l’on doit investir dans quelque chose c’est bien dans les chaussures qui préservent les articulations».
Un argument repris à l’envi par les professionnels toutes enseignes confondues: «les marques s’intéressent à ce segment, avec des coupes spécifiques pour les femmes que ce soit pour les hauts ou les collants sans couture, davantage travaillés avec des accessoires qui apportent une touche féminine...
L’important c’est la chaussure pour les amortis et les articulations, les formes se sont allégées et les produits ont pris de la couleur… C’est un peu comme le ski, les marques ont cherché à rendre les produits running plus sexy et attrayants».
Se retrouver au bout de l’effort
Que l’on soit adepte d’une pratique soft ou une athlète accomplie, que l’on soit une runneuse «geek» qui concentre sa foulée sur son smartphone et les nombreuses applications visant à optimiser ses efforts, que l’on soit en osmose avec la nature, à la découverte des paysages ou à l’écoute des petits oiseaux, les bienfaits de la course à pied ne s’arrêtent pas a la physiologie.
Cette activité physique est un remède antistress, elle favorise le sommeil et est source de plaisir grâce à la fameuse endorphine, hormone sécrétée avec l’effort et dont la structure moléculaire est proche de celle des opiacées.
C’est aussi une satisfaction personnelle, une victoire par principe celle du goût du dépassement de soi... quelles que soient ses motivations, en groupe, avec son chien ou en solitaire, au bout de quelques mois il y a une véritable addiction.
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