Municipales à Saint Girons: Bernard Gondran joue «à domicile»
Incontestablement, treize ans d’occupation de l’hôtel de ville donnent à Bernard Gondran, une aisance particulière quand il organise une réunion publique dans le salon d'honneur de la mairie.
On voit bien qu’il se sent chez lui…
Certes, les bataillons de l’UMP sont moins nombreux que ceux du PS, du moins en Couserans, (voir notre article «Meeting de soutien à François Murillo», du 28/02/08), et il y avait des chaises pour tout le monde, mais cela n’a nullement gêné le locataire des lieux qui se souvient sûrement qu’en 2001, les meetings de son adversaire unique, Henri Nayrou étaient bien plus fréquentés que les siens, ce qui ne l’avait pas enpêché de gagner haut la main.
Très en forme, il remercie le public d’être venu. «Il n’est pas facile de venir dans une réunion publique contradictoire quand on vit sous la dictature d’un pays socialiste»
Pour ce qui le concerne, il se définit comme «modéré» et se flatte d’être à la «tête d’une bonne équipe» car, ajoute-t-il, «on ne peut pas tout faire tout seul et, s’il existe des points de discussion, il en est un sur lequel nous sommes tous d’accord: il y a belle lurette qu’on paye trop d’impôts»
Certes, admet ce libéral convaincu «il en faut, mais il y en a trop et cela à 2 titres:
- pour le commun des mortels: ça coûte trop cher - pour les entreprises qu’on finit par dégoutter de travailler. Du coup tels les talcs de Luzenac, ils foutent le camp à l’étranger, ce qui n’est pas le cas de Lédar qui est toujours là … parce que je n’ai pas augmenté la taxe Professionnelle»
Concernant la question des impôts qui, chacun le sait, constitue un des chevaux de bataille de Bernard Gondran, il avoue «la feuille d’impôts, on n’y comprend rien !»
Puis il parle de «la dette colossale quand on est arrivé et qui a diminué, malgré l’héritage de Guzet. Les résultats sont là : le tissu industriel et commercial augmente à Saint Girons et si certains partent, ce ne sera pas la faute de la commune. Nous avons la conscience tranquille !»
Autre sujet de prédilection du maire sortant: Le CHAC, Centre Hospitalier Ariège Couserans.
«On a failli le fermer en 2001 car il n’y avait que des dettes. Le sauvetage s’est déroulé en 2 temps: Sous Jospin et Kouchtner, il y a eu de l’argent débloqué, des départs à la retraite (avec de bonnes sommes) et le projet de Centre de Réadaptation Neurologique pour les gâteux. Mais il n’y avait pas un sou»
Ensuite, explique Bernard Gondran, «le dossier a dormi pendant des années jusqu’à l’intervention de Douste-Blazy. Celui-ci, a débloqué le CRN, mais aussi le foyer de réadaptation, le scanner et les relations avec Rangueil. Il a aussi donné son accord pour la maison de retraite privée prévue sur Saint Girons»
Sur le service public, le candidat est intarissable: «il n’y a pas de désengagement de l’Etat. Le service public ne fout pas le camp du Couserans. La preuve, la relance du CNRS. Il n’y avait plus un sou. On a même failli faire une Maison du Monde Souterrain. Aujourd’hui le service public de la recherche est relancé dans le domaine de l’écologie, c’est à la mode»
Après l’intervention d’Edmond Baquié: «avant, l’Ariège fabriquait du minerai, des gendarmes, des facteurs et des douaniers» il revient à Douste Blazy et à la passerelle: «merci Monsieur le Ministre. C’est ça le service public !»
Autre sujet de préoccupation pour les Saint-Gironnais: Le pôle nautique et culturel. «Il faut s’engouffrer là-dedans. Il faut le faire. Mais on n’avance pas assez vite !»
Concernant plus généralement les propositions du Pays Couserans, le maire de Saint Girons n’hésite pas à affirmer «on a toujours dit oui, tout de suite, et à tout»
Puis, le chef de file de la liste «Tous ensemble pour Saint Girons. Notre parti, c’est Saint Girons» présente un à un ses colistiers avant de répondre aux questions du public.
Concernant les défections au sein de son équipe, nous apprenons ainsi que le seul qui soit parti est Jacques Dedieu, sur un diffèrent concernant l’organisation de l’étape du Tour de France, que René Cabau s’est vu retirer sa délégation d’adjoint aux finances suite à un problème de photocopieur, «depuis, il est entré dans l’opposition», que Gérard Cambus «était insupportable en Mairie. Il fallait tout lui céder! Le point de rupture a été atteint avec les vestiaires du foot»
Quand à Claude Maurech «Je ne lui ai pas demandé de repartir avec nous. Il n’attendait que ça, mais il n’y a pas un collègue qui puisse le supporter. Ce n’est pas lui qui nous a quitté, c’est nous qui ne l’avons pas voulu»
Et puis, poursuit Bernard Gondran: «c’est une chance, ça a permis d’apporter du sang neuf» D’ailleurs précise-t-il «je ne refuserai personne qui voudra travailler bénévolement pour la Commune»
Sur l’abattoir, le maire sortant qui est aussi président de la communauté de communes se fait modeste: «certes, on a encore voté une subvention de 250.000 euros, mais ce n'est pas tant que ça, à comparer avec les pompiers à qui nous donnons 450.000 euros par an.
Sans parler du social car, s’emporte Bernard Gondran, malheureusement, il y en a qui ont droit à la CMU, ça coûte 455.000 euros à la Communauté de Communes. C’est vous qui payez! Pareil pour les ordures ménagères qui coûtent 1 million d’euros»
Autre sujet de préoccupation, voire d’inquiétudes: l’aire d’accueil des gens du voyage.
«Pour moi, elle est très bien faite», avant de préciser sa pensée «moi, je me régale de faire du camping. Mais même dans un 3 étoiles, il n’y a pas autant de confort!
Ils ne sont pas très nombreux parce qu’avant, ils ne payaient pas l’eau, ni l’électricité. Maintenant, on a construit, mais on a mis des cartes avec paiement préalable. Ce qui fait qu’ils ne sont pas nombreux à venir»
Et de conclure sur ce sujet: «on paye tous, et je n’ai pas la sensation d’être un gros salaud»
Quand à l’aire de grand passage qui sera située «dans le champ de maïs, à côté , seulement inondable sur seulement 1/3 de sa surface, il fera l’objet d’une expropriation. Le problème, c’est que les propriétaires n’ont pas envie d’avoir trop de gitans en bas de chez eux. C’est pourtant là qu’ils seront le mieux… C’est un endroit tranquille»
Sur la possibilité d’aménager un jardin d’enfants au parc du Tribunal: «sincèrement, on ne s’est pas vraiment posé la question»
Sur les nuisances dues aux petites motos «c’est un travail à faire en collaboration avec la gendarmerie. Les gendarmes sont très forts sur l’alcoolémie et les excès de vitesse mais pas trop vaillants pour ça! Ce n’est pas la police municipale de Saint Girons qui pourra régler le problème»
Sur le logement social: «le quota de 20% est largement atteint, mais ça crée un souci: ce sont des bas revenus. Il y a des braves gens, mais d’autres qui se saoulent et qui se droguent jusqu’à 4 heures du matin, et on ne peux rien faire»
Sur les caméras de surveillance «je prends» et sur la question du respect des libertés individuelles: «Ou est le mal ?»
Sur la Foire Exposition: «Quand on est arrivé aux affaires, la Foire Expo était en faillite. Aujourd’hui, elle gagne de l’argent. Michel Graza s’est beaucoup engagé» Plus aucune question n’étant posée, la séance est levée à la satisfaction générale, tant de Bernard Gondran et de ses colistiers que du public.
Photo: ©AriegeNews 2008 |