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De l'or dans les Monts D'Olmes.
On dit que l'Ariège, et notre région des Pays d'Olmes, c'est pour les amoureux des belles pierres, c'est pour ceux qui recherchent ce qui sort de la main de l'homme, des artisans, des Hommes qui perpétuent le savoir des Anciens, mais c'est aussi un havre de découvertes fabuleuses !
Bien entendu, il y a les découvertes grâce aux randonnées, à l'escalade, aux joies de la glisse dans les stations de skis, aux forêts pour la chasse ou les champignons, aux lacs et torrents pour leur limpidité et leurs poissons d'une saveur extraordinaire...
Mais revenons un court instant sur ces torrents...
Savez-vous qu'il exista depuis les temps les plus reculés et qu'il existe encore de nos jours des chercheurs d'or ?
Selon DIODORE de SICILE, historien grec (45 av.J.C) "Les phéniciens et les carthaginois trouvèrent tant d'or dans les Pyrénées qu'ils en mirent aux ancres de leurs vaisseaux."
Aujourd'hui, L'orpaillage ariégeois n'est plus qu'un souvenir, et son importance économique ne représente plus, pour certains, qu'une activité saisonnière et complémentaire, comme pourrait l'être pour d'autres le colportage, la distillation ambulante, ou l'exploitation des carrières de pierres à faux...
Autrefois, sous les comtes de Foix la récolte de l'or était très répandue. Dans la région de Pamiers, elle fut longtemps un privilège que ses habitants défendaient devant Le Conseil de Ville en 1477. Ce Conseil réglait les conditions des privilèges accordés. Lorsque le comté de Foix fut rattaché à la couronne de France, le droit d'accorder des patentes fut confisqué par l'état et rattaché à l'Hôtel des Monnaies de Toulouse.
Plus tard, sous le régime des "patentes" ou "permission", le chercheur d'or, l'orpailleur avait la faculté de choisir son terrain sans l'avis du propriétaire sous réserve qu'il remit le terrain en l'état trouvé avant la recherche de l'or. L'or recueilli devait être vendu à prix fixé par l'Etat à l'Hôtel des Monnaies de Toulouse. Mais des marchands ambulants, quelquefois espagnols, sillonnaient les rivières pour acheter aux ramasseurs leur recette journalière, ce fut le cas pour presque l'ensemble de la production. Il restait quand même une partie de cet or qui ne passait pas par l'état !
Afin de lutter contre le marché noir qui demeurait, l'état finit par acheter les terrains les plus riches et les faire exploiter.
Le coup de grâce à cette profession fut porté par la Révolution. Les "patentes" et "permissions" royales n'ayant plus aucune valeur, la recherche par prospection fut entièrement libre et les propriétaires de terrain chassèrent violemment les orpailleurs pour exploiter, parfois eux-mêmes, leur propriété en partageant l'or avec les pauvres gens qu'ils employaient pour cette recherche.
Cette industrie, si l'on peut parler d'industrie, s'exerça ainsi jusqu'à la promulgation de la loi de 1810 concernant l'exploitation des mines et des carrières. On trouve encore quelques chercheurs d'or sur les bords de l'Ariège et du Salat vers la fin du 19ème siècle.
La production d'or apportée à l'Hôtel des Monnaies fut proche de 50 kg par an vers 1750, que l'on peut multiplier par 6 ou plus, étant donné le marché florissant de la contrebande. L'or trouvé était d'excellente qualité et arrivait à une teneur de 22 à 23 carats alors que l'or pur est à 24 carats.
Il est fort peu probable, aujourd'hui de découvrir une pépite, ou deux... Par contre, nos torrents recèlent encore un bon nombre de "paillettes" et chacun peut, avec un peu de bonne volonté, du temps, et un soupçon de "savoir", aller à la recherche d'or comme au bon vieux temps des trappeurs...
Tout le travail consiste en un grand nombre de lavages qui feront ressortit et dégageront les paillettes d'or du sable. Le lavage est un procédé dit "gravimétrique" fondé sur la différence de gravité entre le minerai et la gangue (argile et sable mélangé) dans un milieu aquatique.
L'orpailleur ariégeois utilisait 3 outils :
- une bêche à bords relevés pour écarter les pierres et les cailloux,
- une "batée", qui est une sorte de vase en bois (en général) d'environ 50 cm de diamètre,
- une petite écuelle où est versé le sable lavé.
Les chercheurs d'or ou orpailleurs fouillent dans les petites anses des torrents où s'entassent de petits bancs de sables et de graviers et ils sont certains d'en trouver dans les endroits où les graviers contiennent des galets de minerai de fer. Après une crue ou de fortes pluies, le moment est encore plus propice.
Une autre "astuce" consiste à utiliser des morceaux de moquettes. Le sable du torrent est retiré à la pelle de son lit, puis déposé sur les moquettes. Celles-ci sont lavées par l'eau même du torrent d'une manière "continue". L'eau enlève les matériaux "légers" qui repartent dans le lit du torrent. Entre les poils de la moquette, il ne reste que les matériaux "lourds" comme les paillettes d'or !
Si vous avez du temps, pas peur d'avoir froid aux pieds, pas peur des ours, et si donc vous avez l'âme d'un véritable trappeur, alors essayez - vous à chercher de l'or. Je suis certain que vous en trouverez !
Si, Si !! Je connais des "orpailleurs professionnels en Ariège" !
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auteur: R.Bonnefoy | publié le: 17/12/2005 |
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Lien permanent vers l'article: http://www.ariegenews.com/news/news-150.html |
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