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La petite commune de Sorgeat cherche maire désespérément

Vue de la mairie de Sorgeat en Haute Ariège
© midinews (archives)

Au mois de mai dernier, la condamnation de son maire à deux mois de prison avec sursis, assortie d’une privation de ses droits civiques pour deux ans(1), a plongé la petite commune de Sorgeat dans des affres dont elle se serait bien passée.

Quelques jours après sa condamnation, Jean-Marc Herreros avait en effet présenté sa démission, suivi solidairement par l’ensemble de son conseil municipal. La préfecture était alors contrainte de nommer une délégation spéciale de trois personnes chargée de gérer les affaires courantes, dans l’attente de nouvelles élections municipales.

La semaine dernière, les services de Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège, ont indiqué que le scrutin se déroulerait les dimanches 5 et 12 octobre. Le dépôt des candidatures étant fixé au jeudi 18 septembre. Mais, à deux jours du terme, aucune main ne s’est encore levée…

Légalement, il n’est cependant pas nécessaire de disposer d’un conseil municipal au complet (sept personnes dans le cas de Sorgeat). La loi autorise la constitution d’une assemblée municipale de trois membres.

«Il y aurait bien deux personnes qui se disent prêtes à se présenter pour leur village, mais aucune ne souhaite être maire», confie une source proche du dossier qui avoue cependant «ne pas désespérer de trouver au dernier moment»

Dans le cas contraire, une autre procédure pourrait être engagée par la préfecture, à savoir la fusion de Sorgeat avec une commune limitrophe. L’initiative peut venir du représentant de l’Etat qui n’a pour autant pas le pouvoir d’imposer le rapprochement avec telle ou telle. Une consultation de la population est obligatoire.

En 1339, Sorgeat tombait dans l’escarcelle du Baron Barre, seigneur d’Ignaux…
Dans le cas précis, la fusion de Sorgeat ne pourrait s’entendre qu’avec cinq de ses voisines: Ascou, Ax-les-Thermes, Prades, Montaillou et Ignaux. Vers laquelle pencherait le cœur des Sorgeatois ? Difficile à dire aujourd’hui.

Une chose est certaine, au fil des siècles, la petite commune a connu différents «maîtres»

Grâce au travail des chercheurs et passionnés du site histariege.com, on apprend par exemple qu’en 1339, Sorgeat tombait déjà dans l’escarcelle du Seigneur d’Ignaux, un certain Baron Barre… Un signe du destin en forme de clin d’œil à l’actuel premier magistrat de la commune voisine, Michel Barre ?

Pas sûr. En effet, un siècle plus tard, «en 1446, dans le dénombrement de Michel de Bernis, Sorgeat («Sorjat»)  est à Agnès de Lantar et appartiendra à la châtellenie d’Ax», révèlent les historiens ariégeois.

Après Ignaux, Ax. Puis Ascou. «Au XVIIe siècle, le domaine de Sorgeat passera dans les mains de Jean de Labat, seigneur de Caudeval, d’Ascou et d’Ignaux ; puis dans celles de la famille de Rochecouart avant celles de Fornier de Savignac pour finir dans celles de la famille Gomma. Sorgeat reconnaissait comme seigneur foncier et direct le seigneur d’Ascou»

Alors, l’histoire montrera-t-elle la voie à la petite centaine d’habitants de Sorgeat ? Un(e) volontaire se manifestera-t-il (elle) parmi eux ? Seule certitude, le suspens sera de courte durée.

(1) Jean-Marc Herreros, réélu pour un second mandat au mois de mars, a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêt et obtention illégale d’un document administratif relatif à l’un des habitants de la commune (lire notre article du 20/05/14)

PB | 16/09/2014 - 18:06 | Lu: 30066 fois