On sait que la chambre d’agriculture de l’Ariège et la confédération paysanne ont parfois des désaccords de fond.
Pas ce vendredi, où réunie en cession, la chambre d’agriculture de l’Ariège a adopté une motion proposée par les représentants de la Confédération ariégeoise.
L’objet de cette entente cordiale? Une prime à l’engraissement des jeunes bovins dans le cadre de la PAC (Politique Agricole Commune de l’Union européenne).
L’idée de base fait l’unanimité: il s’agit d’aider les agriculteurs locaux pour qu’ils engraissent puis abattent leurs bêtes localement, au lieu des les envoyer en Italie par exemple pour finir le travail d’engraissement. L’aide est de 60 € par bête.
Mais ce qui pose problème, ce sont les conditions d’attribution de cette prime: les éleveurs doivent avoir au moins 50 animaux abattus dans l’année, faire partie d’une organisation commerciale (type coopérative), et avoir contractualisé sur leurs animaux.
Autrement dit, selon David Huez (éleveur en Haute-Ariège), «c’est une mesure ciblée pour favoriser les filières industrielles. Cela ne correspond pas du tout au travail des agriculteurs, surtout en Ariège»
Près de 80% des éleveurs bovins ariégeois seraient exclus de fait de cette aide. Et seulement 4 ou 5 agriculteurs du département pourraient en bénéficier.
«C’est un coup de pouce donné exclusivement aux gros exploitants» ajoute David Eychenne, éleveur près de Mirepoix, un des portes paroles de la confédération paysanne en Ariège.
La motion adoptée réclame au contraire de nouvelles conditions d’octroi: un seuil qui soit en accord avec les réalités de l’élevage (et qui ne pénalise pas les petits éleveurs), ainsi que d’un plafond au-delà duquel la prime serait dégressive.
Au niveau national, la confédération paysanne a attaqué ce décret au conseil d’Etat. En Ariège, elle s’est «félicitée» de l'adoption par les membres de la chambre d'agriculture de sa motion, et appelle tous les éleveurs à constituer et envoyer quand même leur dossier d’aide auprès des services de l’Etat.
Seul point de désaccord conservé par la motion: le fait de devoir adhérer à une organisation professionnelle (de type coopérative) pour obtenir l’aide.
Selon David Eychenne, «c'est exclure de fait tous les éleveurs, nombreux dans notre département, qui se sont orientés vers les filières courtes (vente directe par exemple) qui participent pourtant activement à la vie de la filière locale (abattoirs, entreprises de découpe)»
Il y a donc encore matière à débat.
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